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L'année 2004 aura été marquée par un retour à l'équilibre sur le marché français, les femelles regagnant des tarifs tout à fait convenables. Pour les jeunes bovins (JB), par contre, le marché est resté très en retrait par rapport à 2003 du fait d'une consommation très morose en Italie et de la reprise des importations en provenance d'Irlande et du Mercosur", résume Philippe Dagorne, président de Coopel-Bovi, coopérative d'éleveurs de bovins viande dans les Côtes d'Armor.
Baisse de 50% des JB en 10 ans
Convié à l'assemblée générale de la structure le 24 mars à St-Nicolas-du-Pélem, Jean Bonnet, président de la section des groupements de producteurs bovins à la FNCBV, a rappelé que sous ces cours tout à fait favorables se cachait un constat très inquiétant : la régression de la production en France et Europe. "Notre indépendance alimentaire n'est plus assurée. Si les viandes du Mercosur entrent, on ne les fera pas repartir", note-t-il. En Bretagne, la production de jeunes bovins a diminué de près de moitié en 10 ans.
"Il faut que les producteurs français réagissent pour enrayer la baisse de production, même si nous avons moins d'atouts que d'autres pays. Les Italiens par exemple bénéficient d'une forte consommation de jeunes bovins (nous mangeons davantage de vache) et d'ateliers très importants. Les Français doivent se professionnaliser en améliorant leurs résultats techniques mais aussi en augmentant la taille des ateliers. Nous devons également réagir par rapport aux reproches qui nous sont souvent faits : jeunes bovins trop lourds, trop vieux. Enfin, les producteurs de lait pourraient obtenir davantage de viande sur leurs vaches laitières. Elles devraient être considérées comme des co-produits, pas des sous-produits".
Au niveau de la FNCBV, des actions ont été lancées. Des projets filières visent à sécuriser les débouchés au travers de contractualisations entre organisations de producteurs et entreprises de l'aval, voire même avec les distributeurs quand cela est possible. "Une caisse de risque permet par ailleurs une garantie de revenu aux nouveaux investisseurs pendant la période d'investissement".
Prime à l'abattage
Philippe Dagorne et Jean Bonnet ont mis en garde les producteurs sur le changement de régime de la Pac. "On entend déjà des conseils aux éleveurs leur suggérant de commercialiser le maximum d'animaux avant la fin de l'année 2005 pour bénéficier de la prime à l'abattage. Attention à cette préconisation qui pourrait avoir pour effet d'augmenter l'offre de façon ponctuelle et donc de faire baisser les cours d'un montant supérieur à la prime. Les Italiens viennent d'en faire la douloureuse expérience puisque les cours entre décembre 2004 et janvier-février 2005 ont évolué de près de 0,50 euros".
Concernant les machines à classer, Jean Bonnet s'est prononcé pour une accélération des agréments dans les gros abattoirs. Actuellement en Bretagne, trois machines fonctionnent chez SVA. Autre point abordé lors de l'assemblée : les filières qualité. Philippe Dagorne souhaite qu'elles soient préservées car génératrices de plus-value pour les éleveurs.
Mais pour cela, le président pense qu'il faudrait réduire les coûts de fonctionnement et de contrôle dans certaines démarches à faible volume. "N'est-il pas grand temps d'harmoniser les contrôles? Les coûts représentent un tel pourcentage du prix du produit que l'intérêt commercial est posé". Il s'oppose par contre à la multiplication des "démarches génériques assises sur aucun marché, ne générant que des coûts supplémentaires et aucune plus-value".
Quelques chiffres sur Coopel-Bovi
- Les apporteurs sont au nombre de 731, dont 360 ont livré moins de 10 animaux.
- Coopel-Bovi a commercialisé 11 363 animaux en 2004, soit une progression de 12% par rapport à l'exercice précédent. L'activité "veaux de 8 jours" réalisée en prestation de services pour Ouest-Elevage s'est traduite par une régression de 10% (collecte de 2 399 veaux).
- L'activité des filières qualité est globalement stable avec des évolutions en fonction des différentes démarches. Label Limousin : 897 animaux labellisés contre 854 en 2003. Label Charolais : 170 contre 206 en 2003. Label Blond : 146 contre 47 en 2003. FQRN + CQBBC : 773 contre 856 en 2003. FQC : 206 contre 223 en 2003.
- 3 219 jeunes bovins (races à viande : 75% en volume).
- 3 304 vaches de réforme (augmentation de 4,5%).
- 721 génisses hors Label (699 en 2003)
- 88 bœufs (183 en 2003).
Agnès Cussonneau
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