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7heures 30 au sous-centre de Carhaix, Yannig Rolland consulte, sur ordinateur, la liste des élevages qu'il va visiter ce matin. Durant la nuit, le site de l'Arsoe a recueilli les appels des éleveurs via le minitel, internet ou le répondeur téléphonique. Il connecte son "Pocket PC" et charge automatiquement les caractéristiques des vaches concernées, les dernières inséminations, les taureaux choisis lors du planning d'accouplement. A chaque intervention, il aura en main ce petit appareil de la taille d'un carnet.
Cette petite révolution informatique a modifié le travail, et donné un bon coup de main en réduisant les documents papiers. Tout au long de la matinée, avec son stylo électronique, Yannig validera les inséminations réalisées et en soirée, il connectera le Pocket PC au site de l'Arsoe pour "décharger" toutes les informations de la journée. "C'est plus agréable que de consulter des listes papier. En pointant le stylo électronique sur le nom de l'éleveur, on obtient instantanément toutes les informations nécessaires".
Jusqu'à 55 à 60 vaches par jour
8 heures Après avoir chargé sa bonbonne de paillettes, Yannig prend la route de Cléden-Poher. Ce matin, il doit se rendre dans 15 élevages. "De novembre à février, les matinées sont plus chargées avec parfois 25 à 30 élevages, sur des routes humides, parfois enneigées. On court vers les étables prenant à peine le temps de saluer les éleveurs. L'après-midi, on reprend les tournées jusqu'à la nuit. Dans cette période, on peut inséminer jusqu'à 55 à 60 vaches par jour", confie Yannig. Malgré la pression, le geste doit toujours être précis, pour de bons taux de réussite en première IA.
Le territoire du C.I.A. de Plounévézel (29 et 22) est découpé en 60 secteurs avec 3 inséminateurs pour 2 secteurs, de manière à assurer les inséminations du lundi matin au samedi soir et à permettre les congés et les formations. Yannig est inséminateur depuis 11 ans. "Je voulais travailler en Centre Bretagne au contact des éleveurs et de leurs animaux. Ce métier est intéressant et me laisse un peu de souplesse pour m'organiser".
8 h 15, la voiture s'arrête le long de la stabulation. La traite est en cours. Un bonjour rapide et Yannig a déjà en main son "Pocket PC" et son stylo électronique. Il connaît le nom de la vache et du taureau. Il saisit dans la bonbonne d'azote la bonne paillette parmi les 3 500 qu'elle contient et scanne son code barre. "Chaque paillette contient en moyenne 20 millions de spermatozoïdes. Congelée à –196°C dans la bonbonne, elle est ramenée entre 20 et 30 °C après trempage, quelques secondes, dans l'eau tiède". Il introduit la paillette dans le pistolet.
La vache est dans le parc d'attente. Elle est rapidement contenue contre un mur. D'un geste précis, Yannig introduit le pistolet dans le vagin et libère la dose de spermatozoïdes. À son retour à la voiture, il édite le bulletin d'insémination et la facture sur l'imprimante portable. Il échange ensuite quelques mots avec l'éleveur. Et déjà, Yannig démarre pour se rendre dans un autre élevage. 8 h 30. L'opération aura duré moins d'un quart d'heure.
Relation de confiance
Au cours de la matinée, c'est souvent la météo exécrable qui revient dans les conversations et l'inquiétude sur la pousse de l'herbe et les semis de maïs. Les échanges prennent aussi un caractère plus technique. L'augmentation de la fréquence des retours en chaleur, est-ce l'alimentation ? un problème sanitaire ? L'inséminateur a une relation de confiance avec les éleveurs de sa tournée. On le questionne souvent sur tout ce qui touche aux vaches.
Le secteur de Yannig s'étend sur 5 communes au Nord et à l'Ouest de Carhaix avec environ 120 élevages. Il parcourt près de 175 km par jour voire 200 durant les grosses journées d'hiver. "Il faut s'habituer au rythme de travail et garder toujours sa bonne humeur. Avec la baisse du prix du lait, la mise aux normes, l'augmentation de la paperasse et des contrôles, les éleveurs ont de multiples raisons de râler. Malgré tout, les échanges sont intéressants. Le métier est motivant car l'inséminateur a des relations à la fois techniques et commerciales avec ses adhérents".
Patrick Bégos
"Etre à l'écoute et bien s’organiser"
« Les éleveurs veulent être traités au cas par cas et souhaitent que leurs vaches soient inséminées quand elles sont en stabulation. L'hiver, c'est possible mais au printemps, cela devient plus compliqué, tout le monde ne peut pas être servi dans la plage 8 h-11 h. Nous sommes à l'écoute des besoins mais nous devons organiser efficacement les tournées afin de ne pas alourdir les coûts. À l'avenir, il faut maintenir le bon compromis entre le service personnalisé et l'efficacité économique. Dans son métier, l'inséminateur aura de plus en plus un rôle commercial, notamment si la prochaine loi d’orientation confirme la suppression de l’exclusivisme des CIA et autorise la liberté d’intervention»
La qualité des services
À chaque fois que la productivité augmente, le nombre de vaches laitières inséminée diminue. C'est le cas en 2004 ou le nombre d'IAP (insémination première) a baissé de 3 % au CIA de Plounévézel. Cette baisse correspond à 2 postes d'inséminateur. Les baisses d'activité ont pour le moment été compensées par des nouveaux créneaux comme l'échographie en porcs et bovins. Les CIA misent sur la qualité des services apportés et la confiance de leurs adhérents.
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