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VIANDE BOVINE, LA PAC CHANGE LA DONNE
 
Sommaire

- En 2006, les règles d’attribution des primes changent
- La production va rester inférieure à la consommation
- « La valorisation économique guidera mes choix »
- « Le marché guidera l'évolution de mon système »
- Le souci de qualité de vie modifie le choix économique
- «J’ai abandonné le lait pour la vache allaitante»




L’Union européenne a laissé aux états membres une certaine liberté dans l’application de la réforme de la PAC. La France a choisi de la mettre en application à partir de 2006, d’autres pays (Italie) l’ont déjà mis en place dès cette année.
En ce qui concerne les primes bovines, le choix a été fait de conserver la prime au maintien du troupeau de vaches allaitantes couplée au troupeau. Il faut donc disposer de vaches pour la percevoir. Cette décision tient à la volonté de conserver un potentiel français de naissage et ainsi d’éviter les risques de déprise dans certaines régions (Massif Central) qui auraient pu se produire avec un découplage total. Pour les veaux de boucherie, le couplage de l’aide reste total.
Pour d’autres primes, il a été mis une dose de couplage et une autre de découplage. Le couplage est à 25 % pour les grandes cultures et la jachère, mais à 40 % pour la prime à l’abattage des gros bovins. Avec une limite : un abattement sera pratiqué s’il y a dépassement des plafonds nationaux. En revanche, la prime laitière, la prime spéciale aux bovins mâles, le complément extensif sont entièrement découplés et seront intégrés aux droits à paiement unique (DPU). Commentaire des réseaux d’élevage des Chambres d'agriculture de l’Ouest et de l’Institut de l’élevage : « Le découplage partiel et total des aides à la production bovine d’animaux finis replace ces derniers plus nettement qu’avant face à leurs marchés et à leurs débouchés ». Finie donc la priorité à l’optimisation des primes telle qu’elle était pratiquée jusqu’à maintenant. Et place au marché.
La modulation des aides va venir diminuer le montant global perçu. Elle est destinée à financer d’autres volets de la Pac, comme l’installation, l’amélioration de la qualité des produits ou les conditions de productions. Mais rien n’est défini actuellement. S’il y a bien une franchise de 5000 euros, ce montant d’aides est largement dépassé dans les exploitations productrices de viande bovine qui seront concernées par la modulation. Dès 2005, un prélèvement de 3 % va être opéré sur la partie supérieure aux 5000 euros. Il passe ensuite à 4 % en 2006 et à 5 % en 2007 et au-delà.
Par ailleurs, la perception des aides va être liée au respect de quelque 19 directives et règlements européens, au maintien des terres dans de bonnes conditions agricoles et environnementales ainsi qu’au maintien des pâturages permanents. Les points qui poseront le plus de difficulté concernent la directive nitrates (170 kg/ha devient la norme qui limite le chargement technique à 2,1-2,3 UGB/ha) et tout ce qui touche à l’identification des animaux. S’y ajouteront en 2006 des textes qui concernent la santé et l’année suivante le bien-être animal. Les conséquences concrètes de la réforme de la PAC sont encore à venir.

Paul Chauvin


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Date de l'article : semaine du N° du 10 au 17 Juin 2005
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