Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " DOSSIERS " | Céréales | Article n°50 |
Recherchez  dans  Recherchez
Recherche avancéeRecherche avancée
Archives (prochaine parution le 25 mai 2012) Recevoir les articles par mailAlerte email
 
 
Implantation et désherbage des céréales 2000
 

VARIÉTÉS
Choisir plusieurs variétés pour limiter les risques

Pour limiter au mieux les risques, il est indispensable de retenir quelques critères dans le choix des variétés : la régularité de rendement, la sensibilité aux maladies et à la verse.

Le choix de variétés différentes permet de limiter les risques climatiques à l’égard du rendement et de limiter les risques commerciaux vis-à-vis de la qualité. De plus, il permet d’étaler les dates de semis si on choisit des variétés de précocité différente. Suivant l’importance des surfaces à emblaver, le minimum raisonnable semble être de 3 variétés. Plus la surface sera importante, plus on aura intérêt à ouvrir la gamme de précocité couverte pour allonger la période possible d’implantation.

Pour juger de l’adaptation d’une variété, il est indispensable de l’observer sur plusieurs années pour connaître sa régularité.

Sensibilité à la verse et aux maladies

Elle est très variable selon les variétés et peut être accentuée par des densités excessives et une nutrition azotée excédentaire. Le choix d’une variété sensible impose l’application systématique de régulateurs en cours de culture, mais la lutte commence dès le semis avec la maîtrise des densités.

Dans les essais ITCF, la sensibilité aux maladies est mesurée par l’écart de rendement entre les parcelles traitées fongicides et les parcelles non traitées. Il existe des différences importantes de sensibilité entre variétés.

Le choix d’une variété très sensible aux maladies (TREMIE, DOMINO, ALTRIA, aztec, ….) impose une lutte fongicide très précise (dose, positionnement, …), qui peut-être plus souple avec des variétés peu sensibles (ORATORIO, HYNO-SANTA, VIRTUOSE, …).
En Bretagne, s’il est illusoire de vouloir limiter les traitements sur l’ensemble des variétés, car la pression des maladies est importante, on peut toutefois réduire la protection contre l’oïdium sur les variétés peu sensibles. Le choix d’une variété sensible à la rouille brune impose de suivre l’évolution de la maladies dès l’apparition de celle-ci pour intervenir dès que les premières pustules apparaissent. La principale maladie rencontrée en Bretagne est la septoriose, le choix d’une variété sensible à cette maladie imposera donc le choix de produits performants et bien positionnés.

Un critère commercial, le poids spécifique

“La masse volumique appelée communément poids spécifique est une mesure ancienne qui date de l’époque où l’on mesurait la quantité de grains au volume. Elle présente un intérêt commercial certain (la masse volumique est toujours prise en compte dans les contrats commerciaux et dans les transactions) bien que son intérêt technique soit très limité” (Source – Guide pratique : contrôle de la qualité – ITCF – 1996).

Ceci ne doit pas faire oublier que les maladies, la verse, les semis tardifs et les conditions de récolte ont plus d’effet que la variété sur le P.S.

BLÉ

Pour limiter les risques, plusieurs variétés doivent être implantées. En sols superficiels, on tiendra compte de la précocité en évitant les variétés tardives. Celles-ci doivent être semées les premières, et plutôt en terres profondes.

Les résultats d’une année sont insuffisants pour juger du comportement des variétés. Le choix doit s’appuyer sur des références pluriannuelles.

Certaines variétés préconisées ne sont pas présentes dans le regroupement de 2000, mais avaient donné de bons résultats lors de campagnes précédentes. Compte-tenu du renouvellement variétal, il ne nous est pas possible de conserver l’ensemble des variétés.

Variétés précoces à maturité

• Aztec (Nickerson – 1994)
 
Variété précoce Cette variété donne de bons résultats depuis 6 ans mais peut décevoir en cas de froid courant montaison. Elle doit être conduite rigoureusement car elle est très sensible aux septorioses et à la verse. Elle est de bonne qualité boulangère.

• Cabestan (Hybritech - 1997)
 
Variété hybride précoce. Elle est productive et régulière. Résistante à la verse et moyennement sensible aux maladies. Son PS est assez faible. En revanche, elle a une bonne aptitude à faire des protéines.

