Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Côtes d'Armor (22)
La caisse de Bretagne de Crédit agricole mutuel reste engagée aux côtés des agriculteurs
 
C’est dans un contexte économique délicat que la caisse de Bretagne de Crédit agricole mutuel a évolué sur l’année 2004. Anne-Françoise Trébéden, présidente de la section costarmoricaine, a rappelé, lors de l’assemblée générale qui s’est tenue mercredi 20 avril à Quintin, que les agriculteurs, au-delà des problèmes de conjoncture, vivaient une crise de confiance, confrontés à la nouvelle PAC et à son système complexe de DPU. « Elle entraîne un certain attentisme, freine les investissements ».
Les chiffres présentés lors de cette assemblée illustrent cette morosité économique du secteur agricole. Les réalisations de prêts (long, moyen et court terme) sur les 4 départements ont fortement régressé. La diminution est particulièrement marquée dans le secteur de l’investissement en bâtiments agricoles. «La mise en chantier de bâtiments agricoles a baissé de 5,4 % sur la Bretagne et de 9 % en Côtes d’Armor. L’immatriculation des tracteurs recule aussi de 5,8 % », explique Jean-Claude Boyer, responsable du marché agricole. Le nombre des installations de jeunes demeure par contre stable autour de 500 JA sur la région. Les Côtes d’Armor progressent avec 148 installations aidées sur 2004. La Caisse de Bretagne a financé 19 % des installations bretonnes et 20,3 % des installations costarmoricaines. «Sur 10 ans, nous préservons notre part de marchés autour de 22% ».
Foi en l’avenir

Une situation nouvelle qui conduit les organismes bancaires à se montrer encore plus attentifs et parfois plus prudents. Fermement, Anne-Françoise Trébéden a rejeté la rumeur de frilosité de l’organisme bancaire : « Notre objectif est de permettre aux agriculteurs que nous finançons de vivre dignement. Les filets de sécurité constitués par les soutiens communautaires n’existent plus. Nous devons en tenir compte en nous appuyant sur un minimum d’autofinancement tout en gardant la souplesse nécessaire, dans le respect mutuel des intérêts des sociétaires et de l’institution ». Persuadée en outre que, dans ce contexte délicat, l’accompagnement humain revêt un caractère particulièrement important. « La notion de mutualisme garde toute sa dimension ».
Malgré ces périodes d’incertitudes et de doutes, la banque n’en garde pas moins foi en l’avenir. « Nous sommes attachés au métier d’agriculteur et au développement économique de la région ». Après avoir rappelé que la caisse de Bretagne n’avait pas souhaité donner suite à un projet de marché à terme du porc, Anne-Françoise Trébéden, a mis en évidence que la banque réfléchissait à de nouveaux produits pour accompagner les agriculteurs (par exemple à un système d’avance sur primes PAC et lait). Elle a conclu sur un message positif. « Il y a un avenir pour l’agriculture bretonne. La population mondiale ne cesse de croître et le pouvoir d’achat va progresser dans certains pays. Nous devons être prêts à relever les défis et à tenir notre place ».

Repères

- En Bretagne, le CMB compte 16 000 comptes professionnels agricoles.
- Sur 2004, sur la région, il a réalisé 207 millions d’euros de prêts dont 43 % pour le matériel, 26 % pour les bâtiments d’élevage, 4 % pour les installations JA.
- Les ouvertures de crédits sont restées stables (amélioration en fin d’année avec le versement des primes PAC et lait).

Christian Reccia : «Nous avons mis en place de la sur-qualité non repérée par le consommateur»

Christian Reccia, président de l’association Prévention-éducation pour la Santé, invité de l’assemblée générale, s’est livré à un plaidoyer très flatteur de l’agriculture bretonne et des agriculteurs. « Nos concitoyens sont plus consommateurs que citoyens. Ils ne savent pas apprécier la qualité des produits mis à leur disposition ». Il les invite à chaque fois qu’ils achètent un produit, à intégrer dans leur démarche le fait que le produit est issu d’une exploitation avec un producteur qui a fait l’effort de le produire dans de bonnes conditions sanitaires et environnementales. Petit coup de griffes au passage aux politiques et responsables de collectivités «qui polarisent les problèmes environnementaux sur l’agriculture, pour mieux masquer les autres pollutions engendrées par la société en général et qui pourraient avoir des conséquences plus graves ». Il cite l’exemple de la dioxine. «Les éleveurs concernés n’étaient pas responsables, mais ils ont subi les conséquences ».

Il poursuit : « Nous avons mis en place de la sur-qualité non repérée par le consommateur ». Poussant « un coup de gueule » contre la dérive qui fait que la part des produits importés intégrés dans les plats préparés ne fait que s’accroître. « Une pizza contenait, il y a 10 ans, 56 % de produits locaux; Elle n’en contient aujourd’hui que 17 % ». Colère aussi contre la profession médicale dont il fait pourtant partie. « Les préconisations qui sont divulguées concernent les personnes qui ont des problèmes de santé, pas les bien-portants ». Visés notamment les substituts au beurre. Il plaide pour une alimentation à base de produits natifs, c’est-à-dire pas ou peu transformés, associée à un retour à un équilibre alimentaire.

Son crédo passe aussi par la communication et la transparence. « Les consommateurs ignorent vos efforts et vos engagements que ce soit sur l’environnement ou dans des démarches qualité. Vous n’avez rien à cacher. Il faut leur faire comprendre que vous leur fournissez de la qualité, mais aussi que cette qualité a un prix».

Pierre Dénès


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Date de l'article : semaine du N° du 29 Avril au 6 Mai 2005
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