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Ille et Vilaine (35)
Les GDS soufflent cinquante bougies
 
Les groupements de défense sanitaire (GDS) du bétail d'Ille-et-Vilaine fêtent cette année cinquante années d'activité collective et de progrès sanitaire. Lors de l'assemblée générale de la Fédération départementale des GDS, une rétrospective a montré aux nombreux adhérents présents la motivation des responsables qui se sont succédé "pour d'une part éradiquer la tuberculose puis la brucellose, maladies contagieuses aux humains, et d'autre part maintenir ce bon état sanitaire que l'on connaît aujourd'hui", comme l'a rappelé Gilles Lavollée, président de la FDGDS 35.
Un bon état sanitaire qui permet désormais d'assouplir et d'alléger les règles de prophylaxie pour certaines maladies : tuberculose, brucellose, leucose et IBR. "Il est dorénavant possible pour les éleveurs de déroger sous certaines conditions aux contrôles sérologiques d'introduction et nous ne désespérons pas de faire évoluer la prophylaxie annuelle dans les cheptels viande". En contrepartie des allégements des contrôles à l'introduction, un bilan sanitaire d'élevage annuel a été instauré en janvier 2005, avec une partie obligatoire intégralement prise en charge par l'Etat et une autre partie facultative à la charge de l'éleveur.
Au niveau européen

Invité à l'assemblée générale, Bernard Terrand, président de la Fédération Européenne pour la Santé Animale et pour la Sécurité Sanitaire (FESASS) a précisé que l'acquis sanitaire devait être défendu au niveau européen aussi. "Aux objectifs de santé publique et animale, s'ajoutent des enjeux économiques mais aussi d'organisation sociétale. Certains problèmes sanitaires animaux doivent être gérés par la collectivité".

Face à l'approche de plus en plus juridique du sanitaire, la FESASS entend être présente sur la veille réglementaire. "La contribution professionnelle à la réflexion communautaire est importante", généralise Bernard Terrand. Il regrette par ailleurs les critères de plus en plus subjectifs imposés aux éleveurs, notamment en terme de bien-être. "Toutefois, nous avons la chance en France de pouvoir dialoguer avec des représentants des consommateurs raisonnables et intelligents, ce qui n'est pas le cas partout en Europe".
Concernant le système d'identification, qui a suscité de nombreuses réflexions lors de l'assemblée, les responsables souhaitent que les fabricants travaillent sur la qualité des boucles. Ils veulent aussi réduire les facteurs favorisant leur chute dans les élevages. "A l'avenir, un système électronique sera certainement développé mais aujourd'hui la fiabilité et le coût restent des limites. Il faudra aussi que l'identification soit homogénéisée en Europe", ajoute Bernard Terrand.
Importations du Brésil

Le président rappelle que la traçabilité est un atout majeur pour la France. Il évoque par contre sa crainte quant aux importations provenant d'Amérique du Sud où la production est de 310 millions de bovins, dont 176 millions au Brésil et 56 millions en Argentine (19,7 millions en France). "La France est pour le moment davantage préservée que d'autres pays européens. Mais pour combien de temps?"
Au Brésil, les atouts sont nombreux : terres excellentes, chaleur, eau. "Et contrairement à des pays comme les Etats-Unis, les Brésiliens sont prêts à appliquer nos conditions de production sur certaines régions pour répondre à nos marchés. Ils s'adaptent avec pragmatisme".

L'activité en bref

- Le nombre d'exploitations adhérentes à la FDGDS est passé de 8884 (592 057 bovins) en 2003 à 8474 (573 614 bovins) en 2004. L'effectif moyen par exploitation croît à 67,7.
- En 2004, des formations ont été réalisées par les GDS de Bretagne, en collaboration avec les vétérinaires traitants, pour aider les éleveurs à améliorer la gestion sanitaire de leur cheptel et leur permettre de faire des économies en utilisant mieux et moins les médicaments. Cette formation en groupes de 12 à 15 éleveurs allie pratique et théorie. Par la suite, la formation de base pourra être complétée par des sujets thématiques divers (mammites, santé du veau, reproduction…).
- Les GDS bretons travaillent en collaboration avec les GTV sur l'organisation de la collecte des déchets d'activité de soins vétérinaires (bovins, porcs, volailles). L'action baptisée "Opération Hermine" devrait entrer en application début juin. Pour un éleveur laitier moyen, le coût serait de 30 à 35 euros par an.
- L'UBGDS a mis en place un site internet qui fonctionne depuis septembre 2004. Il va être enrichi de la base informatique régionale destinée à améliorer la collecte et la gestion des données sanitaires à destination des adhérents.

Agnès Cussonneau


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Date de l'article : semaine du N° du 8 au 15 Avril 2005
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