Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Morbihan (56)
GDS : L'état sanitaire permet des évolutions et des économies
 
Le nombre d'éleveurs de bovins a diminué de 11% en 2 ans dans le Morbihan et le nombre d'animaux à peu près dans les mêmes proportions. Il reste à peine 6 000 détenteurs pour 403 000 bovins (dont 1 100 ont moins de 10 bovins). Rappelons qu'en 1970 il y avait 28 000 éleveurs dans le Morbihan.
De telles évolutions imposent évidemment celles des organisations d'élevage et le Groupement de Défense Sanitaire en premier lieu.

Recherche d'économies
Avec des cotisations basées sur les élevages et le cheptel, ces évolutions ne peuvent qu'engendrer une baisse des ressources pour le GDS. Aussi, et bien que le résultat d'exploitation de l'exercice passé soit proche de l'équilibre, le Conseil d'administration a décidé d'un certain nombre de mesures.
Avec tout d'abord une augmentation des cotisations de 2%, mais surtout un changement d'orientation dans la prise en charge des honoraires vétérinaires lors des introductions, au profit des garanties dans les cheptels d'origine. Les prophylaxies devraient également être allégées pour les troupeaux de bovins viande.
Ces allègements sont possibles grâce à la très bonne qualification sanitaire des élevages morbihannais puisque 99,6% des cheptels ont la qualification Brucellose – Tuberculose – Leucose et 95,5% une qualification IBR. Des niveaux que l'on retrouve aussi sur pratiquement toute la Bretagne.
L'effort n'est pas demandé qu'aux éleveurs, puisqu'il est prévu un objectif de diminution de la masse salariale de 10% en deux ans, avec une réduction d'effectifs et un effort financier des salariés.
Un travail de plus en plus régionalisé doit également permettre quelques économies, tout en augmentant l'efficacité des actions.
Arrêt de prise en charge des honoraires
pour l'introduction
Le Conseil d'administration a décidé d'arrêter la prise en charge des honoraires vétérinaires pour les introductions de bovins (ce qui existait depuis 30 ans). Cette évolution se justifie par la qualité des qualifications des cheptels et la maîtrise des mouvements d'animaux. Ceux-ci ne constituent plus un risque sanitaire collectif, d'autant que 90% des animaux sont achetés en Bretagne. En fait, plus de la moitié des tests à l'introduction étaient réalisés par seulement 120 éleveurs qui achètent hors de la région.
L'orientation va ainsi aller vers le développement des garanties dans les cheptels d'origine. Il appartiendra aux acheteurs de solliciter des garanties complémentaires auprès des vendeurs, garanties que le GDS encouragera financièrement (BVD, paratuberculose, néosporose ...).
BVD, néosporose
fièvre Q ...
Si les grandes maladies traditionnelles sont bien maîtrisées ainsi que l'IBR (au moins en Bretagne), il reste des maladies qui ont encore une incidence importante dans la région.
C'est le cas en particulier de la BVD pour laquelle un plan de maîtrise collective a été mis oeuvre en Bretagne. Ce plan a permis une nette amélioration de la situation, avec une forte augmentation de troupeaux indemnes, moins de nouveaux troupeaux positifs, moins de cheptels infectés et une diminution des IPI détectés.
Il reste encore cependant du travail à faire car les risques sont encore réels, avec en particulier des cheptels à statut inconnu (surtout en vaches allaitantes) ainsi que chez quelques dizaines d'éleveurs non adhérents au GDS. Pour repérer et assainir les derniers cheptels infectés, les GDS bretons ont demandé un arrêté préfectoral. Il y a également un projet de mise en place d'étiquettes autocollantes sur les Asda.
D'autres maladies méritent également une attention particulière pour leur incidence économique dans les élevages. C'est le cas de la néosporose ou encore de la fièvre Q qui toutes deux ont une incidence sur les avortements et la fécondité.
La néosporose est une maladie que l'on achète (4% des introductions) et l'an dernier 126 élevages ont été repérés et 14 assainis. Le plan de lutte est basé sur la maîtrise des nouvelles contaminations (à l'introduction). On devrait s'orienter vers une qualification des élevages ce qui permettrait la garantie avant la vente.
La fièvre Q est une maladie de plus en plus diagnostiquée, sans que l'on ait vraiment pour l'instant des moyens de lutte validés.

REPÈRES
Les qualifications du cheptel morbihannais sont de 99,6% pour les Maladies Réputées Contagieuses et 95,5 % pour l'IBR.

Les contrôles d'introduction ont concerné 27 255 animaux en 2004 (+ 20%), dont 85% venant de Bretagne. Plus de 80% des animaux peuvent déroger au contrôle sérologique Le nombre d'animaux positifs IBR (80 d'origine hors Bretagne) a doublé.

Pour l'ESB, 4 cas ont été confirmés l'an dernier en Morbihan, entraînant l'élimination de 33 bovins.

La paratuberculose a été détectée l'an dernier dans 71 élevages et 77 ont été assainis.

La situation BVD s'améliore sensiblement. Un arrêté préfectoral est nécessaire pour la maîtriser complètement. Actuellement, plus de 150 000 animaux sont garantis non IPI.

Le nombre de cas de néosporose (4% des animaux contrôlés) et de fièvre Q détectés progresse.

Les cas de salmonelloses (cliniques) sont en forte diminution depuis quelques années (200 cas en 97, une vingtaine en 2004).

Le botulisme n'a concerné que 4 élevages l'an dernier pour 11 bovins morts, mais il peut réapparaître à tout moment

La formation des éleveurs est une priorité pour le GDS. L'an dernier 186 éleveurs ont suivi deux journées.

Jean Louis Le Rest

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Date de l'article : semaine du N° du 1 au 8 Avril 2005
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