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Un éleveur étrillant pour la énième fois une de ses vaches dans les allées du dernier Festival de l'élevage de Quimper confiait que, s'il n'avait pas "ça", il ne serait plus agriculteur. "Ça" résumait toute sa passion pour les vaches. Pour d'autres, l'attachement à l'agriculture tient à la possibilité de gérer soi-même son temps de travail, à la possibilité de dégager du temps pour se consacrer aux enfants, etc. On appelle aussi ça, la liberté.
Au moment où la "foi" en l'agriculture s'amenuise dans les campagnes, le choix des responsables du comité de développement de Quimper d'inviter des agriculteurs qui disent du bien de leur métier était de bon aloi. Une façon de redonner la véritable mesure aux avantages et inconvénients d'un métier que d'aucuns voudraient faire passer pour le dernier des métiers.
Travailler pour soi
Depuis qu'elle est agricultrice Françoise Rannou, de Briec, se dit "heureuse même avec une semaine de vacances par an". Les 5 semaines de congés payés, elle ne les regrette pas. "Quand j'étais salariée, le temps libre était bien cadré. À chaque fois que j'avais besoin d'une heure, il fallait demander au patron". Aujourd'hui, c'est Françoise qui décide quand elle peut prendre "une heure ou deux".
"Je peux organiser mon temps comme je veux. Je peux m'octroyer des plages de temps libre pour, par exemple, m'occuper de mes filles", se réjouit celle qui, après 15 ans de secrétariat a choisi la vie au grand air. "Sans regret. Aujourd'hui, je travaille pour moi. J'y suis, j'y reste", lance-t-elle à tous ceux qui en viennent à douter de l'agriculture.
S'organiser pour se libérer
Ancien salarié également, Gildas Sizorn, installé à Quimper avec son épouse, Christine, sait combien de temps ils consacrent tous les deux aux différentes activités de l'exploitation. "1 600 heures pour l'atelier naisseur-engraisseur de 100 truies, 200 heures pur les 35 génisses Limousines Label, 900 heures pour les cultures". Le compte est vite fait : cela fait 35 à 40 heures hebdomadaires (1,5 UTH). Un vrai statut de salarié… avec la liberté en plus.
L'objectif de ce couple n'est pas de faire le moins possible. Mais au contraire de faire le plus de choses possible. "Le fait d'être rigoureux sur l'organisation du travail permet de faire beaucoup de choses. Avec un préalable : pour partir tranquille, il faut que les performances de l'élevage soient bonnes".
Parmi ces autres choses, Gildas Sizorn cite les enfants. "Voir les enfants, vivre avec eux, c'est important. Tous les jours, nous prenons le goûter avec nos enfants. C'est un moment privilégié pour échanger". Le temps libéré, il le consacre aussi à sa passion sportive : l'athlétisme. Et là, c'est un autre programme…
Didier Le Du
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