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Le Service Études, références et prospective du Morbihan a récemment présenté les résultats des diverses productions pour l'année 2004. Parmi les plus faibles, ceux des éleveurs porcins spécialisés (150 truies pour 2 UTH sur 61 ha) avec des revenus à peine moins mauvais que l'année précédente. Les "experts" annonçaient une reprise sensible des cours pour ce printemps. La réalité est pour l'instant toute différente avec des prix qui sont passés à moins de 1 euro le kilo ces derniers jours. Alors qu'il faudrait une longue période de cours élevés pour éviter la catastrophe économique et sociale dans cette production.
Depuis 3 ans des marges stables à niveau bas
Selon les résultats des comptabilités du CER, le prix moyen payé au producteur en 2004 s'établit à 1,224 euro le kg net. C'est à peine moins mal que l'année précédente (1,212). Dans le même temps, le coût alimentaire (qui représente le poste de loin le plus important) a aussi légèrement progressé (0,572/kg vif contre 0,560 en 2003).
Rien d'étonnant donc à ce que la marge brute par truie soit du même ordre (voir graphique). Si les marges sont restées faibles, ce n'est pas la faute des résultats techniques qui se sont plutôt améliorés, tant en nombre de porcs par truie qu'en indice de consommation.
On remarquera quand même que les écarts sont de plus en plus importants entre les meilleures marges et les plus mauvaises (du simple au double pour les quarts inférieurs et supérieurs). Pour les Excédents Bruts d'Exploitation (EBE), c'est encore pire puisque 29% sont en dessous de 300 euros et 22% au-dessus de 600 euros.
Tout cela ne peut évidemment que donner des résultats d'exploitation très faibles (voir graphique) qui évidemment ne permettent pas de valoriser le travail familial ni les capitaux personnels investis. Dans le même temps, la situation de trésorerie ne peut évidemment que se dégrader, de manière continue depuis 1981.
Coût de revient en légère progression
À partir des résultats comptables, le CER établit chaque année un coût de production et un coût de revient du kg de porc. Pour 2004 (1er semestre), ils étaient en très légère progression par rapport à l'année précédente.
Le coût de production d'un kg de carcasse est ainsi passé de 1,219 euros à 1,220. La progression des charges opérationnelles (0,875 euros/kg) a été compensé par une diminution des charges de structure (à 0,345). Ce sont en particulier les amortissements qui ont diminué, ce qui traduit sans doute la diminution des investissements ces dernières années suite aux faibles revenus. On remarquera que ce coût de production est pratiquement au même niveau que le prix moyen (tout compris) payé aux producteurs, expliquant du même coup la faiblesse des revenus.
Le coût de revient (incluant rémunération de la main-d'œuvre familiale et celle des capitaux personnels investis) se situe à 1,315 euros le kilo de carcasse, sensiblement donc au-dessus du prix payé aux éleveurs.
Les profils gagnants
Une étude des CER de Bretagne portant sur plus de 1 100 exploitations porcines spécialisées a permis d'analyser les résultats pour définir les raisons des écarts de revenus et déterminer ainsi les "profils gagnants" en production porcine.
Sans surprise, les écarts de résultats techniques en poids vif produit par truie (en relation directe avec le nombre de porcs par truie) et l'indice de consommation ont une relation étroite avec la marge brute par truie et le coût de revient.
Globalement, on constate aussi que les résultats techniques sont meilleurs chez les éleveurs qui ont un outil récent. Par contre, les résultats économiques ne le sont pas systématiquement car les investissements viennent alourdir le prix de revient. Il faut ainsi trouver un équilibre entre investissements et rentabilité.
La situation financière est également très importante. Le coût de revient est très sensiblement inférieur chez ceux qui ont une situation saine. Mais ce n'est sans doute pas seulement en raison des frais financiers.
Un tri selon les coûts de revient faibles (1,20 euro) et fort (1,44 euro) permet de constater que les meilleurs ont plus de truies par UTH (92 contre 71), un poids vif par truie sensiblement plus élevé (2 600 kg contre 2 300). Par contre, il ne semble pas y avoir de rapport direct avec la vétusté de l'outil de production.
En résumé, on pourrait dire que ceux qui s'en sortent dans cette période difficile ont une bonne productivité de la main d'œuvre, de bons résultats techniques et une situation financière saine, qui en est plus la conséquence que la cause. Au final, cela se traduit par un écart de revenu de près de 40 000 euros par UTH entre le quart meilleur et le quart inférieur.... dans une période de cours faibles.
Jean Louis Le Rest
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