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En septembre 2004, on dénombrait près de 350 exploitations qualifiées au titre de l’agriculture raisonnée dans l’Hexagone. Six mois plus tard, leur nombre a presque doublé puisque, en mars dernier, elles étaient 633 à avoir obtenu la qualification.
Une démarche logique
Près de la moitié d’entre elles sont des exploitations viticoles, situées en Languedoc-Roussillon, Bordelais et Beaujolais. Elles respectaient déjà un cahier des charges «Terre-Avitis», auquel a été annexé le référentiel Agriculture Raisonnée. Mais nous y retrouvons également d’autres profils. Dans la région Centre et Picarde, des exploitants engagés dans la démarche Qualiterre (polyculture, élevage) ; en Champagne Ardennes des producteurs de pommes de terre et, dans les différentes régions françaises, des adhérents du réseau Farre (Forum pour l’Agriculture Raisonnée Respectueuse de l’Environnement).
Pour bon nombre de ces exploitants, la démarche s’est imposée en toute logique. Elle leur permet à l’externe de :
- communiquer (notamment sur les efforts faits pour préserver l’environnement),
- conserver des marchés (filière fruit et légumes),
- gagner des marchés (auprès des GMS, de petites coopératives…),
- négocier avec des clients ou des partenaires des avantages financiers.
Et, en interne de :
- gérer avec précision leur exploitation (notamment au niveau des intrants…),
- préparer la conditionnalité des aides.
Évolution du référentiel
Les promoteurs de l’agriculture raisonnée escomptaient tout de même un ralliement plus important à leur démarche. Si nombre d’exploitations y sont sensibilisées, et ont d’ores et déjà réalisé un premier diagnostic, le coût de l’audit, l’absence de valorisation financière immédiate, les investissements en temps et en équipements freinent l’accession à la qualification. Pourtant, au cours de cette phase de découverte du référentiel, les exploitants s’aperçoivent que le taux de conformité de leur exploitation atteint, en moyenne, près de 80 %.
Aussi, pour conserver sa légitimité et son attractivité, le référentiel Agriculture Raisonnée a évolué depuis un an maintenant.
Il intègre de nouvelles exigences, liées à la conditionnalité des aides dans le cadre de la Pac. Elles concernent la connaissance de l’exploitation et de son environnement, la gestion des sols, la fertilisation et les zones situées sur site Natura 2000.
D’autres exigences, toujours liées à la conditionnalité des aides, viendront compléter le référentiel au fur et à mesure de leur date d’application (à charge des exploitations déjà qualifiées d’apporter la preuve qu’elles y sont conformes).
Le nouveau référentiel est aussi assorti d’exigences territoriales qui concernent les régions Centre, Ile de France, Nord-Pas-de-Calais, Pays de Loire, Picardie et Poitou-Charentes.
Susciter l’adhésion
Pour lever les dernières réticences et obtenir une plus forte adhésion des agriculteurs, qui rappelons-le sont à l’initiative de la démarche, les interventions au sein des filières se multiplient. Certains Conseils Généraux et Régionaux, voir des communes ont même appuyé tout ou partie des frais de diagnostics et/ou d’audits de qualification. Certaines caisses du Crédit Agricole financent 20% des audits qualifiés. Le Ministre a même annoncé un soutien à l’Agriculture Raisonnée, sans toutefois en préciser les modalités.
Quoi qu’il en soit, la démarche existe, se développe et pourra être désormais identifiée par les consommateurs grâce aux panneaux signalétiques qui seront implantés à l’entrée des exploitations. Une bonne façon de communiquer sur la qualité du travail des agriculteurs.
Armelle Féroc
CER BRETAGNE - Morbihan
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