Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 29 | Article n°5078 |
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Finistère (29)
La Chambre en appelle à la gestion intelligente du territoire
 
Délicat », « pas facile », « sujet qui suscite beaucoup de tensions ». Les interventions relatives au partage du foncier bâti et non bâti, entre agriculteurs et non agriculteurs, étaient enrobées de nombreuses formules de précaution par les élus de la Chambre d'agriculture et les invités qui sont intervenus sur ce rapport discuté en session, le mardi 26 avril.
Au fil des interventions, on devinait de nombreux intérêts contradictoires. Intérêts contradictoires entre besoins de l'agriculture et souhait de développement des communes rurales. Intérêts contradictoires entre jeunes agriculteurs soucieux de préserver leur potentiel de production et plus anciens pas mécontents de valoriser au mieux leur patrimoine rural, etc.
Les débats ont montré que le consensus sur « le partage intelligent du territoire », comme en appelle de ses vœux. Jacques Jaouen, président de la Chambre d'agriculture, est loin d'être simple.
Extraits des prises de parole des membres et des invités…


André Le Bec, représentant des propriétaires : « Ces maisons échapperont aux paysans »
« On nous dit que 50 % des paysans seront à la retraite dans 10 ans. Que deviendront les habitations de ces agriculteurs ? Lequel d'entre-nous ira voir un propriétaire pour lui dire qu'il vend trop cher et qu'il envisage de faire intervenir la Safer. Moi, je préfère des mesures législatives pour que les nouveaux habitants acceptent la vie en bonne intelligence à la campagne ».

Alain Hindré, vice-président de la Chambre : « Nous sommes les parents pauvres »
« On comptabilise 1 786 ha à urbaniser sur BMO (Brest Métropole Océane, anciennement Cub de Brest). Cela correspond à 45 exploitations de 40 ha. Malgré cela, l'offre de terrain reste insuffisante. Je déplore le manque d'analyse globale par rapport à ce dossier dans lequel l'agriculture est le parent pauvre ».
Jean Salaün, ancien exploitant : « Absurde de laisser mourir les communes rurales »
Ce serait absurde de laisser mourir nos communes rurales. Toutes ces propositions de la Chambre sont inspirées des problèmes rencontrés sur BMO et Quimper. Et au milieu, il y a quoi ? Le désert ? »

Marie-Thérèse Gélébart, chef d'exploitation : « Éviter la coupure avec les citadins »
« Il faut évidemment préserver l'agriculture, mais il faut aussi que les communes rurales puissent continuer à vivre. Par ailleurs, il n'est pas souhaitable que les agriculteurs se coupent des citadins. »

Thierry Merret, secrétaire général de la Chambre : « Privilégier le bon sens »
« Je ne crois pas trop aux vertus d'une loi supplémentaire. Mieux vaut privilégier le bon sens. Et pourquoi ne pas inciter les agriculteurs à aller habiter au bourg. »

Jean-Alain Divanac'h, chef d'exploitation : « La profession doit se regarder en face »
Il faut aussi que la profession se regarde en face. Les agriculteurs peuvent également contribuer au mitage. Peut-être faudrait-il remettre au goût du jour des aides à l'amélioration de l'habitat pour éviter des constructions neuves auprès des bâtiments d'exploitation. Et pourquoi ne pas envisager de détruire la maison, assimilée à une maison de fonction, quand l'activité de l'exploitation cesse. »


Françoise Louarn, vice-présidente de la Chambre : « Penser projet de vie des paysans »
« Dans ce débat, nous devons également raisonner en projet de vie des paysans. Je pense notamment aux projets de diversification encouragés par la baisse de prix des principaux produits agricoles. »


Jean-Pierre Le Verge, représentant des coopératives : « Ne pas spolier les familles d'agriculteurs »
« Dans ce débat, s'opposent des intérêts très contradictoires. Pourquoi vouloir imposer une non-valorisation du patrimoine bâti en milieu rural alors qu'il en est tout autre en ville. Ce n'est pas à la Chambre d'agriculture de décider de spolier les familles d'agriculteurs. »
Hervé Prima, représentant des Cuma : « L'intérêt d'une commission de conciliation »
« La charte est un levier intéressant. Mais on a peu parlé de la commission de conciliation qui est également importante. Qui en fera partie ? »


Daniel Langonné, salarié de groupement : « L'urbain n'est pas un danger »
« La charte est positive. Mais sous-entendre que tout urbain qui vient à la campagne est un danger, cela nous choque. D'autant que des communes rurales ont intérêt à avoir des habitants supplémentaires. »

Didier Goubil, exploitant et maire de Poullaouen : « Pour réduire les problèmes, il faut proposer des solutions »
« Selon que l'on se situe dans une zone péri-urbaine ou de déprise de population, l'approche est différente. Pour des agriculteurs, s'installer dans des secteurs « désertifiés » n'est pas intéressant. Pour empêcher les gens de s'installer près des élevages, il faut leur proposer des solutions : des cités, mais aussi des hameaux ruraux pour les personnes qui ont fait le choix de vivre à la campagne. »

André Sergent, vice-président de la Chambre : « Quelle place pour l'activité économique ? »
« Le tourisme est une bonne carte pour le département et pour les agriculteurs. Mais il faut aussi nous dire s'il y a des zones où l'activité économique n'est plus acceptée. »

Didier Le Du


D'autres avis
Jean-Yves Salaün, association des maires : « Des rivalités d'intérêts »
« Certes, il faut préserver l'activité agricole. Mais on ne peut pas nier que l'on assiste à des rivalités d'intérêts entre agriculteurs qui quittent le métier et ceux qui s'installent. Par ailleurs, on ne peut pas reprocher à des maires de mettre des moyens en œuvre pour développer la population et contribuer ainsi au maintien des écoles, des commerces, etc. »

Maître Le Fur, Chambre des notaires : « Tout cela doit être assis juridiquement »
« La charte que vous proposez va dans le bon sens, mais elle ne sera pas applicable juridiquement. »

Jean-Luc Fichet, président de la commission développement économique du Conseil général : « Plutôt des voisins que des hectares. »
« La charte marque l'esprit de la bonne intelligence. Mais méfions-nous de l'effet pervers. Pour reprendre une expression : plutôt des voisins que des hectares. Il est souhaitable de penser investissement durable. J'espère que dans 15 ans, on ne sera pas conduit à se demander comment repeupler les campagnes. »

Gonthier Friederici, préfet : « L'art de la prospective réaliste est délicat. »
« La réduction de l'espace agricole, le mitage des activités et la spéculation sur le foncier agricole conduisent aujourd'hui à remettre en débat la place de l'agriculture dans cet espace convoité.(…) L'art de la prospective réaliste est délicat, mais ensemble (élus, professionnels, État), on doit pouvoir mieux faire pour mieux anticiper. »

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Date de l'article : semaine du N° du 6 au 13 Mai 2005
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