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La Mutualité Sociale Agricole du Morbihan tenait son assemblée générale le 2 juin dernier. Joseph Rio (le président réélu), Bernard David (le 1er vice-président, représentant les salariés) et Madeleine Talavéra (la nouvelle directrice) en ont tracé les grandes lignes au cours d'une conférence de presse.
La grande satisfaction des élections
Les élections de janvier dernier ont été pour la MSA un grand événement. Jamais depuis sa création il n'y avait eu une telle participation (50%) et cela dans tous les collèges. Pour ses responsables, il faut bien sûr y voir l'attachement des assurés, exploitants, anciens exploitants et salariés, à leur régime spécifique de protection @sociale. C'est bien sûr "politiquement" important pour faire entendre la voix de la MSA.
L'attachement n'est sans doute pas la seule raison. Le mode de scrutin a changé avec, pour la première fois, un vote exclusivement par correspondance. Joseph Rio avance aussi d'autres arguments et en particulier des avancées sociales auxquelles la MSA a contribué. On peut citer entre autres l'augmentation des petites retraites, la retraite complémentaire, leur mensualisation, la politique sanitaire et sociale ...
Ces élections ont permis d'élire 552 délégués (titulaires et suppléants) dont plus de la moitié sont nouveaux. Ces délégués ont élus un conseil d'administration de 29 membres, dont 13 le sont également pour la 1ère fois. De quoi donner un nouvel élan.
Au niveau national, les récentes élections ont permis également à la Bretagne d'avoir une bonne représentation au conseil d'administration avec 4 élus, dont le président Gérard Pelhate et un vice président avec Joseph Rio.
Un rôle renforcé pour l'élu cantonal
Tous ces élus cantonaux donnent évidemment à la MSA un quadrillage du territoire qu'il faut utiliser au mieux. C'est en ce sens qu'elle avait mis à l'ordre du jour de son assemblée générale un débat sur le rôle de l'élu cantonal aujourd'hui. Il a permis à plusieurs élus de faire part de leur expérience et du rôle qu'ils souhaitent jouer sur le terrain.
Ce sont tout d'abord des animateurs de terrain, à l'écoute des problèmes des assurés : "C'est un service de proximité, souligne Joseph Rio. Il est important pour eux d'écouter mais aussi de faire redescendre les informations sur le terrain".
Avec le temps, leur rôle évolue et, plus qu'auparavant, ils deviennent des détecteurs de situations difficiles. Ainsi, Bernard David a senti chez les délégués "leur souci de la précarisation, du mal être". Ils constatent que la société se déshumanise, s'individualise, entraînant une certaine solitude, en particulier dans les campagnes.
Une des conséquence en est une demande forte d'information, de réunions sur le terrain. Elles concernent bien sûr pour partie les problèmes de santé mais aussi de plus en plus des phénomènes de société comme l'isolement ou la drogue ...
Ces élus participent aussi bien sûr à la définition des grandes orientations de la MSA et en particulier dans le domaine de l'action sanitaire et sociale. Leur très forte participation à l'assemblée générale montre qu'ils ont bien l'intention de jouer ces différents rôles.
Des dossiers à défendre, des actions à poursuivre
Si plusieurs avancées ont été faites ces dernières années, il reste cependant encore bien du travail pour les nouvelles équipes. Il y a bien sûr le problème du financement de l'assurance maladie qui concerne au moins autant la MSA que les autres régimes. Mais aussi des problèmes plus spécifiques comme les cotisations des exploitants, la retraite complémentaire pour les conjoints, l'amélioration de certains statuts, des simplifications dans les prestations ...
Au plan plus local, la MSA veut s'investir complètement dans la prévention de la santé et des accidents pour les exploitants, comme elle le fait depuis longtemps pour les salariés. Sur ce plan, la situation des exploitants du Morbihan est une des plus mauvaise en France.
Un nouveau plan d'Action Sanitaire et Sociale va également être élaboré cette année pour la période 2006 à 2010. La MSA maîtrise complètement ce budget important (5,5 millions d'euros en 2004). Le prochain plan devrait renforcer l'aide aux familles et aux personnes âgées.
Jean Louis Le Rest
Repères
- La MSA protège 125 500 personnes, dont 18 100 exploitants et leur famille, 30 260 salariés et leur famille et 76 900 retraités.
- Les prestations versées en 2004 ont été de 408,7 millions d'euros, dont 63% pour les retraites (stable), 27% pour la santé et les accidents (+ 3,8%) et 10% pour les prestations familiales (+ 3,6%).
- En cotisations, 107 millions d'euros ont été appelés (- 3%). Les exploitants en ont payé 31,4% et les entreprises pour leurs salariés 68,6%.
- L'Action Sanitaire et Sociale a bénéficié d'un budget de 5,5 millions d'euros (+ 11%). Il inclut le coût des travailleurs sociaux, les subventions octroyées à divers organismes sociaux ou sanitaires et les prestations extra légales versées aux assurés (2,9 millions d'euros).
- Le montant des "impayés" est relativement peu important, avec très peu de retards anciens, grâce à des interventions rapides. Actuellement 1 600 plans de paiement sont en place.
- Un plan d'économies tous azimuts a été mis en place depuis quelques années pour faire face à la diminution du nombre d'assurés. En 3 ans, 19 postes de salariés (en équivalent temps plein) ont été supprimés.
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