Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Morbihan (56)
Contrôle laitier : La régionalisation pour pallier à la décroissance
 
Tous les chiffres montrent que la restructuration des élevages laitiers s'accentue. L'an dernier le Contrôle laitier du Morbihan a perdu près de 4% de ses adhérents (qui diminuent pourtant moins que le nombre global de producteurs) et le nombre de vaches contrôlées diminue également depuis 3 ans en raison de la progression de la production de ces vaches.
Cela a entraîné pour l'exercice passé, comme prévu, un résultat déficitaire de 131 000 euros. Cela ne remet pas en cause la bonne santé financière de l'association, mais il est évident qu'il faut prévoir des solutions structurelles car en cette période, les adhérents ne supporteraient pas de fortes augmentations de cotisations.
Une réflexion régionale
Une des solutions pour ne pas augmenter le coût pour l'éleveur est de diminuer les prestations. Ce n'est évidemment pas un objectif, même si de plus en plus les adhérents peuvent choisir dans une carte très variée de services, en fonction de leurs besoins ou de leurs moyens.
Une autre voie passe tout naturellement par une certaine restructuration, au-delà de l'adaptation des effectifs à l'évolution du nombre d'adhérents. Restructuration qui risque encore d'être plus nécessaire avec la libéralisation très probable du Dispositif Génétique Français (dans la prochaine Loi de modernisation) qui pourrait faire disparaître les exclusivités de zones y compris pour les contrôles de performances.
C'est en ce sens que les membres du bureau ont entamé avec leurs collègues des autres départements bretons une réflexion stratégique pour définir un cadre politique commun en vue d'une plus grande harmonisation des services, sur les plans technique et financier. Une réflexion pas toujours simple dans la mesure où les aides extérieures ne sont pas partout les mêmes (collecte amélioration génétique des laiteries, aides des collectivités...).
"Nous avons des économies à faire sur la mutualisation des ressources et demain nous aurons le même contenu au même prix pour le contrôle de performances et le conseil", affirmait le président Hervé Michard. Tout en affirmant que les économies globales seront limitées "car 80 à 85% des cotisations vont aux charges salariales".
Moins de disparition
de producteurs
en Bretagne
Pour son assemblée générale, le Contrôle laitier avait fait appel à Sophie Leenardt, du service études de l'Onilait, avec pour objectif d'essayer de donner un peu de visibilité aux producteurs. Tache difficile, compte tenu des incertitudes sur les prix et la réaction des éleveurs à la réforme laitière de la Pac (surtout l'effet du découplage des aides)).
Elle a en particulier fait part des résultats d'une étude de l'Institut de l'Élevage sur le comportement possible des producteurs. En cas de baisse de prix compensée par l'aide directe, le nombre d'élevages en France pourrait passer en 2010/2012 de 110 000 producteurs actuellement à 75 000 avec une référence moyenne de 310 000 litres. Si la baisse de prix n'est pas entièrement compensée, le nombre pourrait descendre à 61 000 avec un quota moyen de 380 000 Litres. Dans les deux cas, la Bretagne perdrait beaucoup de producteurs, mais bien moins (proportionnellement) que d'autres régions. Ce qui créerait des déséquilibres opposés entre les offres et les demandes de quotas dans les différentes régions.
Pour accompagner ces évolutions, la France a déjà pris un certain nombre de mesures d'accompagnement. Il y a d'abord eu la revalorisation du prix pour les cessations laitières (et la promesse de toutes les honorer) et le plan bâtiment pour la modernisation des élevages. On peut y rajouter quelques mesures de fin de campagne 2004 – 2005.
Toujours pour favoriser les agrandissements, il y a eu l'évolution du décret sur les transferts fonciers pour limiter les prélèvements. Pour faciliter les regroupements, un nouveau statut sociétaire va bientôt sortir (Société Civile Laitière).
D'autres réflexions sont en cours sur les modalités d'attribution des quotas (évolution de la définition des prioritaires), sur la définition de nouveaux critères d'attribution (durée, mise aux normes ...) et aussi sur la mutualisation régionale.
Sur la restructuration, Mme Leenardt faisait remarquer qu'elle était beaucoup plus rapide chez les producteurs que chez les transformateurs, contrairement à ce qui se passe eu Europe du Nord et en Allemagne. Elle estime que c'est pourtant la seule solution (avec les accords commerciaux) qu'ont les entreprises françaises pour faire face à la concentration de la grande distribution.
Avec ces entreprises laitières, il ne lui semble pas impossible que les producteurs aillent vers une contractualisation, avec des engagements réciproques sur la durée, la quantité, la qualité, le prix. Et, pour terminer sur une note positive, elle affirme que "rien n'est inéluctable dans l'évolution des prix".

REPÈRES
Le nombre d'adhérents en fin 2004 était de 2723 (- 3,8%), pour 108 358 vaches contrôlées, soit pratiquement 40 vaches en moyenne par élevage.
En 3 ans (2001 à 2004), il y a deux fois moins d'éleveurs de moins de 30 ans et deux fois plus ont plus de 56 ans.
Le contrôle officiel est pratiqué par 97,6% des adhérents. Les contrôles simplifiés gagnent un peu de terrain mais le protocole A concerne encore plus de 90% des adhérents (et 96% d'entre eux avec 10 contrôles). Deux nouveaux protocoles officiels sont proposés cette année.
L'accompagnement technique est demandé par 88% des adhérents mais le nombre de visites demandées (de 5 à 10) tend à diminuer.
Un nouvel outil informatique (Agrael) est en préparation au niveau de toutes les organisations bretonnes d'élevage. Il remplacera Tech'@lliance l'an prochain.
Le lait brut par vache a progressé l'an dernier de 46 kg à 7 805 kg. C'est le record absolu, malgré la diminution relative de la Prim'Holstein (qui représente 87,6% des vaches contrôlées). Les deux taux ont progressé de 0,1 point.
Une étude sur les minéraux a été réalisée l'an dernier. Les plus chers (de 314 à 1 680 euros la tonne en sacs) ne sont pas forcément les meilleurs.

Jean Louis Le Rest

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Date de l'article : semaine du N° du 1 au 8 Avril 2005
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