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Les OGM (organismes génétiquement modifiés) sont sujets à de vifs débats. Celui qui a été organisé par les Ceta lors de leur journée départementale l’a confirmé. Dans un premier temps, Louis-Marie Houdebine (Inra) s’est attaché à expliquer que les différents gènes qui caractérisent un individu sont répartis sur un « ruban ». On peut ainsi à condition de connaître les emplacements introduire de nouveaux gènes (intéressants) provenant de la même espèce voire d’une autre espèce. Cette voie est employée dans la production de médicaments.
« D’ailleurs, souligne le chercheur, la sélection classique a recherché depuis toujours des gènes intéressants (sans l’avoir su) pour améliorer les rendements, la résistance aux maladies…La sélection restant aléatoire ». Alain Toppan (Biogemma) confirme l’intérêt de la connaissance des gènes dans la création de nouvelles variétés. « Une variété voit son potentiel diminuer par rapport à de nouvelles variétés. Nous avons aussi le souci d’améliorer la qualité (digestibilité), de réduire les coûts (engrais, eau…) Les biotechnologies permettent de comprendre, d’améliorer, de gagner du temps ».
Cependant il est nécessaire de sortir des laboratoires pour étudier le comportement en plein champ (avec une réglementation précise). D’où des manifestations d’arrachage de cultures. Au grand dam des chercheurs qui voient leur travail détruit. « Devons-nous rester dépendant de l’extérieur, accepter les importations au lieu de produire ? La pérennité de l’agriculture est posée ». Alain Toppan pose la question.
Des questions
Aujourd’hui, principalement quatre espèces sont concernées : le coton, le soja et dans une moindre mesure le maïs et le colza. L’Amérique du Nord, l’Argentine, l’Australie et la Chine constituent les pays en pointe. Pour les producteurs, l’intérêt se situe au niveau du désherbage, des insectes (pyrale). « Mais est-ce l’intérêt des paysans du Sud ? se demande un participant. Ou l’intérêt de Monsanto qui produit des semences transgéniques pour vendre du Round Up ? »
« À quoi servent les OGM ? » Gilles-Eric Séralini (Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique) a une réponse. « À produire des plantes tolérantes à un herbicide, ou qui fabrique un insecticide ou les deux. Cela représente 99 % des OGM ». Il ajoute : « Avec ces plantes OGM, on n’a pas réduit la consommation de pesticides (d’autres plantes ou insectes se sont développés) ». Les OGM sont-ils dangereux pour le consommateur ? L’intervenant assure que les tests sont insuffisants ou inexistants sur certains aspects, les résultats confidentiels, la traçabilité inexistante.
Louis-Marie Houdebine reconnaît qu’il n’est pas possible d’avoir des preuves absolues et que l’interprétation des tests est délicate à charge ou à décharge. « Jusqu’où faut-il aller ? Plus de tests n’apporteraient pas nécessairement d’éléments nouveaux ».
Avec Thierry Raffin (Inf’OGM), c’est le regard du sociologue. « Les OGM, ça sert à quoi, à qui ? Il n’y a pas de réponses satisfaisantes qui permettent de se faire une opinion ». Il cite plusieurs rapports classés sans suite. D’où une réticence d’autant plus grande qu’on est mieux informé, « la résistance citoyenne » en quelque sorte. Le débat reste ouvert, sûrement pour un moment.
Paul Chauvin
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