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Année 2004 correcte pour la coopérative des éleveurs bretons (CEB) à Guingamp. Son activité globale progresse de 4,22 %, dont 3,89 % pour les porcs charcutiers (245 692 animaux). Philippe Saliou, président et Daniel Vincent, directeur s’en réjouissent, néanmoins inquiets de constater que cette évolution se fait aussi au prix d’une restructuration forte, avec l’arrêt d’élevages de petites dimensions et une réelle difficulté à installer des jeunes.
Dans ce contexte délicat, ils rappellent que la Coopérative, partenaire de Porc Alliance avec le groupement Elpor et Kerméné, offre une grande diversité de solutions à ses adhérents pour la valorisation de leur production (Cochon de Bretagne, Cochon de caractère, CCP Kermené, Cochon du druide). «Toujours dans l’optique de proposer une gamme élargie, adaptée à la segmentation de demande des consommateurs, nous venons d’obtenir l’agrément pour le lancement du Porc Label Rouge sur caillebotis », précise Daniel Vincent
Concrètement, le cahier des charges indique qu’il s’agit de porcs abattus à partir de 182 jours, élevés sur caillebotis béton du sevrage à l’abattage. Les truies gestantes sont élevées en liberté. La surface minimale par porc est de 0,4 m2 en post-sevrage, 0,65 m2 en pré-engraissement et 1 m2 au-delà. Les éleveurs concernés devront disposer de 40 % de leurs surfaces d’épandage en propre (liaison au sol). Sur le plan alimentaire, les céréales ou issus de céréales constituent 60 % de la ration. Alors que sont prohibés, les farines de poissons ou de viandes ainsi que les facteurs de croissance.
Oui au fonds de dégagement
L’assemblée générale de vendredi dernier 10 juin, a également permis de préciser la stratégie du groupement ces derniers mois. Coopérative quelque peu atypique et cultivant une certaine indépendance, malgré son engagement et son attachement à la relation partenariale avec Kermené, la CEB n’a pas hésité à adhérer et à abonder le fonds de dégagement de porcs en vifs. Initiative qui a fait grincer quelques dents au sein de la filière « Nous l’avons d’abord expliqué aux adhérents qui ont accepté le principe de la cotisation de 10 centimes par porc et bien sûr à nos partenaires, notamment l’abattoir».
Philippe Saliou précise : « Depuis plusieurs mois, voire plusieurs années, nous proposions sans succès des mesures pour mieux gérer l’offre et sortir de la crise (abaissement de la grille de poids, meilleure connaissance des apports, abattages préventifs, création d’un fonds de dégagement alimenté par les éleveurs en périodes favorables»).
Il estime que cette situation, il est vrai un peu conflictuelle, est la résultante d’une évolution néfaste des relations dans la filière. « Lors des précédentes crises, même après des chamailleries parfois virulentes et de longues tractations, le compromis se trouvait. Lors de cette crise, l’intransigeance de certains acteurs a prouvé que la négociation n’était plus souhaitée. Les éleveurs devant se contenter d’un prix imposé. Lorsque celui-ci ne décolle pas pendant plusieurs mois d’un euro, cela n’est plus possible. Il faut donc que tout le monde comprenne qu’il faut revenir à des relations interprofessionnelles claires et sereines».
La négociation d’abord
S’il s’agit d’un coup de semonce, « pour montrer que les éleveurs sont capables de faire quelque chose », l’objectif n’est visiblement pas d’entrer en guerre avec le secteur de l’abattage. « Nous voulons des prix raisonnables qui permettent d’assurer la rentabilité de nos ateliers de production et de remettre les trésoreries à jour. Mais nous voulons aussi préserver la pérennité des outils d’abattage et de transformation sur la région ». Bref, le bon équilibre entre l’activité des abattoirs, le revenu des agriculteurs et la santé financière des élevages.
Il conclut : « Pour ce qui nous concerne, nous avons toujours eu et nous tenons à nos relations privilégiées avec nos partenaires, au sein de Porc Alliance. Mais nous pensons aussi que ce fonds de dégagement doit être maintenu pour permettre de parer dans les mois et les années à venir à de nouveaux coups durs. Cependant le niveau du flux de vente en vifs pour alimenter un courant commercial, doit également tenir compte de la situation de marché». Pas question donc de vouloir assécher l’approvisionnement des outils régionaux.
Pierre Dénès
Repères
- 245 692 porcs commercialisés (+ 3,49 %)
- 53 sites référencés Cochon de Bretagne
- 12 sites référencés Cochon de Caractère
- Participation dans Valetec (traitement de lisier)
- 18 salariés dont 6 chauffeurs
- Services bâtiments, vétérinaires, échographie, environnement, qualité
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