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Côtes d'Armor (22)
La CIA de Plounévézel poursuit son adaptation
 
La réduction du cheptel bovin sous la double houlette de la cessation d'activité
( - 4 % d'adhérents en 1 an) et de la meilleure productivité laitière (+ 466 kg de lait par vache en 4 ans) n'épargne pas l'activité de la Coopérative d'insémination de Plounévézel.

Gros du bataillon, la Prim'Holstein est logiquement la plus affectée en nombre
(- 8 900 IAP en 2004). Un recul qui n'est pas compensé par les quelques valeurs montantes : Montbéliarde et Brune en races laitières ; Blanc Bleu et Inra 95 en races à viande pour le croisement industriel, pratique qui connaît un regain d'intérêt depuis 2001. Ni par l'insémination en race pure dans les troupeaux allaitants qui ne représente que 3 % des inséminations du centre (+ 443 IA en 1 an pour les trois grandes races : Charolaise, Limousine, Blonde).

Retour à l'équilibre en 2005

Dans ce contexte, les mesures d'adaptation se poursuivent au sein de la coopérative comme l'a expliqué Jean-Pierre Mourcoq, président, lors de l'assemblée générale qui se tenait le 1er avril à Plounévézel. "L'année 2004 a été marquée par le renforcement des partenariats dans les programmes de sélection". Notamment en Prim'Holstein par la création d'un programme commun avec l'Oger/Midatest.

Réduction des services administratifs, réduction des effectifs de 10 %, fermeture de la taurellerie de Loudéac, équipement progressif des inséminateurs de PDA permettant de diminuer le travail de retranscription, réorganisation de la filiale d'exportation Sersia France, etc. Autant de leviers qui contribuent à adapter l'outil à un marché en constante évolution. "Cette politique nous a permis de maintenir le prix de l'IA au-dessous de l'inflation, malgré une baisse d'activité", se félicite Jean-Pierre Mourocq, soulignant que le "financement de la restructuration s'est fait par les réserves, sans recours à l'adhérent. Après les années 2003 et 2004 déficitaires, l'année en cours devrait renouer avec des comptes d'exploitation équilibrés".

Le marché export contribue aussi à faire baisser le prix de l'IA sur la zone de la coopérative. "1,5 euro/IA", chiffre Thomas Krychowski, directeur général de l'Urcéo. Et d'informer : "En 10 ans, le prix de la dose a été divisé par deux sur le marché mondial. Aussi, même en augmentant nos volumes exportés, nous n'augmentons pas proportionnellement les recettes".

La dose, c'est la dose

Aux éleveurs qui seraient tentés d'incriminer une baisse de qualité de la semence, des tares génétiques plus fréquentes ou une consanguinité croissante, pour expliquer la baisse de fertilité des vaches laitières inséminées, l'Urcéo répond non. "Ces causes dégraderaient aussi la fertilité des génisses. Or, celle-ci est aussi bonne qu'il y a 6 ans".
Reste que depuis 2001, la fertilité suit une pente descendante : seulement 53,6 % des vaches considérées pleines à 75 jours (- 1,8 % sur 1 an). "La baisse de la fertilité s'est accélérée à partir de la canicule 2003, et jusqu'en juillet 2004. Entre juillet et septembre 2004, la fertilité des laitières ne se dégrade plus".
La canicule n'explique pas tout. "Les contraintes économiques et réglementaires y sont sans doute aussi pour beaucoup. Le défi étant de produire plus de lait avec moins de concentrés, sans dégrader la reproduction du troupeau".

Didier Le Du

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Date de l'article : semaine du N° du 8 au 15 Avril 2005
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