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Soucieux de communiquer auprès de leurs voisins, les producteurs d'endives nord finistériens ont organisé une rencontre dans leur zone de production le 2 avril dernier. "La Bretagne réalise 8% de la production française. Les deux communes de Plouneour-Trez et de Kerlouan représentent 50% des 80 producteurs d'endives dans le Finistère. En 2004, l'endive a généré 500 emplois", ont expliqué les professionnels. Dans un premier temps, le grand public a découvert la station "La côte des légendes", située à Kerlouan, où sont réceptionnées, agréées, stockées pendant une nuit et expédiées les endives Prince de Bretagne.
Récolte manuelle
Les visiteurs ont ensuite pu mieux comprendre les techniques de production du légume. "L'endive se sème en mai et poursuit sa croissance tout l'été. La racine est arrachée de septembre à novembre, puis conservée en frigo", ont détaillé les producteurs qui avaient ouvert les portes de leurs exploitations. "A la sortie du frigo, les racines sont alignées dans des bacs placés en chambres noires climatisées. A la base de la racine, un bourgeon émerge et donnera après 21 jours, une endive blanche, craquante et propre".
Les producteurs ont précisé que la récolte était toujours manuelle de nos jours. "On "casse" le chicon de la racine, on enlève les feuilles extérieures, puis on conditionne les légumes en cartons, sachets ou barquettes". Déjà engagée depuis plusieurs années, la segmentation des conditionnements et des produits (mini endive, carmine) fait partie des priorités décidées par les producteurs lors de leur séminaire en juin dernier. Une façon de se différencier face à la concurrence.
La racine pour le bétail
La journée-rencontre s'est poursuivie à l'Ireo de Lesneven où était présenté l'historique de la production dans la région avec notamment le témoignage d'Alain Jaouen, agriculteur qui a implanté la culture de l'endive dans les années 50 autour de Méneham, un village de Kerlouan. Très vite, les habitants de ce village se sont lancés dans cette culture, intéressés par la double valorisation de l'endive : le chicon pour la vente à la consommation et la racine en alimentation pour le bétail. A l'époque, les racines sont plantées dans le sable des dunes et le nettoyage se fait avec des brosses douces.
Dans les années 60-75, les exploitations sont organisées et l'endive, cultivée sur moins d'un hectare par exploitation, devient un complément de revenu. "Les racines sont mises en fosse près des exploitations et recouvertes de sable. Certains producteurs mettent en place un réseau électrique pour apporter de la chaleur au sable. D'autres se regroupent et ouvrent des laveries pour le nettoyage", racontent les professionnels. Sur cette période, 1 000 à 1 500 producteurs réalisent entre 3 000 et 5 000 tonnes dans le Finistère.
La filière prend réellement son essor sur les années 1975-1990 avec la culture en chambre noire qui se développe et se professionnalise. La commercialisation est assurée officiellement par le cadran de Saint-Pol-de-Léon et en 1976, les producteurs élisent leurs représentants professionnels, créant la section endive du Cérafel, le Comité économique fruits et légumes de Bretagne. En 1980, le Finistère compte 650 producteurs qui mettent à la vente entre 7 000 et 10 000 tonnes d'endives. Aujourd'hui, les quantités produites se situent autour de 18 000 tonnes. Maintenir ce seuil constitue un challenge pour les producteurs en place.
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