• Altria (Serasem – 1995)
 
Variété précoce, son potentiel est légèrement inférieur à celui de Trémie dans la région mais très régulier. Elle est très sensible aux maladies en particulier à la septoriose toutefois, elle est peu sensible à la verse.

• Taldor (GAE – 1997)
 
Variété précoce. Très régulière et d’un bon niveau de rendement en sols profonds. Elle est de bonne qualité en panification française jusqu’à 12.5% de protéines. Bon comportement vis-à-vis des maladies (à l’exception de la rouille jaune). Ses principaux points faibles sont sa forte sensibilité à la verse et son PS assez faible.

• Apache (Nickerson – 1997)
 
Variété demi-précoce. Présente de bons niveaux de rendement sauf en cas d’excès de densité : mauvaise fertilité épi et risque de verse. Elle est sensible à l’oïdium. Elle a une bonne aptitude à faire des protéines, et sa qualité boulangère est correcte. Apache a un bon PS.

• Dinghy (Eurotech – 1996)
 
Cette variété est de même précocité que Soissons. Elle est productive et très régulière. Elle résiste assez bien à la verse mais son poids spécifique est faible.

• Isengrain (Desprez – 1997) 

Variété demi-précoce qui s’impose encore cette année par son très bon potentiel notamment en Pays de la Loire. Isengrain est assez sensible à la verse, à l’oïdium et surtout à la rouille brune. Cette variété a généralement un bon PS mais donne généralement de faibles teneurs en protéines.

Variétés assez tardives :

• Charger (Desprez – 1996)
 
Variété assez tardive à maturité : à réserver aux sols profonds. Cette variété est globalement peu sensible aux maladies du feuillage, mais elle est très sensible aux fusarioses. Son PS est assez faible. Bonne résistance à la verse.

• Hyno-Santa (Hybrinova – 1998)

Variété hybride, assez tardive à maturité. Peu sensible aux maladies. En revanche, elle est sensible à la verse.

Variétés assez précoces à maturité

• Hyno-Valea (Hybrinova – 1997) 

Variété hybride précoce, bien adaptée à la région Pays de la Loire et au sud Bretagne. Elle est de bonne qualité boulangère.

• Oratorio (Benoist – 1995)
 
Variété demi-précoce essentiellement intéressante pour sa rusticité. Très résistante à la verse. Son poids spécifique est élevé. Elle a une bonne aptitude à faire des protéines. Moyennement productive depuis 4 ans, elle est décevante en 2000. Toutefois, ses atouts qualitatifs et agronomiques maintiennent son intérêt.

• Sponsor (Unisigma – 1994) 

Cette variété avait donné de bons résultats au cours des campagnes précédentes mais est décevante en 2000. Peu sensible aux maladies elle est assez résistante à la verse. Bon niveau de PS.

• Ornicar (Benoist – 1997) 

Résultats corrects sur la bordure maritime nord, mais décevants à l’est de la Bretagne, et en Pays de la Loire. Elle est peu sensible aux maladies.

Variétés tardives à maturité

• Mercury (Hybritech – 1998)
 
Variété hybride très tardive. Elle est à réserver aux sols profonds et au nord de la région. Elle est très productive et régulière dans ces milieux. De bonne qualité boulangère. Attention à la verse et à la rouille jaune.

• Pulsar (Momont – 1998)
 
Variété tardive à réserver aux sols profonds. Elle est très productive, mais parfois irrégulière. Peu sensible à la verse.

• Vivant (Desprez – 1992) 

Testée dans nos essais de 92 à 94, elle avait déjà donnée de bons résultats. Elle est résistante à la verse. Son poids spécifique est faible.

ORGE

Quelques nouveautés apparaissent qui feront peut être évoluer le choix variétal des orges à 2 rangs. En escourgeon, MAJECTIC, ESTEREL, NIKEL , MATHIAS sont de bonnes références.
Seules sont présentées les orges à 2 rangs, les escourgeons étant très peu cultivés en Bretagne.

• Orélie (RAGT – 1994 – 2 rangs) 

Bon niveau de productivité. Elle est moyennement sensible à la verse et aux maladies, à la rouille naine en particulier. Son PS est bon.

