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Nous observons une variabilité importante des résultats d'une année à l'autre, d'une production à l'autre. Ce qui frappe, c'est l'énorme dispersion des résultats". Le commentaire de Anne-Yvonne Hénot, ingénieur au bureau d'études CER-Chambre d'agriculture qui vient de publier l'observatoire des résultats économiques, résume en deux phrases la situation des exploitations agricoles du Finistère.
Car derrière la moyenne, de 15 500 euros/UTH de résultat courant en 2004, se cachent de grands écarts. Aux extrémités du bloc constitué par 70 % des fermes qui dégagent entre 0 et 30 000 euros par UTH familiale, figurent celles qu'on regarde d'abord : les bonnes exploitations (+ de 30 000 euros/UTH) et les très bonnes qui pointent jusqu'à 80 000 euros de résultat annuel par UTH. Peu nombreuses ces dernières toutefois. À l'opposé, il y a celles qui sont dans la panade : de 0 à - 50 000 euros de résultat courant/UTH; elles sont 14 % des exploitations de l'échantillon à figurer dans cette catégorie (toutes ces données s'appuient sur les résultats de gestion des 5 000 dossiers suivis par le CER).
Fait souligné par le bureau d'études : "Malgré la conjoncture difficile des années 2003 et 2004, les investissements restent soutenus. Ils représentent 11 % du chiffre d'affaires. À titre de comparaison, les industries agroalimentaires ont investi 2,9 % de leur chiffre d'affaires en 2003", cite A.Y Hénot, soulignant que "l'autofinancement qui accompagne ces investissements est en baisse et est trop juste". D'où une interrogation : "Cette pression capitalistique sera-t-elle supportable dans les années à venir". Supportable ou insupportable, dans un secteur où la rentabilité économique est évaluée à seulement 1,10 %.
D. Le Du
« Les résultats n'incitent pas l'installation »
Anne-Yvonne Hénot, ingénieur d'études systèmes laitiers
"Le résultat des exploitations laitières se redresse un peu. C'est le prix de la viande qui l'a permis. On commence aussi à voir, à nouveau, une baisse du coût alimentaire.
Des marges de progrès existent encore pour maîtriser le coût de production. Je pense, entre autres, au renouvellement du troupeau où l'on observe des écarts de 27 euros/1 000 litres.
Cependant, le résultat moyen sur 5 ans reste trop faible pour inciter l'installation. Autre point négatif : la hausse du coût de revient est continue avec l'augmentation des charges de structure".
« Garder la cohérence des systèmes »
Véronique Kerlidou, ingénieur d'études systèmes porcins
"La baisse des coûts de revient, conjuguée à une amélioration des cours du porc au second semestre, a permis aux résultats de se redresser progressivement. L'amélioration des résultats en 2004 est cependant insuffisante pour consolider les bilans. La trésorerie nette globale (TNG) atteint un niveau historiquement bas (- 784 euros/truie).
En porc aussi, on observe une dispersion importante des résultats. On enregistre une différence de 600 kg de cochon produits par truie entre les 10 % meilleurs (2 200 kg) et les 10 % moins bons (1 600 kg).
Enfin, les éleveurs doivent garder en ligne de mire la cohérence de leur système".
« De nouveaux défis à relever »
Jean-Jo Castel, ingénieur d'études systèmes légumes
"Après les bons résultats de 2001 et 2002, les revenus marquent le pas sur les deux dernières années. Le revenu est très lié à l'échalote produit par un légumier sur deux. En 2004, c'est ce légume qui permet de limiter la casse. En revanche, les exploitations "traditionnelles" (chou, brocoli, artichaut) voient leur revenu fondre.
La perspective à l'horizon 2010 laisse entrevoir une exploitation légumière moyenne de 35 ha. Avec de nouveaux défis à relever par la zone légumière. L'un des risques majeurs reste indéniablement le différentiel de coût de main-d'œuvre au niveau européen.
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