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Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 29 | Article n°5037 |
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Finistère (29)
La concurrence sur le foncier inquiète la Chambre d'agriculture
 
La gestion partagée de l'espace, plébiscitée au Forum de Brest par l'architecte urbain, Roland Castro, fait encore, et sans doute pour longtemps, partie des "utopies concrètes". En zone rurale, cet épineux problème du partage de l'espace redouble avec la récente pression foncière exercée par l'urbanisation galopante des bourgs ruraux et l'acquisition de propriétés par les néo-ruraux (nouveaux ruraux).

Des intérêts qui évoluent

Mais il n'y a pas que "les autres". Autrement dit, la rivalité d'intérêts existe aussi entre agriculteurs eux-mêmes. Par exemple, entre le jeune installé qui souhaite exercer librement son activité et le jeune retraité qui veut valoriser au mieux son patrimoine (vente de corps de ferme avec 1 ha ou 2, aménagement de gîtes…). Sans parler de ce que tout cela entraîne : un corps de ferme au cœur d'une exploitation a des incidences sur les constructions agricoles futures ; une maison au milieu d'un champ grignote les surfaces d'épandage… Sans parler des conflits d'usage qui naissent sur une bouse de vache ou sous prétexte qu'un coq chante trop fort.
Rien que du compliqué donc. Et l'on sent bien la prudence des élus de la Chambre sur ce dossier sensible du foncier. Dossier où l'on imagine fort bien les pressions internes venant de toutes parts. Des agriculteurs qui comprennent difficilement certains obstacles relatifs à la construction de leur propre maison d'habitation à proximité de leurs bâtiments exploitation. Du réseau des gîtes ruraux qui a très rapidement fait connaître ses réserves. Des tenants de l'agriculture de diversification qui ont aussi fait part de leur droit de coexister.

Fixer les règles en amont

Une avancée a eu lieu sur ce dernier point, "même s'il faudra être vigilant pour trier les vraies unités économiques, des prétextes pour venir construire à la campagne", analyse Françoise Louarn, vice-présidente. Et Jacques Jaouen, président, de rappeler la ligne de conduite de la Chambre : "Le socle et la base du métier des agriculteurs finistériens doivent continuer à s'appuyer sur une agriculture rentable réalisée au sein d'entreprises performantes économi-
quement et socialement, et développant la valeur ajoutée et l'emploi sur le territoire".

D'un autre côté de la borne, l'agriculture peut avoir le pion damé par des maires de communes rurales qui cherchent à remplir leurs écoles et donc souhaitent le développement de l'habitat dans les campagnes. Un élément de plus qui conduit la Chambre d'agriculture à préférer les communes qui établissent un PLU (Plan local d'urbanisme), associé à un diagnostic agricole, à celles qui se contentent de carte communale. "Il est en effet très important de fixer les règles du jeu en amont. La difficulté étant d'éviter que par des révisions successives, les enjeux de départ soient revus à la hausse et donnent raison aux spéculateurs".
Dans ce champ miné du foncier, l'équipe de Jacques Jaouen porte là un des dossiers les plus sensibles du mandat. Mais une chose est sûre : une agriculture économiquement performante ne se fera pas sans terres. La Charte proposée ne plaira donc pas à tout le monde, y compris à certains agriculteurs. Ce qui fait dire à Lydie Le Bourg, chargée du dossier de la communication : "Ce que la charte imposera à tous, il faudra aussi savoir se l'imposer". C'est ce qu'on appelle un bon début de gestion concertée.

Le problème en chiffres

- Les agriculteurs représentent 2 % de la population finistérienne et utilisent 58 % de la surface
- Les surfaces artificialisées (sols bâtis, pelouses, routes…) progressent de 20 % (+ 60 000 ha en 10 ans)
- Entre 1992 et 2002, la SAU du Finistère a baissé de 8 % et le nombre d'exploitations de 41 %
- Croissance de 30 % l'habitat : 5 000 logements individuels et 1 200 logements collectifs mis en chantier en 2004
- La moyenne d'un terrain à bâtir : 1 200 m2
- Augmentation des prix de terrains à bâtir : + 25 % en 4 ans (la spéculation sur le terrain à bâtir peut-être tentante y compris chez les agriculteurs).
- Le prix du foncier agricole augmente.

Les raisons

- L'excédent migratoire augmente (1/3 des migrants viennent de l'Ile de France)
- Le département est à forte image touristique (de nombreuses résidences secondaires, développement des résidences à la campagne dans l'espoir d'une nouvelle source de revenus)
- Les fermes sont transformées en hameaux ruraux non-agricoles
- Les jeunes ménages et les personnes défavorisées ont plus de difficultés pour accéder à la propriété : la demande se déplace donc vers les communes rurales.

Didier Le Du

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Date de l'article : semaine du N° du 22 au 29 Avril 2005
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