Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Morbihan (56)
Des systèmes laitiers herbagers performants
 
La rentabilité est dans le pré", affirme une étude de l'Adage (Agriculture Durable par l'Autonomie, la Gestion et l'Environnement) en Ille et Vilaine. Cette association regroupe 70 adhérents qui ont mis en place des systèmes fourragers basés sur l'herbe et le pâturage. Affiliée à la Fédération Régionale des Civam (Centres d'Initiatives pour Valoriser l'Agriculture et le Milieu rural), elle revendique son appartenance à l'agriculture durable.
Dans le Morbihan, c'est aussi le cas de deux groupes d'agriculteurs qui se sont mis en place. L'un depuis quelques années sur Pontivy où ils sont une quinzaine d'agriculteurs et un autre plus récemment sur Josselin. Ces groupes se réunissent tous les mois ou tous les deux mois pour échanger sur les pratiques de chacun et progresser ensemble. Les réflexions portent sur les aspects technico-économiques mais aussi sur des sujets plus globaux, et en particulier sur la "durabilité" des exploitations.
C'est en ce sens qu'ils ont organisé récemment à La Croix Helléan une réunion d'information avec des témoignages d'éleveurs du groupe et aussi la présentation des résultats de l'étude de l'Adage d'Ille et Vilaine.
Une démarche personnelle confortée par le groupe
Le témoignage, c'est d'abord celui de Jean-Yves Josse, éleveur laitier en Gaec à La Croix Helléan : "En agriculture intensive, on produit et vend beaucoup mais au final les marges sont faibles. Nous avons remis en cause notre système intensif à partir de 1997 pour avoir une meilleure efficacité économique. Nous avons démarré cette démarche avant d'adhérer au groupe d'éleveurs de la région de Josselin. Mais, nous avions besoin d'échanger. Il ne faut pas rester isolé".
En pratique, l'exploitation a "désintensifié" (à la faveur d'une augmentation de surface), passant d'un chargement de 2,38 à 1,35 et de 40% d'herbe dans la ration à 70%. De ce fait, les coûts alimentaires ont sensiblement diminué, passant de 106 euros / 1 000 litres à 63 euros. Les concentrés sont passés de 60 euros / 1000 L à 27 euros.
Dans le même temps, la production par vache a diminué, de 9 000 litres vendus par vache à 7 350. Mais au final, la marge brute aux 1 000 litres a progressé. "De plus, la qualité de vie s'est améliorée, avec un travail très différent. Nous sommes devenus beaucoup plus "agronomes", avec une attention particulière portée aux assolements".
Résultats technico-économiques plutôt meilleurs
L'étude réalisée par l'Adage d'Ille et Vilaine va dans le même sens. Elle porte sur la comparaison de 46 fermes laitières de l'Adage à 1 116 fermes du centre de gestion (Cergiv). Cette différence d'effectifs peut évidemment un peu biaiser l'étude, mais sans remettre en cause les tendances.
Dans les deux groupes, les données de départ sont comparables, tant en surface qu'en main-d'oeuvre ou volumes de production. Un seul point essentiel les différencie, c'est la surface en herbe, avec 57 ares par vache pour l'Adage et 39 ares pour le Cergiv, se traduisant par une production par vache inférieure pour les élevages Adage (5 700 l contre 6 400).
Les coûts d'engrais, de phytosanitaires et alimentaires sont sensiblement inférieurs avec plus d'herbe. Et au final, l'Excédent Brut d'Exploitation (EBE) et le revenu disponible sont légèrement plus élevés pour les éleveurs de l'Adage.
Cela, c'était avant la réforme de la Pac. Avec les DPU basés sur des références historiques, l'évolution future vers un système plus herbager devrait encore être plus intéressant. Mais avec ce système, ceux qui avaient évolué vers plus d'herbe depuis plusieurs années se sentent évidemment frustrés et ont alerté en particulier le Conseil régional et le ministère de l'Agriculture sur l'absurdité de cette situation.
REPÈRES
Une journée d'échanges sur les pratiques en agriculture durable aura lieu le mardi 12 avril à St Marcel (à partir de 14 h) chez Guillaume Évain à La Grillonnaie.
Pour le groupe d'éleveurs de Josselin, les responsables en sont Paul Mauguin (02 97 22 39 07) et Pierre-Yann Brique (02 97 75 41 84).
Pour le groupe d'éleveurs de Pontivy, s'adresser à Christophe Le Gall à Séglien (02 97 28 03 82).
Les deux groupes d'éleveurs sont appuyés par la Fédération Régionale des Civam à Chantepie (35). Tél 02 99 77 39 20.


Jean-Louis Le Rest

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Date de l'article : semaine du N° du 8 au 15 Avril 2005
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