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Après deux campagnes favorables en 2002 et 2003, l'année 2004 représente la plus mauvaise saison de notre histoire avec des prix continuellement en retrait en tomate. Le chiffre d'affaires a chuté de 16%", note d'emblée Jean-Claude Le Gall, président de Saveol, en expliquant les raisons de cette crise : "Tous les bassins producteurs européens ont connu des conditions favorables et, du fait des bonnes années précédentes, de nombreux outils ont été recentrés sur la tomate. Les volumes apportés sur le marché ont donc été conséquents, alors que la consommation était freinée par le climat irrégulier et le manque d'ensoleillement et de température".
La fusion pour préparer l'avenir
Année à oublier économiquement, 2004 restera toutefois marquée par une étape importante : la fusion, le 18 juin, du Groupement maraîcher brestois, de la Presqu'île, de la Société maraîchère de l'Ouest et des producteurs de tomates du Val Nantais. "La recherche de l'unité a permis de surmonter les différences pour mieux préparer l'avenir".
La nouvelle structure, baptisée Saveol SCA, tenait sa première assemblée générale le 8 avril à Brest, affichant un résultat négatif (- 730 000 euros), reflet des difficultés en fruits, légumes et horticulture en 2004. "Globalement, les producteurs ont reçu 15 millions d'euros de moins, ce qui correspond environ à 70 000 euros par ha. Les exploitations se situent en moyenne en dessous de leurs points d'équilibre".
Dans cette situation difficile, Jean-Claude Le Gall et François Quéré, directeur général de Saveol, se satisfont toutefois des orientations prises au sein de leur organisation. Les pertes économiques en 2004 ont été limitées par la campagne précoce de fraises et la segmentation stratégique de l'offre tomates qui a mieux résisté que le vrac et la grappe. "Et ceci, malgré des coûts de production plus importants. Ce sont vraiment ces créneaux, représentant le 1/3 des volumes en tomates, qui nous différencient de la concurrence".
L'offre Saveol compte aujourd'hui 18 types de tomates et plus de 80 références (différents conditionnements). Parmi les nouveautés, l'entreprise propose les Sun Délices (cerises oblongues), les Bellaroma (juteuses) et les Succulentes (très sucrées). Ces trois variétés sont cette année réalisées sur de petites surfaces (1 à 1,5 ha). "Les nouveaux produits demandent la mise au point de techniques spécifiques (climat, conduite…). Progressivement, les surfaces peuvent être augmentées en fonction de la demande", expliquent les responsables.
Spécialisation des sites
De nouvelles barquettes mettent en valeur les tomates en les présentant sur un seul étage. D'autres contiennent une séparation pour préserver les produits. Pour plus d'efficacité dans la mise en barquette, les différents sites de conditionnement ont été spécialisés. 1,2 million d'euros y ont été investis (lignes de conditionnement, stockage…). Pour placer les nouveaux produits en grande distribution, deux promoteurs de vente vont à la rencontre des chefs de rayon dans le Sud-Est, la région parisienne et le Nord.
Représentant 15% de la valeur fruits et légumes, l'export était en léger recul sur 2004. "Le marché allemand est la principale destination, avec une progression sur l'Italie et l'Espagne. Des opportunités existent aussi en Grande-Bretagne et au Luxembourg", précise Jean-Claude Le Gall. "L'objectif de 20% à l'export reste d'actualité".
Quelques chiffres sur 2004
- Chiffre d'affaires : 111,2 millions d'euros.
- Tomates : 72 900 tonnes sur 182 ha.
- Fraises : 1280 tonnes produites dont 60% en mars-avril-mai.
- Concombres : production de 1200 tonnes (-30%) avec des surfaces et des prix stables.
- Poivrons : 300 tonnes produites et arrêt de production sur 2005. La qualité du produit est reconnue par les clients, mais la rentabilité fait défaut.
- Fleurs : baisse d'activité de 18,5% due à des diminutions de surfaces. Production de 20 millions de tiges. Chiffre d'affaires de 6,1 millions d'euros. Le secteur est touché par la globalisation des échanges qui entraîne une compétition sur les prix dévastatrice.
- 173 maraîchers adhérant à Saveol répartis sur les sites de Guipavas, Plougastel-Daoulas et le Val Nantais (Nantes).
- Surface totale exploitée : 235 ha de serres.
- Effectif permanent : 250 emplois équivalent temps plein dans les stations de conditionnement, l'équipe technique, commerciale et administrative.
- 2100 emplois directs générés par le groupe (serres et coopératives).
Agnès Cussonneau
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