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Le mouvement d’indignation des associations de défense de l’environnement, notamment d’Eaux et rivière de Bretagne, suite à la parution de deux décrets, l’un sur la restructuration des élevages et l’autre sur la modification des distances d’épandage, ne s’est pas fait attendre. L’association les juge inadmissibles et manifeste son intention de saisir le conseil d’Etat et Bruxelles.
Maintien du potentiel
Pour la FDSEA, les nouveaux décrets vont au contraire dans le bon sens, et n’entravent en rien la poursuite de la reconquête de la qualité de l’eau. Alain Tiengou et Jean-Jacques René, responsables de la commission environnement, expliquent : «La population agricole va inéluctablement baisser, compte tenu de la démographie. La conséquence peut soit être la réduction du potentiel de production au même rythme que la population, soit le maintien du potentiel en s’appuyant sur les hommes en place et en offrant des possibilités d’installations aux jeunes qui le souhaitent. Nous préférons évidemment cette deuxième solution ».
Ils rajoutent : « Notre objectif est donc clair, maintenir le potentiel de production, en répondant aux attentes sociétales, notamment en matière d’environnement ». D’ailleurs, le décret ne laisse pas toute liberté, même s’il offre la possibilité, au travers de la restructuration, à un certain nombre d’élevages d’augmenter leur production pour avoir la capacité économique de traiter les déjections en excédent. «La mise en œuvre du dispositif s’effectue à niveau d’azote constant dans les cantons en ZES et prévoit un prélèvement permettant d’alimenter une réserve pour les JA et les EDEI (exploitations à dimension économique insuffisante)».
Ils espèrent en outre que les négociations engagées avec l’administration sur la révision des seuils d’obligation de traitement vont aboutir. Les arguments de leur demande de révision sont la réduction de la pression environnementale liée à la baisse du cheptel bovin et avicole, à la mise en place de la résorption dans de nombreux élevages. Pas de décisions pour le moment mais un accord pour un état des lieux confirmé lors d’une récente réunion. Les premiers résultats devraient être connus en septembre
Un progrès, plus qu’un risque
Sur le second décret, relatif aux distances d’épandages, les responsables ne comprennent pas plus la levée de boucliers des environnementalistes. Ces textes expliquent en effet que les distances d’épandage par rapport aux habitations ne changent pas. Seul l’épandage par l’injection directe est possible jusqu’à 15 m d’une maison. De même, par rapport aux rivières, la distance de l’épandage ramenée de 50 m à 10 m est expressément conditionnée à la mise en place d’une protection par bandes enherbées ou boisées de façon permanente et d’au moins 10 m de large.
Jean-Jacques René et Alain Tiengou, considèrent qu’il s’agit au contraire d’un progrès. « Ces dispositions incitent à mettre en œuvre des techniques qui réduisent les risques de fuites vers les cours d’eau, tout en augmentant les surfaces d’épandage. L’obligation de mise en place de bandes enherbées va en outre limiter les risques de ruissellement au moment de l’épandage. Un élément également favorable pour limiter les risques de fuites de produits phytosanitaires, ou l’érosion des sols qui peut entraîner le phosphore vers les cours d’eau ».
Pierre Dénès
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