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Sommaire :
- 30 priorités d'action pour réduire l'infertilité d'été
- LA TRUIE BICHONNÉE LE LEUR REND BIEN
- Bien parti dans la vie
- Bien gérer la période autour des mise-bas
- Des mises bas bien anticipées et surveillées
- Dégager du temps pour la surveillance des mise-bas
- Des truies en bonne santé et un éleveur attentif
La truie bichonnée le leur rend bien
Cet élevage sèvre plus de 31 porcelets par truie productive.
Pas d'artillerie lourde, seulement une somme de petites choses qui contribue aux performances.
Avant de pousser la porte de la maternité, Albert Abasq s'annonce en allumant la radio. L'entrée dans la salle se fait sans agitation. Pas de truies qui se lèvent brusquement, pas de grognements d'inquiétude. On le sent tout de suite : on a à faire à un troupeau calme.
Ce calme n'est vraisemblablement pas sans incidence sur le niveau des performances de cet élevage de 120 truies naisseur-engraisseur (voir encadré). "En maternité, je caresse mes truies tous les jours jusqu'à la mise bas. Un petit coup sur le dos, un autre sur la mamelle. Et plus particulièrement les cochettes qui, ainsi, acceptent mieux leurs porcelets", raconte l'éleveur qui met tout en œuvre pour diminuer le stress de ses animaux. "Pour les piqûres, j'utilise des prolongateurs ; je préchauffe les salles de maternité", cite-t-il en exemple.
De l'air, ce n'est pas cher…
Le confort des animaux est en effet une priorité sur cette exploitation. C'est dans cet esprit que l'éleveur insiste sur la ventilation. "L'aliment le moins cher, c'est l'oxygène", dit-il, soulignant, qu'en gestante, le débit est approximativement augmenté de 50 % par rapport aux consignes classiques. "En maternité, aussi, la ventilation est soutenue. La truie se sent mieux et donc mange mieux".
Cette ambiance explique vraisemblablement, du moins en partie, le maintien de la fertilité en été. "Chaque année, j'enregistre toujours un creux de fertilité sur deux bandes, mais ce n'est pas forcément en été". Une observation à mettre aussi en relation avec la pratique alimentaire : "Quand il fait chaud, je distribue la ration tôt le matin. Par ailleurs, l'aliment utilisé est très concentré, ce qui fait que les truies ne se trouvent pas en déficit énergétique". À noter que la ration classique ne dépasse pas 6,5 kg (6 kg pour les primipares).
La fertilité se prépare en maternité
Pour cet l'éleveur, les 95 % de fertilité qu'affiche son troupeau "illustrent d'abord ce qui s'est passé en maternité". Là encore, le tour de main de l'éleveur interfère. "À la fin de la mise bas, je masse l'utérus de l'extérieur avec le poing. S'il reste un porcelet, le fait de compresser ainsi l'appareil génital accélère l'expulsion. Sans compter que la manipulation joue sur la vidange de l'appareil génital", note Albert Abasq. Et de détailler le déroulement de la période qui entoure la naissance : "Je ne Planate“ pas, sauf cas particulier. Je laisse faire, même si avec cette race la gestation dure en moyenne un jour de plus. Contrairement à ce que l'on dit sur la France Hybrides, ici, les fouilles sont rares. En revanche, il faut que les truies soient suffisamment sèches. C'est un gage de tonicité des animaux".
La vidange des truies 48 heures après mise bas est systématique. Il en est de même pour la prise de température dans la journée qui suit les naissances, accompagnée le cas échéant d'un traitement antibiotique. Autant de points qui contribueront à une bonne venue en chaleur après le sevrage. "Les chaleurs ont lieu plutôt le mardi. J'utilise 28 flacons par bande soit 2,33 doses par truie".
L'objectif de tout ce travail réalisé en amont vise à faire naître et à mener le maximum de porcelets jusqu'au sevrage, à l'âge de 21 jours depuis 10 ans (14,99 nés/portée ; 12,30 sevrés/portée – période du 1/05/04 au 30/04/05). "Concernant les mort-nés (1,39), j'essaye de voir quelles sont les truies les plus à risques, entre autres les plus âgées. Les truies repérées comme animaux à problème sont identifiées sur les fiches individuelles. La mise bas suivante, elles seront éventuellement planatées“. Mais là encore, c'est au feeling".
3 480 charcutiers pour 120 truies
Bien que cet éleveur pratique "une gestion à l'individu", le suivi des naissances ne s'apparente pas à une vigilance de tous les instants. "Je surveille, mais je n'interviens pas pour intervenir. Je place des tapis alvéolés et des journaux à l'arrière, mais n'essuie pas les porcelets", détaille l'éleveur, soulignant qu'il ne meule pas les dents, sauf cas exceptionnels. "Par ailleurs, j'installe trois lampes : deux à l'arrière, l'autre à l'avant au-dessus d'un tapis en caoutchouc noir qui retient mieux la chaleur. Cette répartition des sources de chaleur permet d'avoir une température de 24-25 °C au niveau du porcelet, sans que l'atmosphère soit étouffante. Après la mise bas, je mets deux lampes au-dessus du nid à l'avant et j'en retire une au bout de 8 jours. J'ai observé qu'en la retirant plus tôt, je rencontrais des problèmes de diarrhée".
C'est la somme de ces "petits plus" au démarrage du porcelet et cette rigueur constante au niveau truies qui contribuent à la production de 3 480 porcs charcutiers pour 120 truies productives. Avec cet objectif : "Maintenir les résultats". Un commentaire qu'il faut sans doute traduire en : les améliorer encore…
Didier Le Du
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