• Sunrise (Nickerson – 1994 – 2 rangs) 

Bon potentiel depuis 3 ans, même si elle avait déçu en 1997. Sunrise est sensible à la verse et assez sensible aux maladies. Elle est sensible à l’helminthosporiose. Elle présente un bon PS.

• Tiffany (Lemaire – 1997 – 2 rangs)
 
Absente du regroupement en 2000, cette variété avait donné de bons résultats pendant 2 ans. Elle possède un bon niveau de résistance à la verse et aux maladies, en particulier sur l’helminthosporiose et la rynchosporiose.

• Anthère (Hybritech – 1990 – 2 rangs)
 
Absente du regroupement en 2000, cette variété avait montré un niveau de productivité, et de régularité proche de Tiffany. Cette variété est peu sensible à la verse et à la rhynchosporiose. En revanche, elle est sensible à l’helminthosporiose.

• Vanessa (Unisigma – 1998 – 2 rangs) 

Elle obtient sur 2 ans le meilleur rendement des 2 rangs dans l’Ouest. Elle est assez sensible à la verse. Vanessa est moyennement sensible aux maladies. Son PS est bon.

• Reine (Lemaire Deffontaines – 1998 – 2 rangs)
 
Potentiel légèrement inférieur à Vanessa, mais régulier depuis 2 ans. Elle est moyennement sensible aux maladies, mais sensible à la rouille naine. En revanche, elle est parmi les variétés les moins sensibles à la rhynchosporiose. Elle a un bon PS.

TRITICALE

De nouvelles variétés confirment (Rotego, Trinidad, Tricolor, Janus) et viennent compléter le choix variétal.

On s’orientera principalement sur les variétés productives et peu sensibles à la verse, il faudra surveiller la rouille brune sur les variétés sensibles (Trimaran, Partout, Binova, Carnac).

Rappelons que cette espèce est peu sensible aux maladies, mais valorise un seul traitement fongicide positionné à la sortie de la dernière feuille et ceci quelle que soit la variété.

La recherche de faibles densités est impérative pour maîtriser le potentiel et limiter les risques de verse sur cette espèce sensible.

Attention : quelle que soit le variété, le triticale est sensible à la germination sur épi. Sa mise en place dans des zones tardives est donc risquée.

• Ampiac (RAGT – 1994)
 
Variété régulière, bon niveau de potentiel. Bonne résistance au piétin verse, et à la rouille brune. Ampiac se situe parmi les variétés les moins sensibles à la verse.

• Carnac (RAGT – 1995)
 
Niveau de potentiel comparable à Ampiac. La rouille brune doit être surveillée, Carnac est peu sensible à la verse et sensible au piétin verse (note 1 au CTPS).

• Rotego (Svaloff – 1998) 

Très bon potentiel, même si elle est légèrement en retrait en 2000. Cette variété possède de nombreux atouts : faible sensibilité à la verse. Résistante à la rouille brune. Bon PS.

• Imola (Hybrinova – 1998) 

Bon potentiel. Résistante à la rouille brune. Peu sensible à la verse.

• Trinidad (Unisigma – 1997)
 
Très bons résultats en 2000, cette variété possède de nombreux atouts : faible sensibilité à la verse. Résistante à la rouille brune. Bon PS.

• Janus (Benoist – 1997) 

Bon potentiel, mais elle montre une forte irrégularité dans les résultats en 2000. Malgré un bon niveau de résistance à la rouille brune, elle est assez sensible aux maladies. Moyennement sensible à la verse. Son PS est faible.

• Tricolor (Desprez – 1997)
 
Variété à très fort potentiel. Elle cumule un certain nombre d’avantages pour la culture du triticale. Tricolor avec Ampiac se situe parmi les variétés les moins sensibles à la verse. Résistante à la rouille brune.

E. Masson – A. Morel, ITCF


Tous les dossiers "Céréales"
Date de l'article : semaine du N° du 15 au 22 Septembre 2000
Imprimer l'article Imprimer l'article



Quand le café devient grand cru





Dossiers Paysan Breton
Chiffres clés de l'agriculture bretonne
Contact
Abonnez-vous à
Paysan Breton
Recherchez une
petite annonce
Déposez une
petite annonce
Déposez une
annonce légale


(+ de 12829 depuis 1997)