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Sommaire | " DOSSIERS " | Porcs | Article n°4933 |
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SCEA de Tréoguen à Kergloff (29) : À Kergloff (29), une fabrique pour 100 truies naisseur-engraisseur
 
À l'heure où de nombreux élevages découvrent la fabrication à la ferme, la SCEA de Tréoguen, à Kergloff, a déjà plus de 10 ans de recul sur la Faf. Aujourd'hui, Hervé et Marie-Christine Guillerm fabriquent 700 tonnes d'aliment par an dont une grande partie à partir des céréales produites sur l'exploitation.
Cet éleveur est tombé dedans très tôt. "L'exploitation où j'ai effectué mon stage d'école d'agriculture avait sa fabrique. Dès lors, j'ai été motivé. Aussi, quand je me suis installé, la décision de "fafer" était évidente".
Et ça continue. Mais plus dans les mêmes conditions qu'au départ. Il y a deux ans, Hervé Guillerm a complètement revu sa fabrique. Total de l'investissement : 90 000 euros dont 12 000 euros de subventions (Rénofaf). L'achat de matériel d'occasion (élévateur, bascule, etc.) et la récupération d'équipements de l'ancienne fabrique (broyeur, mélangeuse, convoyeur à maïs) ont contribué à maîtriser le coût. "Nous avons également monté nous-mêmes les cellules", indique l'éleveur, précisant que la machine à soupe sert de mélangeuse.
Un espace évolutif
Pour élaborer les plans de sa deuxième fabrique, cet éleveur a tiré quelques enseignements de ses premières erreurs. "J'avais pelleté pendant 10 ans. C'est quelque chose que je ne voulais plus faire".
Première impression quand on rentre dans cette fabrique : l'espace. L'ensemble du matériel est logé dans un hangar de 455 m2 dont l'auvent est presque entièrement vide. "Je voulais une installation évolutive, pas à l'étroit". Même souci au cœur de la fabrique : "J'ai été attentif à laisser un certain espace entre les cellules".

Tout le stockage se trouve sous le même toit. Deux silos couloir sont conçus pour le maïs humide. "Un des couloirs reçoit du blé sec entier pour faire tampon avec la prochaine récolte de maïs. Stocké sur 1,50 m de hauteur, sans ventilation, il est consommé dans les 4-5 mois". Quatre cellules complètent l'ensemble de stockage : une pour l'orge, une pour le blé, une autre pour l'avoine et une quatrième pour le soja.
Confronté à des problèmes d'humidité dans sa première fabrique, cet éleveur a été particulièrement vigilant pour la deuxième construction. "J'ai choisi des cellules équipées de "venti-cône" (fond conique en tôle perforée). C'est le principe du grenier où le grain n'est pas en contact avec le sol".
Dans le prolongement, cet éleveur a également tout mis en œuvre pour faire la chasse au "mauvais grain". "Avant stockage, je vidange toutes les cellules en donnant un coup de ventilateur pour évacuer les derniers grains". Même rigueur au niveau de la fabrique et des silos couloirs qui sont systématiquement balayés. "La propreté est le gage pour éviter les insectes. Il ne faut pas non plus oublier les murs des silos", conseille H. Guillerm.
Nettoyage de toutes les céréales
À la livraison, toutes les céréales sont nettoyées. "Tous les déchets récupérés sont brûlés car ils contiennent toutes les impuretés. Il faut également faire attention de ne pas rentrer de charançons avec les céréales qu'on achète". Une rigueur que soutient Yannick Le Moigne, technicien Prestor, soulignant que "80 % des mycotoxines se trouvent dans les balles et le petit grain".
Toujours dans un souci qualitatif, cet éleveur accorde une attention particulière au refroidissement du grain en cellule. "On ne sèche pas le grain, on le refroidit", rappelle-t-il, indiquant que la ventilation est déclenchée par thermostat. "Sachant qu'en hiver, une ventilation par des températures de moins de 5 °C est insecticide". Dernier conseil d'éleveur dans le domaine de la ventilation : "Il faut être vigilant sur le choix des ventilateurs. Certains appareils compriment l'air ce qui provoque son échauffement, c'est-à-dire l'inverse de ce que l'on recherche".
En ce qui concerne le maïs humide, un tassage systématique des silos est réalisé. Seule difficulté pointée par H. Guillerm : "Des silos un peu plus longs auraient été préférables. 15 mètres, c'est un peu juste". C'est bien connu – comme pour les maisons – il faut attendre la troisième construction pour faire du parfait…


En pratique

- La fosse de réception extérieure de forme conique est chemisée par des plaques métalliques ce qui assure une bonne descente des matières premières. La capacité est de 15 tonnes et le débit de la vis est de 15 t/heure.
- Fabrication : 700 t/an pour 100 truies et la suite
- Stockage des produits : 1 cellule de soja broyé ; 1 cellule de blé broyé ; 1 cellule de minéral PC ; 1 cellule d'aliment gestante ; le 1er âge est mis en big-bag et le 2e âge est mis en silo transportable.
- Pour ne pas peser les minéraux : "1 sac = 1 tonne", ce qui revient à acheter des sacs de 27,35, 40 kg…
- Coût de fonctionnement : 15,5 euros/tonne (amortissement, main-d'œuvre, entretien, électricité, freinte)
- Frais financiers liés au stockage : 5 euros/tonne

Didier Le Du


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Date de l'article : semaine du N° du 25 Mars au 1 Avril 2005
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