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L'Asavpa du Morbihan (Association des salariés de l'Agriculture) avait à l'ordre du jour de son assemblée générale un débat sur "Les perspectives d'avenir des salariés de la production agricole". Ces salariés sont actuellement 4 000 à réaliser plus de 600 heures par mois. Ils regroupent des activités et des réalités très diverses, avec des salariés d'exploitations agricoles (lait, porc, aviculture, serres, maraîchage...) ou conchylicoles, des entreprises en "jardins et Espaces verts", des Cuma et Eta, des services de remplacement ....
Participaient à ce débat, des salariés d'exploitations agricoles, d'entreprise du paysage, des employeurs (agriculteur et service de remplacement) et aussi un directeur de lycée agricole (voir photo).
Vers plus de besoins
de salariés
"Si nous nous ne sommes pas là, il n'y aura pas non plus de salariés", affirmait en préambule Jacques Aukès (originaire des Pays-Bas), agriculteur à Moréac. Il vient d'embaucher un salarié sur son exploitation et est par ailleurs président d'une Cuma qui en a deux. C'est dire s'il croit en l'avenir du salariat.
En réalité, tout le monde y croit car s'il est écrit que le nombre d'agriculteurs va encore sensiblement diminuer, la production agricole devrait se maintenir et les agriculteurs en place seront pour beaucoup employeurs.
Pourtant, chaque employeur (agriculteur ou autre) sait qu'il n'est pas facile de trouver des salariés bien formés pour la production agricole. Ce que confirme Bernard David (directeur du lycée agricole de Kerlebost) en constatant la chute importante du nombre d'élève dans la filière production : "Nous avons perdu 50% des effectifs dans la filière production, en grande partie à cause de la sinistrose dans les campagnes. Il y a des discours démobilisateurs des agriculteurs eux-mêmes et aussi parfois des maîtres de stage. Les jeunes qui viennent avec un projet d'installation sont motivés, mais, avec une progression vers le BTS, les jeunes se projettent plus vers le salariat".
Et chacun sait qu'il n'est pas facile de recruter en dehors de l'agriculture, même s'il existe des exemples remarquables comme celui de Jérôme Le Tadic qui est devenu salarié d'exploitation après un Deug de Psychologie.
Pour attirer des salariés, il faut aussi des exploitations modernisées. Pour J. Aukès, "si on veut continuer à embaucher, se moderniser est obligatoire. S'il n'y a pas un minimum de mécanisation et d'organisation du travail, c'est difficile."
Le salarié, responsable de la pérennité
de l’exploitation
Si un agriculteur, comme n'importe quelle autre entreprise, embauche c'est qu'il a besoin du salarié et la survie de l'exploitation peut en dépendre comme le disait encore J. Aukès : "Il faut pouvoir compter sur les salariés, sur leur savoir faire car on dépend d'eux pour la pérennité de nos entreprises, que ces salariés soient sur l'exploitation ou chauffeurs de Cuma. Ils ont beaucoup de responsabilités. Nous avons besoin de salariés qui puissent nous remplacer". C'est également vrai pour des salariés de services de remplacement comme le soulignait Michel Le Chapelain, directeur du Sérémor. Une nuance pourrait sans doute être apportée dans l'autre sens pour des salariés temporaires (en ramassage de tomates par exemple) ou encore dans des entreprises importantes de Paysage ou autre.
Nécessité donc d'avoir des salariés compétents, en particulier en savoir faire. Et c'est en ce sens que les intervenants employeurs ou responsables d'équipe préfèrent dans l'ensemble des salariés qui ont suivi une formation par alternance ou apprentissage ou encore qui ont travaillé dans le métier avant d'obtenir un diplôme de niveau plus élevé. Ainsi, pour le directeur du Sérémor, "la formation est nécessaire mais pas suffisante. L'alternance est une excellente formule pour avoir des salariés mieux armés".
Des employeurs
à former
Il n'y a pas que les salariés qui doivent être formés. Le plus souvent les agriculteurs n'ont jamais eu de formation d'employeur, indispensable lorsque l'on envisage d'avoir un ou plusieurs salariés : "Dans une exploitation avec un salarié, on forme "un couple" et si l'on ne s'entend pas cela pose tout de suite problème", rappelaient les salariés à la tribune.
Il est évident que dans une petite équipe, les relations humaines sont primordiales alors que la plupart des agriculteurs n'ont jamais eu la moindre formation sur la gestion des ressources humaines. Une réalité que reconnaît Bernard David : "L'enseignement n'a pas assez insisté dans le passé sur la formation d'employeur". Il existe des sessions de formation, aux agriculteurs concernés d'y participer.
L'Asavpa 56 en bref
C’est une association de salariés de la production agricole, faisant partie d'un réseau régional et national.
Elle a un rôle de représentation (non syndicale) des salariés, de communication pour promouvoir le métier, de réalisation d'actions de groupes (réunions techniques et autres) et de services aux adhérents.
L'association publie un bulletin "Asavpa 56, distribué aux 4 000 salariés du département travaillant au moins 600 heures. Publié auparavant 4 fois par an, la publication a été limitée l'an dernier pour des raison de budget.
La précarité dans le monde salarié agricole sera le thème majeur de l'activité cette année, tout en maintenant les activités traditionnelles.
Le président en est Rémi Pierre et l'animatrice Simone Ansquer. Pour tout renseignement, Asavpa 56 au 02 97 46 22 19.
Jean-Louis Le Rest
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