Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 56 | Article n°5165 |
Recherchez  dans  Recherchez
Recherche avancéeRecherche avancée
Archives (prochaine parution le 25 mai 2012) Recevoir les articles par mailAlerte email
 
 
Morbihan (56)
(56) Les organisations professionnelles s'allient pour limiter les risques sur les exploitations
 
Les chiffres sont éloquents. 5 098 accidents du travail, dont trois ayant occasionné la mort, ont été recensés par la MSA sur les exploitations agricoles bretonnes en 2003. Concernant tous les types de productions agricoles, ils sont liés bien souvent à des installations ou équipements défectueux ou au manque de précautions. Ils se produisent lors d'interventions en hauteur (29% des cas), au contact d'animaux (20%), en utilisant du matériel (12%), lors de déplacements (12%), d'interventions sur bâtiments (11%), de manutentions (11%)... Sur cette même année 2003, 1 062 accidents ont été comptés dans le Morbihan, soit environ 1 agriculteur touché sur 12. Ce département fait partie de ceux présentant les risques d’accidents les plus élevés, après les départements à vocation forestière.
"Culturellement, les agriculteurs ne mettent pas forcément en tête de leurs priorités la protection contre les accidents du travail parce que d’autres préoccupations sont, pour eux, majeures : les résultats économiques, les risques climatiques et la nécessité souvent d’agir dans l’urgence. Pourtant, l’accident quand il survient, provoque souvent des drames familiaux, compromet parfois la poursuite de l’exploitation, obligeant à se reconvertir ou même malheureusement à cesser toute activité professionnelle en raison d’une incapacité de travail majeure", souligne Loïc Le Guiniec, administrateur de la MSA.
Conscientes de la nécessité de se mobiliser sur la sécurité, les organisations professionnelles agricoles du Morbihan* ont décidé d'unir leurs efforts en 2004, afin de sensibiliser la population agricole sur les risques encourus. Leur démarche est appuyée par la réglementation (Décret du 5/11/2001) qui impose à tout agriculteur employant de la main d'œuvre permanente ou temporaire d'évaluer les risques sur son exploitation et de tenir à jour un document d'évaluation des risques. Les agriculteurs doivent aussi élaborer un plan d'actions chiffré pour limiter les risques sur leurs lieux de travail.
Un outil convivial et interactif
Un comité "Sécurité" regroupant les différents partenaires a été mis en place et un outil d'auto-diagnostic sécurité a été créé, associé pour le moment à une formation de deux jours proposée par la Chambre d'agriculture et la MSA. "L'évaluation des risques sur une exploitation n'est pas toujours facile car le métier d'agriculteur comprend de nombreux domaines d'activité. Spécialisé dans quatre productions (lait, porc, aviculture et machinisme), l'outil d'auto-diagnostic informatique aide l'exploitant à se poser les bonnes questions", précise les concepteurs.
"Le premier jour de formation est dédié à l'analyse des situations à risques et à la prise en main de l'outil. Le stagiaire réalise ensuite son propre diagnostic en atelier multimédia ou sur son exploitation via internet. Des ordinateurs portables peuvent être prêtés. L'agriculteur répond à des questions précises concernant les différentes activités de son exploitation : désinfection des bâtiments, traitements phytosanitaires…" En fin de questionnaire, il imprime sur papier son document de diagnostic des risques sur son lieu de travail. Dans le logiciel, il est possible d'accéder à des informations pour approfondir certains sujets : électricité par exemple.
Pistes d'amélioration
Lors du deuxième jour de formation, les participants (travaillant dans la même production) échangent et mènent une réflexion sur les risques décelés et les pistes d'amélioration. Ils visitent aussi une exploitation témoin en suivant les aménagements réalisés pour diminuer les risques et travailler dans un meilleur confort. "Certaines actions sont faciles à mettre en œuvre et peu onéreuses", précise Yves Le Gourriérec, président de la Chambre d'agriculture. Chaque partenaire de la démarche a pour mission de sensibiliser son réseau aux risques sur le lieu de travail. 8 à 10 sessions de formation devraient être organisées d'octobre 2005 à avril 2006.

Agnès Cussonneau

* Chambre d'agriculture et MSA en partenariat avec la FDCuma, l'AEF, la FDSEA, le Sérémor, l'Union des GVA et l'Asavpa.





Equipements et organisation
sur l'élevage Hervoche

Martine Hervoche (SCEA des trois étangs) est productrice de dindes de chair sur 4000 m2 à Saint-Allouestre. Elle a participé à la formation d'évaluation des risques sur le lieu de travail et a particulièrement apprécié les échanges entre éleveurs. "Collectivement, on prend davantage conscience des risques. On peut aussi échanger des trucs, des astuces".
Sur leur exploitation, Martine Hervoche et son mari ont travaillé sur la réduction des risques. Le broyeur à paille, même s'il est ancien, est équipé d'un protège-cardan qui évite les risques d'enroulement. Dans l'atelier, bien rangé, chaque outil trouve son emplacement. "Cela permet notamment une meilleure organisation du travail". Un extincteur est accroché au mur attenant. "Les soudures peuvent provoquer des débuts d'incendies".
Les silos sont équipés de crinolines et de poignées d'ouverture situées en bas et sont reliés à la terre. Un hublot permet de constater l'état de remplissage. L'agricultrice a par ailleurs renouvelé son vaccin contre le tétanos. Les éleveurs utilisent quand c'est nécessaire des gants, des masques, des cotes… Le personnel venant pour les embarquements en est également équipé.

Retour Sommaire
Date de l'article : semaine du N° du 3 au 10 Juin 2005
Imprimer l'article Imprimer l'article



Les glaces, délices de la ferme de Patricia et gilles





Dossiers Paysan Breton
Chiffres clés de l'agriculture bretonne
Contact
Abonnez-vous à
Paysan Breton
Recherchez une
petite annonce
Déposez une
petite annonce
Déposez une
annonce légale


(+ de 12829 depuis 1997)