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Le rendez-vous sur l'exploitation est fixé… à l'heure de la traite. Enfin, à l'heure où auparavant, comme dans beaucoup d'exploitations laitières, il ne fallait pas y aller si on voulait prendre le temps de discuter. À Kerongar, l'heure de la traite est maintenant un moment comme un autre puisque c'est la traite à toute heure. À la différence que c'est le robot qui la fait.
Le robot plutôt qu'un salarié
"Ce que nous apprécions le plus, c'est qu'avec le robot, il n'y a plus de contrainte d'heure", dit sans hésiter René Hostiou, en Gaec avec Maryvonne, son épouse, et Stéphane, leur fils. Et de faire allusion à la sortie du dimanche après-midi qu'il fallait rompre à 17 h 30-18 h. "Aujourd'hui, on peut rester traîner comme les autres", se félicite le couple. "Même si au début, j'avoue qu'en semaine, on était un peu perturbé de ne plus avoir les repères de l'heure de la traite qui rythmaient la journée", se rappelle Maryvonne. "Mais on s'y fait très vite".
Au départ, ces éleveurs n'étaient pas du tout partis sur l'idée d'un robot de traite. "Le premier projet prévoyait de mettre aux normes et d'agrandir l'existant pour pouvoir accueillir les vaches supplémentaires arrivées sur l'exploitation lors d'une reprise de terre intervenue lors de l'installation de Stéphane", expliquent les parents. "Puis, progressivement, nous avons réfléchi à l'avenir de l'exploitation en tenant compte de notre prochain départ à la retraite".
Le prix d'un équipement traditionnel clés en main
C'est cette anticipation du départ en retraite des parents qui sera le déclic d'une remise à plat de l'atelier laitier. "Dans quelques années, l'exploitation aurait été obligée d'embaucher un deuxième salarié". Le coût aurait été plus élevé qu'un robot, évalué quant à lui à 18 500 euros/an, maintenance comprise.
Ce choix s'est traduit par la construction d'un bâtiment de 1 500 m2 d'une capacité suffisante pour accueillir les vaches (72 logettes), les génisses de renouvellement et les veaux. Coût de l'opération : 380 000 euros (dont environ 150 000 euros pour le robot) pour un quota de 550 000 litres. "Ça correspond au prix clés en main d'un bâtiment avec salle de traite. Dans notre cas, nous avons auto-construit une bonne partie : les murs banchés, le sol, le bardage, le montage des logettes et des cornadis, le bureau, etc.", expliquent les éleveurs, précisant aussi qu'un robot occupe 10 fois moins d'espace qu'une salle de traite : 20 m2 contre 200 m2.
"De plus, en décidant d'implanter le bâtiment de l'autre côté de la route qui coupe la ferme, nous n'avons plus besoin d'être deux pour traverser les vaches. D'autant que 20 ha accessibles au pâturage se trouvent du côté où nous avons construit".
Dans le prolongement de cette réflexion de rationalisation et de simplification du travail, ces éleveurs de Saint-Évarzec ont également opté pour le nettoyage par chasse d'eau. "C'est rapide et efficace", constatent les éleveurs après 6 mois de fonctionnement.
Didier Le Du
Porte ouverte le 8 juin
Le Gaec de Kerongar à Saint-Evarzec et la société Lely organisent une porte ouverte le mercredi 8 juin à partir de 10 h.
Cette journée sera aussi l'occasion de découvrir l'évolution récente des robots de traite "plus respectueux de l'environnement" : pompe à vide économique fonctionnant sans huile, économie d'eau (100 m3/6 mois), etc.
Autre innovation : un système de détecteur en 3 dimensions permet également un repérage plus rapide des trayons. Enfin, à signaler encore, "un nouveau logiciel qui permet la télémaintenance et évite le déplacement systématique d'un technicien en cas de panne. Cette nouveauté a des incidences sur le coût de la maintenance".
AVIS D'ELEVEUR
« Une autre façon de travailler »
"L'adaptation des vaches à la traite robotisée n'a pas posé de problème majeur. Trois à quatre vaches sont encore un peu réticentes. Nous les enfermons dans un parc, ce qui les oblige à passer par le robot si elles veulent sortir", notent les éleveurs. Le rythme moyen est de 2,6 traites par jour depuis qu'elles sont au pâturage.
"Nous n'aimons pas que le délai entre deux traites soit trop long (risque de leucocytes)", expliquent-ils, soulignant que les retards sont indiqués sur écran informatique. Un système informatique de plus en plus élaboré puisque la nouvelle génération de robots Lely pèse individuellement les vaches à chaque passage. Ces informations sont disponibles pour guider l'éleveur : une perte de poids du troupeau peut signifier que la ration alimentaire n'est pas bien ajustée à la production laitière ; à l'individu, cette information peut également guider pour le choix de l'insémination (tant que la vache maigrit, ce n'est pas opportun d'inséminer). Autre nouveauté : "Le Milk-qualité-contrôle (MQC“) analyse en direct le lait quartier par quartier. Ainsi, l'éleveur sait s'il s'agit d'une mammite, s'il y a présence de sang, si c'est du colostrum ou un lait anormal. Ces indications, fournies en plus de la conductivité, permettent de séparer les laits", note Jean-Pierre Hellard, inspecteur commercial chez Lely France.
"Toutes ces données disponibles ne dispensent pas d'observer le troupeau et d'être présent. Ce sont des aides à la décision. Avec le robot, c'est tout d'abord une autre façon de travailler", rappellent les éleveurs.
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