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C’est une figure du syndicalisme départemental qui a tourné, lundi, la page de son engagement à la Fdsea. Jean Barbier a en effet présidé sa dernière assemblée de la section des anciens exploitants. Une réunion suivie par près de 300 adhérents de la section, empreinte d’une certaine émotion, mais pleine de dynamisme à l’image du personnage.
Nos acquis
Engagé local dès son plus jeune âge, Jean Barbier a franchi les portes du syndicalisme agricole départemental dès 1966, en entrant au sein du conseil d’administration de la Fdsea. Il ne le quittera que 25 ans plus tard, avant d’y revenir pour quelques années supplémentaires, par le biais de la section des anciens exploitants au départ d’André Bléjean en 1994.
Connu et reconnu, il a su donner à la section des anciens exploitants une étonnante vitalité que lui envient les plus jeunes, faisant passant en une dizaine d’années les adhésions de 25 à plus de 1100 anciens exploitants. Pas de secret pour lui, les réunions sur le terrain pour aller expliquer la nécessité de la mobilisation pour obtenir la revalorisation des retraites, la prise en compte des veuves, la retraite complémentaire… N’hésitant pas à s’appuyer sur différents partenaires (Groupama, Mutualité sociale, Banques …) pour évoquer les problèmes de sécurité, de dépendance, de donation …
Et si tout n’est pas parfait, les résultats sont là et il n’a pas ménagé dans son rapport d’orientation ceux qui voudraient jouer les récupérateurs des acquis. « C’est notre mobilisation à tous qui a permis de faire évoluer favorablement tous ces dossiers, et vous pouvez en être fiers, même s’il reste encore des laissés pour compte et des problèmes à résoudre. Ce sera le travail de la prochaine équipe».
Toujours engagé
«Jean est un complice de 30 ans» a rappelé Jean Salmon, le président de la Chambre d’agriculture avant de retracer la carrière de Jean Barbier. Il a d’abord salué le paysan, producteur de lait et de porc sur une exploitation moyenne (25 ha) avec Monique, « une épouse discrète qui a toujours été là pour le suppléer sur l’exploitation lorsqu’il était appelé à ses nombreuses responsabilités ». Il a notamment été président de la commission économique de la Chambre d‘agriculture, trésorier de la Fédération nationale des producteurs de lait, administrateur de la Mutualité sociale agricole.
Mais c’est de toute évidence sur le dossier laitier qu’il s’est le plus distingué en gérant des périodes très délicates comme la grève du lait de 1972, la taxe de coresponsabilité 1978, les quotas en 1983/1984 ou encore les MCM. «Tu es de ceux qui ont porté la Bretagne agricole vers le haut. Certains esprits chagrins le contestent aujourd’hui, mais c’est aussi parce qu’ils ont le choix entre deux assiettes alors qu’à l’époque l’objectif était d’en remplir une».
Militant infatigable, il a toujours su joindre ses actes à ses convictions. Jean Salmon a d’ailleurs souligné pour l’exemple «l’énergie qu’il a déployé pour permettre l’installation de son successeur dans les meilleures conditions». Bien que ne présidant plus la section, il reste un militant engagé du monde paysan qui n’a pas peur de dévoiler ses opinions, lorsqu’il juge qu’il s’agit de l’intérêt de l’agriculture. Là encore lundi à deux reprises, il a montré la voie en appelant les agriculteurs et les anciens agriculteurs à voter favorablement à la constitution européenne «pour ne pas se faire ridiculiser par les autres pays », et en prenant clairement position pour que les DPU (Droits à paiement unique) soient réservés aux agriculteurs en activité.
A bientôt 75 ans, Jean Barbier n’a pas pour autant dit son dernier mot. Il reste membre de la Chambre d’agriculture et consacre une partie de son temps à son activité de conciliateur.
Olivier Allain , président de la Fdsea
L’intérêt de l’agriculture, c’est de voter oui
Prenant la parole au terme de l’assemblée générale de la section des anciens exploitants, Olivier Allain a conclu sur le vote de la Constitution européenne. Sans ambiguïté, il a appelé agriculteurs et anciens agriculteurs à voter favorablement. « Un vote négatif nous placerait dans une situation inconfortable ». Il argumente sur les sommes importantes allouées au budget agricole jusqu’en 2013, dont la France et l’Allemagne sont les principaux bénéficiaires. «Certains pourraient être tentés de réorienter ces fonds si nous disions non à l’Europe».
Pierre Dénès
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