Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Morbihan (56)
La Pie Rouge morbihannaise n'a pas à rougir
 
Les 16 meilleures vaches actuelles de la race Pie Rouge concouraient à Paris au Salon de l'agriculture le 1er mars dernier. Une sélection très stricte réalisée par l'Upra de la race. Des vaches sélectionnées sur leur morphologie, mais aussi sur des critères de production élevés, comme le TP par exemple avec un minimum de 32 g.
Parmi ces 16 vaches, quatre du Morbihan vont monter sur le podium (voir tableau). Tout d'abord la Grande Championne Orchidée à René Nicolas (Le Sourn), une vache tout à fait exceptionnelle et habituée des podiums. Mais elle est loin d'être un cas isolé. Tradition à Bruno Le Meur (Bréhan), une jeune vache en 1ère lactation, remporte le prix de meilleure mamelle. Michaelmas, au Gaec des 3 Villes (Cobigo) à Guégon est sacrée meilleure laitière (synthèse de production, conformation et conservation). À ces trois grands prix, il faut encore rajouter un premier prix de section pour Tina, une vache en 1ère lactation , au Gaec des 3-Villes.
Rarement un département avait obtenu un tel résultat d'ensemble, preuve que le Morbihan, non seulement n'a pas à rougir en Pie Rouge, mais peut être fier de la qualité de son cheptel et de ses éleveurs. Les trois éleveurs concernés ont des cheptels entièrement en Pie Rouge, ce qui n'est pas le cas d'une majorité d'éleveurs qui possèdent des animaux de la race (voir tableau).
Une Pie Rouge des Plaines européenne
Si la Pie Rouge morbihannaise est à ce niveau, ce n'est pas du tout le fruit du hasard. Il y a tout d'abord bien sûr la passion et la qualité des éleveurs qui ont su faire évoluer la race. Ils ont su utiliser une part de Holstein rouge, ce qui a permis d'améliorer sensiblement la production et la mamelle, tout en conservant une conformation, un très bon niveau de TP (voir tableau des 4 vaches) et une bonne fertilité : "En 20 ans, la race a beaucoup évolué, affirment les éleveurs et aujourd'hui ceux qui ont de la Pie Rouge n'ont aucune raison de changer de race", affirment les lauréats du concours au Salon. "Et même si la valorisation du TP diminue, son niveau génétique restera intéressant car son extériorisation coûtera moins cher", rajoute René Nicolas.
Ces évolutions positives sont également dues à l'utilisation de la meilleure génétique disponible : "Nous piochons les bons taureaux là où ils sont, parmi les nôtres mais aussi en Allemagne et Hollande. Les Allemands sont bons en morphologie car ils vendent beaucoup et les Hollandais apportent plus de lait". Ces apports de la génétique étrangère ont fait de la Pie Rouge des Plaines (de l'Ouest) de départ une Pie Rouge européenne.
Pourtant, loin d'être de simples cueilleurs de génétique étrangère, les éleveurs participent également à l'effort de testage. Les trois "Parisiens" réalisent ainsi entre 25 et 30% d'inséminations de testage.
Pour l'avenir, ils souhaitent surtout une vache qui ne leur cause pas de souci : "Avec l'augmentation de la taille des troupeaux par éleveur, la vache la plus rentable sera celle qui n'aura pas de problème. Pour cela, il faut une vache complète, sans défaut majeur, avec une bonne production, une bonne fertilité pour de la longévité ..."

Déficit d'image et de promotion
Avec toutes ces qualités, comment expliquer que la Pie Rouge reste très minoritaire ? Pour les responsables de la race, elle a surtout souffert d'un manque d'image, avec des efforts de promotion insuffisants. Une promotion qui ne peut pas non plus avoir des moyens considérables quand la race est minoritaire.
En allant au concours de Paris, les éleveurs morbihannais ont largement participé à cette promotion. Mais il faudrait qu'ils soient bien plus à se sentir concernés par les concours qui restent une excellente vitrine pour les races. Dans le Morbihan comme dans les autres départements, il y a bien d'autres éleveurs qui ont d'excellents animaux Pie Rouge que l'on aimerait bien voir sortir de chez eux. Comme il faudrait aussi que les éleveurs acceptent plus facilement de vendre des animaux, y compris les meilleurs, pour permettre à d'autres de s'installer avec cette race ou de l'améliorer dans leurs troupeaux.

REPÈRES
La Pie Rouge est la 3ème race du Morbihan avec 2,5 % des effectifs contrôlés. 32 élevages ont plus de 80% du troupeau en Pie Rouge. Ils ont des troupeaux plus grands que la moyenne.
Les productions moyennes (en 2004) ont été de 6772 kg à 42,5 de TB et 32,7 de TP.
L'âge moyen au premier vêlage est de 30 mois avec un niveau de 24,4 litres (32,6 pour les multipares).
Le % de réussite en première IA (sur vaches mises à la repro) est de 47 (35 en Prim'Holstein).

Jean Louis Le Rest


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Date de l'article : semaine du N° du 15 au 22 Avril 2005
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