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Que faire des différentes eaux de la salle de traite et les jus de la fumière ? Hubert Couasnon et Mickaël Bertin, les deux associés du Gaec des Tilleuls Verts à Romagné (près de Fougères) ont réfléchi à la question pendant un an. La solution classique, la construction d’une fosse en béton (800 m3) pour leur élevage de laitières ne leur convenait pas. « Il faut vider la fosse d’un effluent pauvre, cela demande du temps, nous ne sommes pas équipés. Sous-traiter à un entrepreneur ou une cuma revient environ à 2 euros par mètre cube, soit 1500 euros par an. Il fallait trouver une autre solution », analyse Hubert.
Les deux associés sont allés dans la Manche. Ils ont vu un filtre à paille, la formule, certes peu coûteuse, les obligeait à l’installer près de la stabulation, mais la forte dénivellation aurait posé des difficultés. Le filtre à roseaux demande de l’entretien et surtout ne peut recevoir les laits non commercialisables. Le bassin tampon de sédimentation (BTS) leur est apparu plus conforme à leurs souhaits. Il est complété par un épandage par aspersion sur prairie. Ils n’ont pas réellement envisagé le lagunage, la rivière est trop proche et le sol pas nécessairement adapté.
Avec une surface importante en prairie (47 ha sur un total de 80 ha), l’aspersion de l’effluent issu du BTS sur prairie est un atout pour répartir les divers effluents. Les calculs demandent une surface de 2,5 ha, la parcelle la plus proche en fait 3 ha. La stabulation (logettes paillées) donne un fumier pailleux à mou. Les installations seront ouvertes le 5 avril à 14 h dans le cadre des portes ouvertes sur le traitement des eaux peu chargées organisées par la Chambre d'agriculture.
Deux fosses et un asperseur
Prévu pour 80 vaches (les génisses sont sur un autre site), le BTS a une capacité de 130 m3 (2,80m de profondeur) répartie en deux fosses (2/3 – 1/3). Il a été construit par les éleveurs avec des parpaings coffreurs et ferraillé. Un enduit à base de résine appliquée au rouleau renforce l’étanchéité. Des tuyaux souterrains amènent les différents jus (bloc traite et laiterie, jus de la fumière et de l’aire d’exercice couverte). Détail à respecter : l’arrivée dans la fosse doit se faire sans remous, une dalle de réception est nécessaire en même temps que des pentes relativement faibles.
Dans la première fosse, il se produit une croûte en surface et des boues se déposent au fond (elles seront à pomper et à épandre une fois par an). Au milieu la partie liquide, un système de trop plein (à 1,25 m) l’envoie dans la deuxième fosse. Il existe un deuxième trop plein en cas de très forte pluviométrie. Une pompe va ensuite envoyer l’effluent vers un asperseur au moyen d’un tuyau enterré. Dans le cas présent, la dénivellation est de 20 m.
Un tuyau souple va être fixé à l’asperseur. La pression exercée sur le liquide par la pompe va permettre au bras de tourner (15 à 20 m de largeur d’épandage). La rotation du bras va aussi entraîner l’enroulement d’un câble dont une extrémité est fixée au sol à 150 m. Le chariot va ainsi avancer doucement. Chaque passage couvrira de 2000 à 2500 m2. Il reste à calculer le volume à épandre en fonction de la valeur de l’effluent. Le déplacement de l’asperseur d’un point à un autre se fait facilement à la main.
L’ensemble de l’installation (terrassement, BTS, pompe, tuyaux, asperseur) a coûté environ 16 000 euros. Une partie sera subventionnée (60 % théoriquement). « Le coût annuel sera alors nettement moindre qu’avec une grande fosse et de l’épandage », calcule rapidement Hubert Couasnon. Cela rentre dans l’objectif du Gaec qui est de réduire l’ensemble des charges.
L’exploitation en bref
- Deux associés : Hubert Couasnon et Mickaël Bertin.
- 80 ha dont 60 groupés autour du siège d’exploitation. 14 ha de blé fertilisé avec du lisier, 19 ha de maïs et 47 ha de prairies dont une part importante en ray-grass et trèfle blanc.
- Un quota de 440 000 litres, 180 places de post-sevrage et 180 places d’engraissement.
Portes ouvertes : Traiter les eaux peu chargées, de nouvelles solutions
Vous êtes en pleine réflexion sur votre mise aux normes et vous vous interrogez sur des solutions différentes du stockage pour les eaux peu chargées. Vous recherchez des solutions économiques, qui vous permettent d’alléger votre travail ou que vous pourriez mettre en oeuvre vous-même. De nouvelles techniques existent et fonctionnent. Ce sont les solutions de traitement, validées et financées dans le PMPOA2.
Traiter les eaux peu chargées, c’est
- éviter de construire des fosses
- conserver des aires d’exercice découvertes
- simplifier le travail d’épandage
- valoriser les bâtiments existants
Se mettre aux normes par soi-même, c’est possible !
Mardi 5 avril : Réaliser soi-même son filtre à paille
à l’EARL de la Bougatrière - Saint M’Hervé
42 vaches laitières logettes très paillées
Salle de traite épi 2 x 5 postes
Filière filtre à paille et lagunage naturel
Traitement des eaux blanches et des lixiviats d’une fumière découverte de 375 m2.
Mercredi 6 avril : Traiter pour limiter l’épandage des eaux peu chargées
Au Gaec Chauvin - Le Mesnil - Saint M’Hervé
65 vaches laitières logettes très paillées
Salle de traite épi 2 x 5 postes
Filière bassin tampon de sédimentation en béton et lagunage étanchéifié par géomembrane
Traitement des eaux blanches et vertes et des lixiviats d’une fumière découverte de 400 m2
Jeudi 7 avril : réaliser soi-même son bassin tampon de sédimentation
Au Gaec des Tilleuls Verts - La Gilaudais -Romagné
60 vaches laitières logettes très paillées sur 3 rangs
Salle de traite épi 2 x 5 postes
Filière bassin tampon de sédimentation en blocs bancheurs et épandage sur prairie par aspersion mécanisée
Fléchage à partir du bourg. Portes ouvertes - de 14 h à 16 h 30
Paul Chauvin
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