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L'installation des jeunes agriculteurs devient de plus en plus complexe et leur nombre diminue sensiblement, même si l'Ille et Vilaine demeure parmi les premiers avec 142 avis favorables de la CDOA l'an dernier.
Le peu d'échec en agriculture, comparativement à d'autres professions, montre que les jeunes sont plutôt bien formés et que le parcours à l'installation, aménagé au fil des années, était assez bien adapté.
Mais, les conditions évoluent avec un contexte économique plus difficile, une Pac de plus en plus administrée, des conditions environnementales strictes à respecter. On peut ajouter à cela une diversité des conditions d'installation et de choix de productions, un agrandissement des surfaces, une diminution de la main-d'oeuvre ...
Tout cela fait qu'il n'y a plus de modèle et rendait nécessaire une certaine adaptation du parcours d'installation des jeunes agriculteurs. Depuis un an et demi, la Commission Chambre – Jeunes Agriculteurs a travaillé sur ce thème pour que les nouveaux installés aient la réflexion la mieux adaptée sur leur projet professionnel et leur projet de vie. Et que ce soit le projet professionnel qui s'adapte au mieux au projet de vie et non l'inverse.
Michel David (président Chambre), Élisabeth Chevrier (présidente de la Commission formation de la Chambre) et David Buan (président des JA) ont présenté ce nouveau parcours de formation au cours d'une conférence de presse chez James Pinel, un jeune récemment Installé à Mélesse. Un parcours qui devait aussi être présenté à la session de la Chambre d'agriculture du 25 mars
Une plus forte individualisation
Il n'est pas question de remettre fondamentalement en cause le schéma général du parcouirs à l'installation. Rappelons que pour l'essentiel il comporte un stage de réflexion à l'installation (SRI) de 3 jours, le stage 6 mois en exploitation et le stage projet d'installation (SPI) avec la finalisation du projet.
Ces 3 grandes étapes seront maintenues mais avec un certains nombre de modifications qui tiennent en particulier à la personnalisation.
Ainsi au départ, un entretien préalable avec un conseiller d'entreprise sera mis en place. Il permettra de déterminer avec le jeune le parcours le mieux adapté en fonction de son expérience et de son projet.
Des modules optionnels seront proposés au cours de la formation sur des thématiques peu ou pas abordées jusqu'à présent, mais de plus en plus importantes, telles que la gestion des relations humaines, l'organisation du travail, la gestion administrative, la création d'activités nouvelles ou encore l'analyse des marchés ...
Individualisation toujours avec le diagnostic de l'exploitation reprise qui sera réalisé avec l'appui d'un conseiller de la Chambre d'agriculture.
Individualisation encore avec un suivi personnalisé après l'installation du jeune. Ce qui ne devrait pas empêcher un suivi plus collectif en groupes de jeunes installés.
Enfin, pour la réalisation de l'étude prévisionnelle, la systématisation de l'informatique permettra de calculer des ratios pour le projet et surtout de tester facilement différentes hypothèses.
James Pinel : 15 jours pour décider
Après un Bac STAE et un BTS ACSE, James Pinel n'avait pas prévu de s'installer tout de suite. Mais, il a eu l'opportunité de reprendre l'exploitation d'un voisin attenante à celle de son père. Il n'a eu que 15 jours pour se décider (en particulier pour ne pas perdre le quota).
Après réflexion et renseignements pris, en particulier auprès du centre comptable pour voir la rentabilité possible, il décide de s'installer. Mais sous quelle forme ? Après discussion avec son père, il décide de regrouper les 2 exploitations, son père devenant salarié à mi-temps. Sur les deux exploitations, tout était à faire au niveau des bâtiments.
Commence alors une course contre la montre pour réaliser le parcours de formation avec les 3 jours du "SRI", le stage 6 mois (5 pour lui avec le BTS), la réalisation de l'étude prévisionnelle. Le tout sur une durée de 8 mois pour une installation en avril 2004. Puis, c'est la construction des bâtiments (étable 50 vaches, salle de traite ..) pour un investissement de 150 000 euros. Un bâtiment simple et évolutif, tout en veillant aux conditions de travail. Le travail des champs est fait pour l'essentiel par entreprise.
James (dont l'épouse travaille à l'extérieur) se retrouve actuellement (à 25 ans) avec une exploitation de 64 ha pour un quota de 300 000 litres et employeur de son père, salarié à mi-temps.
Que pense t'il de son parcours d'installation ? "Cela a bien sûr été trop rapide. La décision d'installation a été prise en 15 jours. Pour le "stage 6 mois", je l'ai fait dans 2 exploitations où ça s'est très bien passé et je m'en suis largement inspiré pour le bâtiment. L'étude prévisionnelle (EPI) a été assez difficile à réaliser car on changeait complètement de situation et je n'avais aucun résultat. Elle avait cependant un côté rassurant. Cette étude est absolument nécessaire, il ne suffit pas d'avoir une formation de départ".
J L Le Rest
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