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Sommaire | " DOSSIERS " | Porcs | Article n°4929 |
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Des bases pour partir sur de bonnes bases
 
Il y a énergie et énergie
Le cochon gère sa consommation d’aliment en fonction de la valeur énergétique de celui-ci. Et, en fonction de l’équilibre acides aminés par rapport à l’énergie, il fait du muscle ou du gras.
L'énergie nette d'un aliment correspond à l'énergie disponible pour l'entretien et la production de l'animal. Selon les aliments, elle représente de 50 à 70 % de l'énergie brute, c'est-à-dire de la chaleur que dégagerait un kilo d'aliment si on le brûlait. On parle en mégajoules ou en kilocalories (1 mégajoule = 239 Kcal).
En fonction du stade physiologique de l'animal, la digestibilité de l'aliment est plus ou moins élevée. Ainsi, un animal adulte valorise mieux les fibres qu'un porcelet. C’est pour cela que l’on donne à présent des valeurs énergétiques spécifiques pour les truies.
Le type d’énergie (Energie brute, digestible, nette) est également source de différences. Le tourteau de soja est plus riche en énergie digestible que le maïs. Mais exprimé en énergie nette, il devient moins intéressant : 11 MJ d'EN pour le maïs, 8,1 MJ pour le soja, parce que l’énergie du soja est en partie apportée par les protéines, dont une part importante n’est pas utilisée, mais rejetée dans les urines (urée)
Pour comparer des matières premières, il faut donc parler en énergie nette par kg d'aliment, car l'énergie digestible surestime les matières premières riches en protéines et en cellulose et sous-estime celles riches en amidon et en matières grasses.
Parler en énergie suffit-il ?
Parler d'une valeur énergétique d'un aliment ne suffit pas. Il faut parler d'équilibre énergie-acides aminés. Un peu comme un mur où les briques sont les acides aminés et le ciment l'énergie. S'il y a trop de l'un ou de l'autre, le mur ne se fera pas correctement. Si les rations ne sont pas équilibrées, les performances ne sont pas optimum.
Plus précisément que le rapport énergie/protéines, il faut veiller au ratio lysine digestible/énergie nette (en g/MJ), car la lysine est le facteur limitant. Exemple : cet équilibre doit être de 1,2 g/MJ en porcelet ; de 0,9 g/MJ en croissance, etc.
En deuxième étape, on se penche sur la protéine idéale en tenant compte des équilibres entre acides aminés : méthionine, méthionine + cystine, thréonine, tryptophane, chacun étant exprimé par rapport à la lysine. Il faut apporter dans l’aliment au moins les rapports que l’on trouve dans les muscles, le lait …
Quand on regarde ces deux choses, on a résolu 80 % des problèmes de formulation.
La formule parfaite existe-t-elle ?
Dans nos stations de l'ITP, en équilibrant au mieux les formules, on obtient des GMQ de 1 000 g. Preuve qu'il y a encore de la marge sous le pied sur le plan génétique. Des conditions dégradées (sanitaire, densité…), ne permettent toutefois pas d'atteindre de telles performances dans les élevages classiques. Un porc placé dans de mauvaises conditions ne valorise pas un bon aliment. Par contre un porc à fort potentiel génétique, et dans de bonnes conditions d’élevage, ne peut exprimer son potentiel avec un mauvais aliment (mal équilibré).
Mais pour autant qu'elles soient possibles des croissances maximales ne sont pas nécessairement justifiées économiquement. Il faut trouver le compromis technico-économique le plus intéressant.
C'est-à-dire parler en kg de croît
Il faut régler sa machine à soupe en énergie nette et non pas en kg d'aliment. Ce qui compte, c'est le coût du kg de croît.
En porc charcutier, il n'y a pas de concentration énergétique idéale. On obtient des GMQ équivalents, des pourcentages de muscle comparables, des IC énergétiques comparables avec des aliments ayant des concentrations énergétiques différentes, par contre les IC techniques seront différents. Parler de plan d’alimentation, de prix au kg d’aliment, d’IC (kg) sans faire référence à la valeur énergétique de l’aliment n’a aucune valeur. Ainsi un IC de 3 peut être meilleur qu’un IC de 2,8.
Quantité d'acides aminés
Il ne faut pas parler en acides aminés totaux, mais en acides aminés digestibles, correspondant à la part des acides aminés utilisable par l’animal. Prenons le cas de la lysine, selon les matières premières sa digestibilité varie de 65 à 90 % (T soja 91, Pois 82, T colza 75 et son 65), par conséquent des aliments complets de compositions différentes, peuvent avoir une valeur en lysine totale identique et une valeur en lysine digestible différente. ..
La digestibilité des autres acides aminés est également variable selon les matières premières. D'où l'intérêt, dans l'approche formulation, de regarder la digestibilité des acides aminés car il n'existe pas d'enzyme capable d'optimiser cette digestibilité.
Des conséquences concrètes
Il faut, par exemple, faire attention à la disponibilité en méthionine et en tryptophane avec des rations à base de maïs et de pois.
En parallèle, on sous-estime souvent le tryptophane qui a un rôle au niveau de la consommation d’aliment. Par exemple, on met parfois les formules maïs plus pois à l'index pour des problèmes de baisse de consommation. C'est parfois une question d’équilibre en tryptophane, un manque de 0.2 g/kg de tryptophane suffit pour faire chuter la consommation de 200 g/jour.
Les acides aminés industriels
utiliser des acides aminés industriels pour respecter les équilibres n'est pas toujours la bonne solution. Il faut voir leur prix d'intérêt. Exemple encore du maïs + pois et de leur "appétence". Faut-il pour autant ajouter du tryptophane industriel à 35 000 euros la tonne ? Pas sûr. Mais en tout cas, mieux vaut utiliser du tryptophane et de la thréonine industriels que d'utiliser des complémentaires mal adaptés.
Il faut également savoir que, si la plupart des acides aminés industriels sont purs à 99 %, la lysine industrielle, elle, ne renferme que 78 % de lysine nutriment (780 g/kg). Il faut en tenir compte dans les formulations.
En vrac sur l'approvision-nement…
Neuf années sur 10 vous avez économiquement intérêt à tout stocker les céréales à la récolte.
À noter aussi que les blés locaux sont souvent moins riches en protéines qu'un blé extérieur.
Enfin, il faut savoir qu'un soja 48 (46 % de protéines et 2 % d'huile) ne contient pas toujours 46 % de protéines. Dans les tables, il est d’ailleurs compté à 45,7 %. C'est donc intéressant d'analyser ponctuellement les matières premières achetées.

Didier Le Du

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Date de l'article : semaine du N° du 25 Mars au 1 Avril 2005
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