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Nous ne sommes pas convaincus, qu'au niveau de la production agricole, le problème de la main-d'œuvre soit si insoluble qu'on veut bien nous le dire. Le problème tient plus à des problèmes de rémunération, de relations humaines, de conditions de travail". Hervé Garnier, secrétaire général de la confédération regroupant les 17 fédérations CFDT de l'agriculture et de l'agroalimentaire, ne fait pas dans le détail quand on l'interroge sur le sujet du recrutement en agriculture.
Bernard Drézen, secrétaire général UDA du Finistère, se veut plus mesuré. "C'est vrai que l'on constate des départs de jeunes, 2-3 ans après leurs débuts dans les métiers de la production agricole", observe ce responsable syndical qui dit regretter ce mouvement. "Ça nous crève le cœur de voir des jeunes formés aux métiers de la production quitter définitivement le secteur".
Première raison évoquée par ce syndicaliste : l'inadéquation entre salaire et niveau de formation. "Aujourd'hui, les exploitations agricoles ont besoin de techniciens. Ce qui nécessite une formation assez poussée. Or, trop souvent, les salaires ne suivent pas", analyse-t-il, soulignant que le Finistère a été le dernier département à signer l'accord sur les salaires. "Tout a été bloqué pendant deux ans. Pas étonnant, dans ces conditions, que l'on assiste à des départs. Les jeunes privilégiant des secteurs où les amplitudes horaires sont moins importantes, où ils ne travaillent pas le week-end".
Dans ce contexte, "où la majorité des employeurs respecte toutefois le pacte", la CFDT invite au "dialogue social. Car nous n'accepterons pas la menace de faire venir des Polonais pour résoudre les problèmes". Cette demande d'écoute est aussi le credo du secrétaire national qui, de son côté, porte un regard très critique sur le projet de loi d'orientation. "Ce n'est pas une grande loi. Elle ne prend pas en compte la dimension salariée. Et ce n'est pas la direction prise par le nouveau gouvernement qui va nous rassurer. Avant d'être une incitation à l'embauche, l'exonération de charges est d'abord une trappe à bas salaires".
D. Le Du
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