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Al’Earl des quatre chemins, à Plounevez Quintin, la production ovine a réellement démaré en 2003/2004 suite à l’installation de Cécile Nicolas. Son mari, Alain, s'est installé en 1993 avec un atelier de 280 truies (engraissement partiel à l'extérieur). Il tente en 1995, un premier essai avec un troupeau de 100 brebis F1. La tentative ne durera que quelques années : la race est très prolifique mais trop fragile et exigeante en temps, ce qui est difficile à concilier avec un élevage de porcs. Par ailleurs, en 1995, le marché n'était pas porteur.
De l'agneau d'herbe
En 2003, le contexte est tout autre. Les contraintes environnementales sont telles qu'Alain préfère réduire la taille de l'atelier porc à 180 truies plutôt que de construire une station de traitement de lisier. Et Cécile s'installe en bénéficiant de l'opportunité d'une ferme voisine disposant de quelques bâtiments. "Le choix du système de production a été clair dès le départ : nous voulons produire des agneaux à l'herbe, en réduisant au maximum les investissements et les coûts de fonctionnement. Le bâtiment, une ancienne stabulation de 450 m2, est aménagé à moindres frais et le coût des clôtures a été limité à 3 000 euros".
Par contre, l'investissement en cheptel a été bien raisonné. L'objectif est d'avoir une race d'herbage, adaptée au climat et moins fragile que la F1. "Nous avons opté pour le Texel, une race moyennement prolifique (objectif de productivité de 1,5). Elle est maternelle, bonne laitière et bien conformée". L'introduction d'un peu de sang "charmois" par croisement permet d'améliorer encore la rusticité du troupeau et facilite les mises-bas. Actuellement, après les achats réalisés début 2004, (120 euros l'agnelle), l'élevage est actuellement constitué de 220 brebis et agnelles.
Le troupeau est conduit en un seul lot. La lutte démarre fin novembre pour un agnelage d'avril et des ventes à partir de fin août. "C'est à cette période que les cours remontent car il y a moins d'agneaux sur le marché. Il est possible que, par la suite, une petite partie du troupeau produise à contre-saison mais l'agneau d'herbe de fin d'été restera notre créneau essentiel", poursuit Cécile.
Un coût alimentaire faible
"Dans notre système, on essaie de mener les brebis à l'herbe le plus tard possible, y compris l'hiver, si les terres portent suffisamment, notamment dans les parcelles ensemencées en cultures dérobées, après céréales". Pendant la période de gestation, les brebis pâturent en journée et sont rentrées le soir où elles reçoivent en complément du foin et des minéraux. Par contre, les agnelles, encore en croissance, passent l'hiver en bergerie avec une ration de maïs ensilage, de foin et d'aliment complémentaire.
En avril, les mises-bas se passent en bergerie mais également en pâture. L'herbe consommée durant la journée et le complément de foin et de minéraux le soir, suffisent à équilibrer la ration des brebis. "L'intérêt d'un tel système se situe à deux niveaux : le coût alimentaire est réduit et le travail est nettement moins important qu'avec une conduite en bergerie. La majorité des agneaux est finie à l'herbe, seuls les derniers nécessiteront une finition à l'aliment du commerce.» déclare Alain Le coût alimentaire devrait se situer entre 0,8 et 1 euros / kg en système herbe contre 1,50 euro en bergerie. Les agneaux ont deux à trois traitements anti-parasitaires par an (strongles, ténias…) et les brebis, un seul traitement à la rentrée en bergerie.
Dans ce type d'élevage, la réussite repose en partie sur une bonne gestion de l'herbe. "Nous disposons de 15 ha de pâture (permanentes et temporaires)". Le chargement se situe autour de 14 à 15 brebis/ha et les surplus d'herbe sont transformés en foin. "Il faut avoir l'œil sur la pousse de l'herbe et maintenir en permanence une bonne disponibilité car la production laitière des mères et surtout la croissance des agneaux, en été, dépendent de ce bon compromis". Les terres sont ici suffisamment productives et non-séchantes pour assurer une herbe de qualité jusqu'en septembre. L'épandage de lisier de porcs sur prairie permet également de réduire le coût de fertilisation.
L'œil de l'éleveur
"En dehors de l'agnelage où il faut surveiller le troupeau, 8 à 10 fois par jour, le travail nécessité par les 220 brebis est tout à fait compatible avec l'atelier porc. C'est une production intéressante à suivre", estiment les deux éleveurs. Le démarrage de l'atelier (début 2004) est encore trop récent pour disposer de données technico-économiques. La marge brute devrait se situer à 90 euros / brebis, soit 1 350 euros / Ha, avec des charges de structures très réduites. "Actuellement les prix sont attractifs. Nous avons choisi d'avoir des charges de structure faibles et des coûts de production limités, à l'herbe, pour pouvoir dégager un revenu même si, par la suite, les cours chutent". Il faut avoir l'œil et être éleveur. "La production porcine nous a donné l'expérience des naissances, de la "gestion de l'urgence". Comme dans tout type d'élevage, il est indispensable d'être rigoureux dans le suivi des brebis et des agneaux, dans la gestion du parasitisme", soulignent Cécile et Alain.
Patrick Bégos
L'adhésion à la Charte qualité
Dès le départ, ils ont adhéré à la Charte Qualité "CCP SVA" car la quasi-totalité des critères demandés étaient déjà atteints. En 2004, (première année), 62 % des agneaux ont été certifiés. "Notre objectif est d'atteindre 70 à 75 %". En septembre-octobre, la plus value de l’agneau certifié par rapport au standard est au minimum de 0,6 euros par kg. "Il est possible que l'on retarde un peu l'agnelage (en mai plutôt qu'avril) pour bénéficier de ce contexte favorable de prix en fin d'été". Les agneaux sont bien classés (100 % en E U R et seulement 2,9% d'agneaux gras).
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