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L’environnement n’est pas qu’une préoccupation bretonne et française. André Le Gall de l’Institut de l’élevage, lors de l’assemblée du Contrôle laitier des Côtes-d'Armor, a mis en évidence que les principaux bassins laitiers d’Europe, mais aussi d’Océanie ont ce souci en tête. Le non-respect pourrait nuire à l’image et donc à la commercialisation, voire à l’obtention des aides pour les pays européens (conditionnalité) et aux bonnes relations sociales.
Sommes-nous mal placés en Europe ? La comparaison avec deux pays voisins l’Irlande et les Pays-Bas met en évidence que ces deux pays ont mis en place des systèmes très intensifs (plus de 2 UGB/ha). 40 % des élevages irlandais et la totalité des néerlandais ont des difficultés avec la norme des 170 kg d’azote d’origine animale. Pour seulement un sur cinq en France.
D’ailleurs, l’Irlande, les Pays-Bas, le Danemark appliquent une norme azote différente pour les prairies (230 à 250 kg) et la totalité de la surface est épandable (85 % en France). En revanche, les normes de rejets par vache sont plus élevées au Danemark et aux Pays-Bas (plus de productivité). Au final, l’intervenant considère que les écarts ne sont pas très différents d’un pays à l’autre. Un éleveur demande à obtenir une gestion à l’exploitation de la fertilisation au lieu de l’application de normes. Pierre Papadopoulous (DDAF) précise que « l’administration a bien conscience de la question, mais que la solution n’est pas que technique ».
Des pistes à travailler
L’Irlande et les Pays-Bas ont pris deux directions différentes pour résoudre la question environnementale. Le premier mise sur le maximum d’herbe alors que le second limite le pâturage pour mieux gérer les effluents. « Il y a des idées à prendre chez les deux », estime André Le Gall. Un des postes à travailler concerne l’alimentation en affinant la question de l’azote, en repensant les places respectives du maïs et de l’herbe. Le Contrôle laitier est bien placé pour le faire.
Gérer l’environnement passe aussi par la mise aux normes « en profitant de l’occasion pour rationaliser les bâtiments, ce qui n’exclut pas d’utiliser les techniques nouvellement validées pour les effluents peu chargés (bassin tampon de sédimentation, filtre à paille ou à roseaux) pour limiter l’investissement ». La mise en conformité coûterait autour de 850 euros par UGB (700 après subvention), soit une incidence de 10 à 20 euros pour 1000 litres. C’est cependant nécessaire pour la pérennité des élevages.
Avec une meilleure optimisation de la fertilisation azotée, les pertes d’azote ont été réduites de moitié en Bretagne, estime l’intervenant. Sur un bassin versant, la modification des pratiques au niveau des produits phytosanitaires a fait chuter très vite le nombre de prélèvements d’eau dépassant les normes. « Il faut savoir mettre en avant l’impact d’une production comme le lait sur le paysage, la biodiversité ». Il n’y a donc pas lieu de cultiver le pessimisme.
Paul Chauvin
Contrôle laitier : moins de vaches et moins d’éleveurs
Depuis 2001 le nombre de vaches contrôlées s’érode doucement : 5 % en quatre ans (139 980 vaches en 2004). Cela va même un peu plus vite au niveau des adhérents avec 6 % de moins suite aux cessations d’activité et aux regroupements. Le Contrôle laitier comptait 3460 adhérents en 2004.
Cette décroissance lente, les quatre Contrôles laitiers bretons veulent y faire face. Ils ont décidé d’une régionalisation et leur volonté d’avancer est forte. En attendant les mesures qui seront prises, Joseph Langlais le président du Contrôle laitier des Côtes-d’Armor précise : « Nous avons à cœur, en préservant notre présence active sur le terrain auprès de éleveurs, d’engager radicalement toutes les économies d’échelle à notre portée… Pourquoi faire quatre fois si une fois est suffisant ? » La régionalisation devrait accentuer la dynamique en matière de recherche, d’innovation et permettre de gérer les partenariats avec les autres acteurs.
La régionalisation va conduire à une harmonisation des services proposés avec une unité sur le plan de la facturation. Déjà au niveau départemental pas moins de 27 formules sont possibles : elle combinent le type de conseil, le nombre d’appuis et le choix d’un protocole de contrôle. Avec d’autres services tournant autour de l’animal, du végétal et des systèmes d’élevage, elles répondent aux besoins de plus en plus variés des adhérents.
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