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Cette année encore, le Crédit agricole du Finistère affiche de bons résultats (53 millions de résultat net). "Des résultats conséquents et solides", commente Jean le Vourc'h. Une situation qui satisfait les gérants, mais qui irrite les Jeunes Agriculteurs comme ils l'ont encore manifesté lors de leur dernière assemblée générale.
Les Finistériens investissent et épargnent
Cette critique ouverte conduit la banque verte à se prêter à la leçon de choses et aux explications. "Les Finistériens s'occupent de leurs affaires. Ils investissent et épargnent", amorce le président au regard de la progression de la collecte des ressources (+ 5,76 %) et des réalisations de crédits
(+ 12,2 %).
Aux premières loges de ce palmarès : les particuliers qui ont reconduit, pour la 3e année consécutive, leurs investissements dans l'habitat. "Les taux historiquement bas contribuent à cette évolution", analyse Pierre Kerfriden, directeur général, espérant toutefois "une sorte de retour à la sagesse en ce qui concerne les prix de l'immobilier".
Chez les professionnels, la Caisse régionale enregistre également de bonnes performances. "Les entreprises ont reconstitué leurs réserves", observe P. Kerfriden qui cite aussi le bond de 35 % de crédits contractés par les artisans, commerçants et professions libérales.
Et les agriculteurs dans tout ça ? Les prêts à l'agriculture marquent le pas, passant de 194 millions en 2003 à 173 millions d'euros en 2004, à comparer aux 184 millions consommés par les artisans, commerçants et professions libérales réunis.
Aujourd'hui, la part de l'agriculture représente 12 % des réalisations de crédits. "Toutefois, en neutralisant les crédits spécifiques Flexiporc de 13 millions en 2003, la production est en baisse de - 4,42 %" , analyse Jean Lalouénan, directeur financier, qui observe également "une stabilisation moyenne de l'utilisation des ouvertures de crédit chez les agriculteurs". Ce qui est bon signe.
"Nous ne lâchons pas les jeunes"
Au-delà de ces chiffres et en réponse aux critiques des JA, les responsables n'hésitent pas à rétablir quelques vérités qualifiées d'élémentaires. "Notre travail est de mettre les personnes en situation de réussite. Pour cela, elles doivent revenir à des considérations économiques équilibrées, en sachant aussi que c'est à l'investisseur de prendre une part de risques".
"Non, nous ne lâchons pas les jeunes. Au contraire, on les aide puissamment. Mais ils doivent aussi avoir confiance en eux, en leurs projets", poursuit Jean Le Vourc'h qui, en prolongement, invite la nouvelle génération à ne pas se laisser embarquer par la flambée des prix de reprise. "Les prêts de carrière souhaités par les jeunes contribueraient à accompagner encore plus ce mouvement spéculatif", répond-il à leur demande. Et le président de prévenir les cédants : "On ne peut pas davantage accepter de voir des parents enterrer leurs enfants par des transmissions calculées sur la valeur patrimoniale et non pas la valeur économique de l'outil".
Un débat qui, comme un chien, se mord la queue depuis de trop longues années, mais qui finira bien par se frotter à la seule vérité qui vaille pour la pérennité des entreprises : la rentabilité économique …
Didier Le Du
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