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Sommaire | " POLITIQUE AGRICOLE " | Article n°5067 |
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Pas d’accord sur le prix du lait
 
Et de deux. Après l’échec de la réunion de l’interprofession laitière du 13 avril, la réunion du 27 avril s’est à nouveau heurtée au désaccord des trois familles de l’interprofession laitière. Il n’y a donc pas de recommandation nationale sur le prix du lait pour le second trimestre. Selon les règles de l’accord de septembre 2004, les données économiques indiquent une baisse du prix du lait de 4,96 euros/1 000 litres sur le second trimestre ; cette tendance tient compte de l’indexation des produits industriels ainsi que des PGC (produits de grande consommation) exportés et de l’évolution de la valorisation des PGC fabriqués et vendus en France. À cette baisse de 4,96 euros/1000 litres peut s’appliquer éventuellement un élément de flexibilité. Ce correctif de 2,40 euros/1000 litres pour le second trimestre ne s’applique que pour les entreprises transformant plus de 35 % de leur lait en produits industriels.
Un double objectif
Pour la FNCL (coopératives laitières), l’objectif de la dernière réunion était double. Il s’agissait de « renforcer la réactivité de l’indicateur PGC utilisé depuis l’accord interprofessionnel de septembre 2004 ». Cet indicateur est pour le moment annuel alors que les variations de valorisation des PGC connaissent maintenant des à-coup d’un mois sur l’autre, explique la fédération. Autre attente de la FNCL : envisager un dispositif de « gestion de crise », pour les entreprises très impliquées dans les secteurs en difficulté (c’est le cas aujourd’hui du lait de consommation, où les prix se sont dernièrement effondrés). Sur le premier point, un accord semblait accessible, indique la FNCL. Sur le second point, « aucune avancée significative n’a pu se faire, ce qui a conduit les trois familles à se séparer en constatant l’impossibilité d’un accord ».
Les régions se réunissent
Les producteurs de lait (FNPL), réunis en conseil d’administration le 28 avril, demandent aux interprofessions régionales, qui se réunissent dans les prochains jours, de s’en tenir à l’application des modalités signées par les trois fédérations nationales (FNIL, FNCL et FNPL) en septembre 2004. « Faute d’accords régionaux, la FNPL et les producteurs de lait en tireront les conséquences et prendront les mesures correspondant à la gravité de la situation », précise un communiqué. Du côté de la Confédération paysanne, « une refonte globale des modalités de fixation des prix du lait est urgente », précise un communiqué. Il s’agit de « tenir compte des coûts de production et d’assurer un revenu aux éleveurs » et d’adapter l’offre et la demande . De son côté, la Coordination Rurale de Bretagne, dans un communiqué estime que les producteurs laitiers sont « otages de la guerre des prix entre les coopératives et les groupes privés ». Elle critique en particulier « certaines coopératives qui ont oublié leur mission et leurs coopérateurs en donnant le premier signal à la baisse des prix ».
Les coopératives s’expriment
Dans un communiqué, la FNCL ( fédération nationale des coopératives laitières) fait le point sur la situation de la filière laitière et la nécessité d’adapter l’accord national de septembre 2004 visant à établir une recommandation d’évolution du prix du lait. L’organisation nationale rappelle que depuis 1997, l’accord reposait sur une hypothèse : les produits de grande consommation sont bien valorisés, les produits industriels engendrent des pertes. Aujourd’hui la donne a changé car certains produits de grande consommation ( lait basique et emmental) représentant 25% du lait collecté, sont mal valorisés alors que certains produits industriels particuliers sont bien valorisés. Les coopératives expliquent ainsi que l’accord de 2004 n’est plus adapté. Partant du principe que les coopératives n’abandonneront pas des zones de collecte et n’importeront pas du lait à bas prix pour rééquilibrer ses comptes, la FNCL conclut alors à la nécessaire possibilité pour les entreprises pénalisées par les produits de grande consommation basiques de bénéficier par exemple d’une réfaction supplémentaire en situation de crise (flexibilité additionnelle). Sur la base actuelle, sans modification, les entreprises « positionnées sur les secteurs en crise négocieront alors avec leurs producteurs l’évolution du prix d’achat de leur lait en fonction de leurs propres capacités à valoriser ce lait sur les marchés » poursuit la fédération des coopératives.
Quelques solutions
La baisse des prix du lait de consommation et de l’emmental est la conséquence de la baisse des prix d’intervention, donc des aides aux entreprises. Par effet « domino », et surcapacités industrielles on aboutit à une offre supérieure à la demande qui tire les prix vers le bas. « Même si les prix ont remonté en 2004, ils restent en dessous de la rentabilité pour les entreprises » note la FNCL. Des coopératives qui rappellent aussi que ces baisses prévues par l’Union européenne sont compensées par des aides. En 2005, la baisse prévue est en moyenne de 5 euros/1000 litres pour une compensation de 12 euros, ce qui laisse une marge même si la flexibilité additionnelle s’applique selon la FNCL. Pour la fédération, la filière laitière vit une rupture « et il faut garder raison ». Et de proposer des solutions : restructuration et adaptation sur lesquelles la coopération travaille, contractualisation avec les producteurs, innovation pour sortir de la banalisation.









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Date de l'article : semaine du N° du 6 au 13 Mai 2005
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