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Développer la consommation de leurs produits fait partie des priorités des producteurs de l’APFLBB (Association des Producteurs de Fruits et Légumes Biologiques de Bretagne). Plusieurs démarches sont en cours pour améliorer l'accès aux produits au niveau local, notamment la mise en place par six légumiers du pays du Léon de paniers de légumes bio variés que les consommateurs viennent chercher sur les fermes près de chez eux ou dans des lieux définis en ville. "Les producteurs se répartissent les cultures. De leur côté, les consommateurs s'engagent sur un nombre de paniers minimum. Le suivi est assuré par l’association", explique René Léa, président de l’APFLBB.
Producteur à Plouescat, René Léa fait partie du groupe engagé dans la démarche. "Par la suite, nous souhaitons proposer des produits aux restaurateurs et aux petits magasins de proximité non spécialisés bio, où nos prix s'aligneraient à ceux du conventionnel", précise René Léa. "Ces magasins ne sont pas fixés à une centrale d'achat", ajoute Yoann Morin, chargé de la communication à l’APFLBB. Les producteurs entendent par ailleurs accroître la consommation de fruits et légumes bio en restauration collective, notamment dans les écoles. Suivant l'exemple de Lorient, un projet est en cours à Brest à l'horizon 2007.
Sécuriser la confiance des consommateurs
Les producteurs ne laissent pas de côté leurs réseaux de distribution traditionnels (Coop Bio…), où ils renforcent leur position avec la démarche BioBreizh qui, sur certains points, va plus loin que le cahier des charges Agriculture Biologique européen. "Nous voulons sécuriser la confiance des consommateurs. Par exemple, nos fermes sont entièrement Bio et les parcelles doivent être bordées de talus ou de haies (protection physique). La bio interdit les OGM bien sûr, mais nous n'acceptons pas non plus certaines biotechnologies que nous considérons proches des OGM : nous refusons l’utilisation de variétés de choux obtenues par introduction artificielle de la stérilité mâle cytoplasmique".
Plus de la moitié des adhérents de l'APFLBB (représentant environ 75% des productions de l'organisation) est engagée dans la démarche. «BioBreizh nous permet aussi de nous différencier de nos concurrents européens auprès de la grande distribution. Ce marché est intéressant, mais il demande davantage d'emballages, ce qui ne correspond pas à nos idées. Il faudrait des endroits dédiés spécifiquement au bio dans les grandes surfaces", note René Léa.
Aujourd'hui, 50% des produits bio vendus en France viennent de l'étranger. Depuis plusieurs années, les producteurs bio français réclament une "rémunération de reconnaissance" auprès de l'Etat. Différents types d'aides existent dans la plupart des autres pays européens. Quand un Etat donne un euro au bio, l'Europe donne également un euro. "Des subventions attribuées par les départements bretons nous ont permis de mettre en place un site internet, des plaquettes, des fiches légumes…", explique René Léa en ajoutant : "Mais nous devons faire pression sur l'Etat Français pour parvenir à une concurrence plus loyale entre pays européens. La communication sur les produits bio doit être renforcée, notamment sur l'axe santé".
Sur un plan plus technique, les producteurs de l’APFLBB participent en partenariat avec l'Inra à un programme de création de variétés adaptées aux conditions de l'agriculture biologique : la sélection participative. "Il s'agit notamment de sélectionner des variétés de choux-fleurs non hybrides, performantes et adaptées au terroir breton. Notre but est également de préserver la biodiversité en légumes et de réduire la dépendance vis-à-vis des grands groupes semenciers".
Agnès Cussonneau
L’APFLBB en quelques chiffres :
- 45 producteurs sur les 4 départements bretons
- 450 ha
- 3500 t de légumes
- 30 espèces de légumes différentes
- 7% du volume français et 30% du volume breton des fruits et légumes Bio
Site internet : www.biobreizh.org
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