|
Un parcours à l'installation pour tous les agriculteurs et tous les projets". Le thème central choisi pour la session de la Chambre d'agriculture du 25 mars a poursuivi la réflexion menée depuis un an et demi par la Commission Chambre-Jeunes Agriculteurs pour adapter le parcours d'installation en agriculture (voir texte page 17). "Le renouvellement des générations est très important. Alors que le nombre d'enfants d'agriculteurs susceptibles de reprendre l'exploitation baisse, il est essentiel d'intéresser les non agricoles ainsi que nos salariés à la reprise d'exploitations", a commencé Michel David, président de la Chambre d'agriculture d'Ille-et-Vilaine.
David Buan, président de JA 35, a présenté quelques chiffres sur l'installation en Ille-et-Vilaine : les installés ont en moyenne 29 ans et la part des femmes dans les installations aidées est passée de 20 à 26% entre 1993 et 2003. Même si des projets très divers voient le jour, la part de l'activité laitière reste prépondérante (autour de 70% des installations aidées). "Les exploitations s'agrandissent, les coûts de reprise augmentent (de 126 655 à 196 900 euros entre 1993 et 2003) et la part des sociétés grandit".
La nouvelle Pac apporte par ailleurs son lot d'interrogations : transfert de DPU, attributions supplémentaires de lait avec ou sans aide. Et une nouvelle dimension de marché doit être intégrée. C'est la loi qui commandera l'agriculture demain. Les élus demandent à conserver la maîtrise d'œuvre professionnelle sur le parcours à l'installation et à être aidés par l'Etat et les collectivités locales pour financer en particulier les coûts relatifs au développement de l'individualisation de ce parcours.
Certains élus ont noté qu'il serait intéressant de mettre en place des formes sociétaires plus souples. "Il faudrait que ce soit possible de sortir d'une société sans remettre en cause l'entreprise". "Nous avons d'énormes progrès à faire sur le travail en commun. Nous ne devons pas rester sur des idées préconçues", a souligné Elisabeth Chevrier (présidente de la Commission formation de la Chambre). Le recours au salariat et aux groupements d'employeurs devrait aussi être davantage intégré dans les exploitations. "La gestion des ressources humaines fait partie de la formation à l'installation".
Importance de l'ouverture
Les JA, qui voudraient bien voir s'assouplir les règles liées au stage six mois, n'ont pas été approuvés par leurs aînés. "Sauf en cas de problèmes sociaux (santé des parents…), il est intéressant d'aller loin de chez soi, en particulier à l'étranger, pour effectuer ce stage. C'est une chance unique d'aller observer la concurrence européenne et mondiale dans un monde agricole en pleine évolution", note Michel David.
Concernant la pluriactivité, la Commission formation se montre globalement défavorable aux projets de loisir qui empêchent d'installer ou de conforter une exploitation agricole. De son côté, le Conseil général nuance : "Nous ne pouvons pas être indifférents à certaines démarches de fixation d'emploi en milieu rural (fermes équestres…)".
Mise aux normes
Michel David s'est inquiété au sujet de la mise aux normes dans le département. "Début mars 2005, seulement 836 éleveurs, sur 5717 DIE éligibles, avaient déposé leur dossier Dexel ou pré-étude. La Chambre a pris l'initiative avec la DDAF de réunir l'ensemble des organismes prestataires pour faire un point précis de la situation. Une réunion aura lieu le 11 avril. Le président juge absolument nécessaire que, partout où le Dexel n'est pas utile, les techniciens se contentent de la pré-étude pour être disponibles pour traiter davantage de dossiers.
Agnès Cussonneau
|
|