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SOMMAIRE DU DOSSIER
- LA QUALITÉ DU PÂTURAGE PASSE PAR LA FAUCHE
- La valeur de l'herbe fait celle du foin
- Les chemins de la réussite du foin
- Une grande largeur de travail plutôt que la vitesse pour gagner en débit de chantier
- Le matériel de fenaison se spécialise
- Le séchage en grange pour un foin appétent et riche
- Gaec du Wern à Ploubezre (22) : Le foin est séché avec des plaquettes de bois
La qualité du pâturage passe par la fauche
Dans tous les systèmes fourragers, il faut d'abord valoriser au maximum l'herbe par le pâturage.
Sauf si le nombre d'ares d'herbe par vache est très limité, la fauche est obligatoire pour bien pâturer.
Il n'est pas besoin de démontrer que la meilleure valorisation technique et économique de l'herbe se fait par le pâturage. Certes, sur beaucoup d'exploitations, il peut y avoir des parcelles, éloignées ou non accessibles, qui doivent être récoltées mécaniquement et contribuent à la constitution des stocks. Mais, pour les autres parcelles, sauf en systèmes très herbagers, l'objectif premier de la fauche ne doit pas être de constituer des stocks mais de dégager des excédents momentanés pour favoriser la bonne qualité du pâturage.
Selon la surface
en herbe
Selon la surface d'herbe pâturée par les vaches, les surfaces à faucher seront très différentes. Les mesures réalisées depuis plusieurs années par les EDE-Chambre d'agriculture dans le cadre de "Pâture Plus" ont permis d'affiner les données. Ainsi par exemple au mois de mai, la pousse de l'herbe est en général comprise entre 60 et 80 kg de matière sèche par hectare et par jour.
Avec de telles pousses, il suffit de 25 ares d'herbe par vache pour satisfaire largement les besoins. Si le système n’a que cette surface par vache, il n'y aura pratiquement pas de fauche à réaliser si ce n'est sur l'une ou l'autre parcelle pour maîtriser les épis (en particulier s'il y a certaines espèces comme le dactyle).
Avec 50 ares d'herbe par vache, le stock d'herbe sur pied augmente avec 30 kg de pousse journalière, un niveau qui est atteint en général partout dès le début avril. En pratique, il sera alors nécessaire de faucher à peu près la moitié de la surface de pâturage, tout en gardant un peu d'avance d'herbe à pâturer. Dans ce cas, l'idéal est de faucher en deux fois avec la première coupe assez précocément, ce qui en pratique veut dire en ensilage, permettant aussi des repousses rapides. L'autre fauche sera plus ponctuelle, sur des surfaces plus limitées, en enrubannage ou en foin.
Enfin, dans les systèmes plus herbagers (70 ares d'herbe par vache), presque toute la surface sera à faucher, avec l'organisation de 3 chantiers ou plus, le premier se faisant en ensilage coupe fine de préférence. Dans cette situation, les stocks d'hiver (environ 2 tonnes de MS par vache) seront naturellement constitués essentiellement d'ensilage d'herbe ou de foin.
Ensilage ou foin
Quel que soit le mode de récolte des excédents d'herbe, la fauche doit permettre de maîtriser les épis quand le pâturage n'a pas permis de le faire. Ainsi, pour le ray grass anglais (en général tardif) toutes les parcelles doivent être soit pâturées ou fauchées entre le début mai et le début juin pour couper les épis et assurer par la suite une repousse entièrement feuillue.
La fauche doit aussi permettre de bonnes repousses et un étalement de celles-ci. Ce qui, dans le cas de surfaces en herbe importantes nécessite de réaliser des chantiers étalés avec parfois des rendements limités. Reste alors à choisir le type de stocks que l'on souhaite ou que l'on peut réaliser.
Sur le plan zootechnique, l'ensilage coupe fine est le plus performant pour la production laitière (surtout s'il est un peu ressuyé). Associé l'hiver à du maïs à raison de 5 à 6 kg de MS, il permet des performances comparables au maïs seul et un meilleur équilibre de la ration en PDI.
L'enrubannage et le foin sont un peu moins favorables au lait, mais les taux sont un peu plus élevés. Par contre, pour des animaux en croissance (génisses), ils permettent des performances plutôt supérieures. Ainsi sur génisses, un enrubannage ou un bon foin équilibrés en azote peuvent permettre des croissances supérieures à 700 g / jour. De plus, l'un et l'autre ont une grande souplesse d'utilisation pour tous les types de bovins. Sur le plan pratique, s'il y a une part importante d'herbe dans le système fourrager, la première intervention de fauche se fera en ensilage (éventuellement un peu ressuyé) car il est difficile d'envisager autre chose avant le 15 mai.
Par contre ensuite l'éleveur a le choix. L'enrubannage est une technique séduisante dans la mesure où il permet de s'affranchir partiellement des conditions météorologiques. Par contre, il coûte très cher (voir plus loin). Le foin a un prix de revient sensiblement inférieur, mais il est évidemment soumis aux aléas climatiques.
J. L. Le Rest
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