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Comme chaque année, le Service Études, Références et Prospective du CER a présenté les résultats des différentes productions de ses adhérents pour l'année 2004. Cette semaine, les résultats des producteurs de lait. Ne sont pris en compte que les producteurs spécialisés, dont l'exploitation fait en moyenne 56 ha pour 279 000 litres de lait, avec 1,65 UTH.
Plus de produits
et de revenu
Pour l'année 2004, les producteurs craignaient à juste titre une baisse nette (prix + aide directe) des livraisons de lait. Cela n'a pas été le cas puisque l'aide a même plus que compensé le prix payé par les laiteries. Dans le même temps, les autres produits liés à l'atelier laitier ont également un peu progressé. C'est le cas pour les vaches de réforme et les veaux et aussi surtout pour les stocks fourragers, après l'année difficile de 2003. Au total, l'amélioration des produits a été 19 euros/1 000 litres (pour un échantillon constant).
Dans le même temps, les charges ont été maîtrisées, ce qui permet une amélioration du revenu courant par UTH, avec 14 100 euros de moyenne pour les clôtures du second semestre 2004 contre 10 600 un an plus tôt. (voir graphique)
Mais comme toujours, et même de plus en plus, on constate une dispersion des résultats avec de moins en moins de résultats autour de la moyenne. Ainsi, pendant que le quart supérieur est à 22 400 euros par UTH, le quart inférieur se contente de 5 760, soit près de 4 fois moins.
Coût de production
à la hausse
Chaque année, le CER calcule le coût de production (observé en comptabilité) et le prix de revient chez les éleveurs spécialisés.
Pour l'année 2004 (clôtures du 1er semestre), il s'établit à 267 euros aux 1 000 litres, contre 262,3 un an plus tôt, soit une progression de 1,8%. La plupart des postes de charges progressent et en particulier les coûts alimentaires (fourrages et concentrés) et la mécanisation et bâtiment. Ce dernier poste ne risque pas de baisser les prochaines années avec les mises aux normes à réaliser chez de nombreux éleveurs.
Le coût de revient, qui inclut en plus la rémunération du travail familial et celle des capitaux, progresse dans les mêmes proportions pour s'établir à 365,9 euros aux 1 000 litres. Un niveau que beaucoup d'éleveurs ne couvrent pas.
La productivité
de la main-d'oeuvre prépondérante
Au-delà du constat comptable, les ingénieurs du Service Études du CER ont cherché à analyser les facteurs clés pour un bon revenu par travailleur. Ils ont pour cela classé les résultats en fonction de divers critères.
Ainsi tout d'abord en fonction du prix payé au litre de lait. S'il apparaît qu'il vaut évidemment mieux avoir un prix élevé qu'un prix bas, ce n'est pas un critère essentiel. La recherche d'un prix maximum ne se justifie pas systématiquement car les derniers grammes de matière utile peuvent ne pas être rentabilisés.
Pour la production par vache, les meilleurs résultats se retrouvent dans les niveaux bons à élevés, mais au-delà de 7 000 litres il ne semble plus y avoir de fortunes à faire.
Ce n'est pas non plus dans le système fourrager qu'il faut chercher la solution. Quel que soit le nombre d'ares d'herbe par vache, il n'apparaît aucune différence globale.
Le volume de quota par exploitation a-t’il une incidence importante ? Oui, il y a une relation assez étroite entre le revenu courant par UTH et le quota de l'exploitation (par ex. 8 600 euros pour 180 000 litres et 11 900 pour 280 000 litres) mais, au-delà d'un certain niveau (300 000 ?), le revenu n'augmente pas du tout dans les mêmes proportions.
Le critère le plus important est en fait la quantité de lait produite par UTH, autrement dit aussi, le quota par UTH, qui traduit la productivité de la main-d'oeuvre. Ainsi un quota de 117 000 litres par UTH donne un résultat courant par travailleur de 8 200 euros, alors qu'un quota de 254 000 litres procure un résultat de 15 700 euros, soit près du double.
Pour peu que l'éleveur cumule coût de production bas et productivité de la main-d'oeuvre, le revenu a toutes chances d'être parmi les plus élevés. L'intérêt de la productivité peut cependant parfois être limité par les coûts d'investissements, qui se traduisent par des amortissements élevés.
Jean Louis Le Rest
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