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Producteur de porcs à Trémuson (22), Michel Le Glatin a investi dans un atelier de fabrication d'aliment à la ferme (Faf) en 2003, 4 ans après son installation. "Quand mon père est parti en pré-retraite, l'activité lait de l'exploitation a été stoppée. Je disposais de surfaces de terre et d'un bâtiment vaches laitières vide. J'ai installé la Faf dans ce bâtiment. Avant tout, la fabrication sur le site m'a permis de sécuriser l'aliment avec les mêmes matières premières toute l'année", retrace Michel Le Glatin.
L'investissement, avec un séchoir, a représenté un coût total de 201 385 euros (voir ci-contre). La participation de l'éleveur aux travaux a permis une économie de plus de 15 000 euros. Variable selon les années, le coût de revient de l'aliment fabriqué en 2004 a été estimé à 177 euros par tonne.
L'élevage naisseur engraisseur compte 170 truies. La SAU s'étend sur 85 ha, dont 30 ha de maïs grain, 40 ha de blé, 2 ha d'avoine, 10 ha de colza et le reste est en jachère et prés. Toutes les cultures sont autoconsommées, sauf le colza qui est vendu. "Comme elle autorise des épandages plus précoces, cette culture permet de gagner en capacité (9 mois) et sécurité de stockage du lisier". Le producteur a fait le choix d'investir dans un séchoir (38 110 euros) dans lequel passent systématiquement le maïs et si besoin les céréales. "Il sera amorti sur 5 ans".
La moitié des matières premières produites sur l'exploitation
Les animaux consomment environ 1300 t d'aliment par an. La production de l'exploitation est d'environ 300 t en maïs grain, 320 t en blé et 15 t en avoine. En complément, Michel Le Glatin achète approximativement 150 t de blé, 250 t d'orge, 200 t de soja, 100 t de minéraux et de l'huile de soja. La formulation des aliments est réalisée par les techniciens d'Agrifa qui lui vend l’huile de soja. "Je leur donne mes valeurs de stocks une fois par an, puis des réajustements sont faits au fur et à mesure. Ils se basent entre autres sur des échantillons prélevés sur l'exploitation et dans leurs stocks".
Sur l'élevage, les matières premières sont stockées à sec, dans 7 cellules équipées de gros ventilateurs. "Le fond des cellules est en forme de cône (en béton) pour faciliter le transfert des matières vers le broyeur", précise Michel Le Glatin. "L'automate de Faf contient 7 formules. Je le programme 4 à 5 soirs par semaine et la fabrication se fait la nuit pour réduire les coûts d'électricité. Quatre tonnes d'aliment sont réalisées en une nuit. Le broyeur se règle pour faire varier les granulométries des aliments".
Allaitantes, porcelets - préparation mises bas, croissance, gestantes, finition et post sevrage - 2ème âge : les différents types d'aliments réalisés patientent avant utilisation dans six silos qui existaient avant la mise en place de la Faf. La capacité de stockage est d'une semaine pour chacun. "Ce stockage d'aliments finis n'est pas obligatoire, mais c'est préférable. En cas de panne, on peut être bloqué plusieurs jours. Par ailleurs, mon système automatique en sec permet d'utiliser moins de main -d'œuvre et je peux partir une semaine sans problème". L'aliment est distribué en sec pour les truies allaitantes et le post-sevrage jusqu'à 30 kg. Pour les gestantes et les porcs en engraissement, la ration est servie en soupe.
Amélioration des performances
La Faf ne demande pas beaucoup de travail au quotidien, juste quelques minutes pour la programmation. Par contre, il faut ponctuellement passer du temps au nettoyage des cellules et à la réception des céréales. Les minéraux et le soja sont livrés toutes les 6 semaines. En cas de panne, la société Guillerm, qui a installé le système, assure les réparations.
Michel Le Glatin se montre satisfait de son atelier de Faf et de la qualité de son aliment. D'autant plus que les résultats technico-économiques sont au rendez-vous : l'indice de consommation global de l'élevage est passé de 3,11 (novembre 2003) à 2,91 (novembre 2004). Le coût alimentaire du kilo de croît global est descendu de 0,575 à 0,465. Une belle progression.
Coût de l'investissement :
201 385 euros (1,32 millions de F) dont
- terrassement : 915 euros
- maçonnerie, cônes : 37 350 euros
- cellules stockage : 33 540 euros
- récupération, broyage, mélange, envoi vers silos : 83 850 euros
- petite extension de Faf : 7 620 euros
- séchoir : 38 110 euros.
Le producteur a bénéficié d'une aide Rénofaf de 12 200 euros.
Agnès Cussonneau
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