Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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La réussite du désherbage maïs, un défi à relever
 
La bataille de l’après-atrazine déjà engagée depuis plusieurs années reste un défi qu’il faudra relever en 2005 dans l’Ouest. Sans le filet de sécurité de l’atrazine, les résultats dans la culture de maïs ont été plus difficiles à obtenir en 2004. Cela le restera pour 2005 car, d’une part, les persistances et les efficacités ont diminué et d’autre part, de nouvelles adventices apparaissent et sont de plus en plus présentes dans les parcelles. Nous n’avons pas encore inventorié toutes les conséquences du retrait de l’atrazine pour le maïs mais aussi pour les cultures suivantes dans la rotation.
.Le travail du sol, les interventions mécaniques avant la culture (technique du faux semis durant la culture, binage), ou lors de l’interculture, le déchaumage, sont des leviers pour réduire le stock de graines d’adventices dans le sol. Avec le retrait de l’atrazine, c’est bien tout un ensemble de pratiques et d’habitudes qui sont remises en cause avec un retour en force de la technique et de l’agronomie pour garantir une efficacité et une sélectivité suffisantes pour un coût raisonnable.
Dans l’Ouest de la France et particulièrement en Bretagne, l’évolution de la flore est bien réelle avec une diversification vers une flore céréalière plus difficile à maîtriser : à côté des chénopodes et morelles toujours présentes, se développent de nouvelles adventices telles que les renouées des oiseaux, renouées liseron, mercuriales, fumeterre, stellaire, véronique de Perse.

Les programmes "pré + post"

Le temps des stratégies simples et universelles est bien révolu. La stratégie la plus robuste consiste à combiner dans un programme une intervention de pré-levée et une intervention de post-levée. Cette stratégie permet de sécuriser et de maîtriser les coûts. Elle peut constituer une solution transitoire dans l’attente d’une stabilisation des flores. Le traitement de prélevée aura aussi l’avantage de grouper et de retarder les re-levées afin d’avoir un stade des adventices le plus homogène possible .En présence de flore difficile,de graminées estivales, le programme pré + post s’avère indispensable. Par contre, sur une infestation modérée et lorsque la prélevée se fait dans de bonnes conditions, le passage en post-levée n’est pas toujours nécessaire.

Les programmes de post-levée
La stratégie « tout en post-levée" est séduisante car elle permet de choisir les molécules en fonction de la flore adventice. Pourtant, les performances de cette technique sont liées autant aux conditions d’applications qu’à son positionnement (stade des adventices, conditions d’application et doses) et à la faisabilité des passages en post-levée.
Les deux passages en post-levée sont souvent indispensables, quand les relevées sont importantes comme en 2004. Les traitements devront se caler sur les dicotylédones à problèmes (mercuriales et renouées essentiellement) avec une première application assez précoce. Cela suppose aussi d’avoir des sols aptes à recevoir à tout moment les traitements. Le passage unique en post-levée est encore possible en flore simple, pour les maïs à installation rapide ou les semis tardifs.

De bonnes conditions d'application
Quelle que soit la stratégie, les conditions d'application doivent être soignées. En pré-levée, il est nécessaire de suivre les recommandations de doses en fonction du type de sol (notamment la teneur en matière organique) pour des raisons à la fois d’efficacité mais aussi de sélectivité dans les sols filtrants.
Pour garantir une efficacité optimale, plusieurs conditions sont à réunir :
- des sols appuyés et frais, une préparation peu motteuse, une humidité suffisante : 15-20 mm dans les 8-10 jours qui suivent l’application.
- privilégier les applications sitôt après le semis de préférence (dans les 24-48 heures).
En post-levée, les conditions climatiques d’intervention, (hygrométrie de plus de 60%, température entre 10 et 25°C) et de stade optimal des adventices sont capitales pour obtenir une efficacité suffisante. Le stade optimal des adventices est de 6 feuilles maxi pour les dicotylédones traditionnelles, mais de 4 feuilles maxi pour les graminées et les dicotylédones difficiles.

La lutte contre les vivaces

La montée de la pression des vivaces est forte et notamment du liseron des haies. L’utilisation d’hormones, qui a tendance à se généraliser, doit se faire avec le maximum de précautions : stade inférieur à 6 feuilles ou traitement en dirigé, intervention en bonnes conditions météorologiques.
Le désherbage du maïs, en 2005, restera certes difficile en cette deuxième année de l’après-atrazine. Pourtant, le recours aux mélanges autorisés devrait apporter un plus dans l’objectif de repositionnement des spectres vis-à-vis de la nouvelle flore. Enfin, il est maintenant nécessaire d’avoir une approche globale de la gestion et de la maîtrise des adventices à l’échelle de la rotation : déchaumage, faux-semis, binage et interventions mécaniques en interculture.

Joël Thierry Arvalis


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Date de l'article : semaine du N° du 6 au 13 Mai 2005
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