Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 56 | Article n°5213 |
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Morbihan (56)
Se mettre aux normes à moins cher
 
Avant le 31 décembre prochain, tous les éleveurs doivent avoir déposé leur dossier de mise aux normes pour pouvoir bénéficier des subventions pour la réalisation des études et travaux et éviter ensuite des pénalisations sur les aides Pac.
Les éleveurs concernés par la mise aux normes dans le cadre du PMPOA 2 sont essentiellement des éleveurs laitiers. Pour l'instant et alors qu'il ne reste que 6 mois de délai, à peine un millier d'éleveurs auraient déposé leur dossier, sur les 4 600 qui avaient fait une déclaration d'intention.
C'est dans ce cadre que la Chambre d'agriculture, avec le concours de l'ensemble des organisations concernées, a décidé d'organiser deux portes ouvertes sur des systèmes relativement peu coûteux de traitement des effluents peu chargés (eaux de salles de traite, d'aires d'exercice ...) qui sont une alternative intéressante au stockage, avec un coût moindre et du travail en moins.
Pour les deux exploitations à visiter, les systèmes de traitement sont très proches, avec un décanteur (ou Bassin Tampon de Sédimentation), 3 lagunes et zone d'infiltration sur prairie. Ces réalisations sont toute récentes car il fallait attendre l'agrément du procédé. Un système qui devrait pouvoir convenir dans de nombreuses exploitations où les effluents peu chargés sont importants. Au cours de ces portes ouvertes, les techniciens présenteront également d'autres solutions possibles qui peuvent être plus adaptées à certaines exploitations.
En avant première pour la presse, Alain Le Néchet, agriculteur à Kergrist a présenté sa réalisation.
Ne pas stocker et épandre des effluents peu chargés

Alain Le Néchet a une exploitation de 81 ha, avec 35 vaches laitières et la suite (200 000 litres de quota) et beaucoup de cultures légumières. Les vaches sont en aire paillée, affouragement au cornadis et aire d'exercice légèrement paillée. Les génisses sont en aire paillée intégrale.
Dans cette exploitation, il y a ainsi 3 types de déjections à gérer :
- le fumier des aires de couchage, directement stocké au champ
- le fumier moins compact de l'aire d'alimentation et exercice stocké en fumière (déjà existante)
- les liquides : eaux blanches et vertes de salle de traite, eaux brunes de la zone découverte, eaux de pluie de la fumière. Le tout pour environ 600 m3/an
Une mise aux normes classique aurait imposé la construction d'une fosse de 400 à 500 m3 pour un coût de 20 à 30 000 euros et un coût d'épandage de 1 200 à 2 000 euros par an (pour un produit très dilué).
Après réflexion et visite d'installation, Alain Le Néchet a préféré opter pour un système de traitement des liquides : "Je ne voulais pas stocker et ensuite épandre des effluents peu chargés. J'ai préféré un système économique, ne demandant ni énergie ni temps pour l'épandage".
La simplicité des lagunes
L'éleveur a ainsi opté pour un système de lagunage en contre bas et à bonne distance des bâtiments (et de la maison d'habitation) puisque la topographie s'y prêtait.
En pratique, l'installation comprend :
- une canalisation pour amener les liquides
- un bassin tampon de sédimentation en parpaings enduits (BTS) qui est en fait un décanteur de 45 m3. Il sera à vider une fois par an.
- trois lagunes de 25 m x 4,50 x 0, 80 (utile)
- une surface enherbée d'épandage de 25 ares (à ne pas pâturer pour raisons sanitaires).
Tous les écoulements se font par gravité naturelle. La partie bassin de sédimentation et lagune occupe une surface de 1250 m2, entourée d'un grillage.
Le coût de l'installation, entièrement réalisée par entreprise a été de 5 950 euros (HT) pour le bassin de sédimentation et de 11 850 euros (HT) pour l'ensemble terrassement, lagunes, clôture, canalisations. Ici, la nature suffisamment argileuse du terrain a permis de se passer de géomembrane dans les lagunes, ce qui ne peut pas toujours être le cas.
Au total, l'installation a ainsi coûté 17 800 euros (HT) et la subvention (non encore versée) devrait être de 60%. C'est donc bien une mise aux normes économe et qui de plus est très peu exigeante en temps par la suite. Une mise aux normes classique avec stockage en fosse aurait coûté près du double, sans compter les frais annuels d'épandage

Jean Louis Le Rest



Les deux exploitations à visiter

Les portes ouvertes auront lieu le jeudi 23 juin, de 13 h 30 à 16 h 30. Le fléchage est assuré depuis les bourgs

- À Kergrist, chezAlain Le Néchet à Quillian : 35 vaches laitières et la suite. Bassin de sédimentation, 3 lagunes et zone d'infiltration sur prairie, pour toutes les eaux de salle de traite, de l'aire d'exercice et de la fumière.

- À Lizio, chez Florence et Paul-Gilles Chedaleux, aux Couesboux : 45 vaches laitières et la suite, avec maintien du libre service. Traitement (même procédé qu' à Kergrist) des eaux blanches et des eaux brunes des aires découvertes.

À l'occasion de ces visites, les éleveurs pourront également prendre connaissance d'autres procédés (filtres à roseaux ...) et voir des démonstrations de systèmes d'aspersion pour des épandages sur prairies.




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Date de l'article : semaine du N° du 17 au 24 Juin 2005
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