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Sommaire | " DOSSIERS " | Porcs | Article n°4928 |
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Bien peser avant de se lancer
 
La réduction du coût alimentaire au travers de la valorisation des céréales de l'exploitation ou leur achat en circuit court est la principale raison invoquée par les éleveurs qui se sont lancés ou qui ont en projet d'investir dans la Faf", embraye Catherine Calvar. Et de poursuivre : "Plusieurs enquêtes auprès des éleveurs-fabricants mettent en avant d'autres raisons : meilleure connaissance des matières premières utilisées, possibilité d'ajustements rapides des formules, fraîcheur de l'aliment compte tenu de la fréquence des fabrications", sécurité alimentaire.

Un autre métier
"Mais choisir la Faf, c'est pour l'éleveur, assurer les devoirs et les risques d'un autre métier", prévient cette spécialiste. Et d'expliquer : "L'éleveur qui s'engage doit faire valoir des compétences pour les achats de matières premières. L'achat étant certainement l'aspect qui nécessite le plus de compétence de la part de l'éleveur-fabricant".
Les approvisionnements en matières premières sont en effet déterminants dans le prix de l'aliment fabriqué. Ce qui suppose, en priorité, d'être informé sur les prix. "De nombreux moyens sont à disposition : abonnement à des services de cotations (journaux, minitel, Internet), relations avec des courtiers, suivi par des techniciens spécialisés, participation à des groupes d'achats d'éleveurs-fabricants, associations professionnelles spécialisées telle qu'Airfaf, etc.".
L'éleveur qui s'engage doit également acquérir des compétences pour le suivi qualité des matières premières, la gestion et la conservation des céréales. "Il faut également acquérir des compétences en formulation", poursuit C. Calvar.
Le risque de se reporter un peu trop sur la Faf et de délaisser l'élevage est également réel. "Avec la possibilité de voir les performances animales se dégrader". Car, certains "fafeurs" ont beau calculer à minima, la Faf nécessite bien de la main-d'œuvre supplémentaire. "Certes l'automatisation en fabrication permet de gagner du temps, mais il ne faut pas négliger les pics de travail lors des récoltes. Sans oublier le temps consacré à l'approvisionnement en matières premières, à la formulation, etc.".

Avoir une réflexion globale
Ces éléments pris en considération, le projet peut franchir une étape supplémentaire par l'approche des investissements nécessaires propres à chaque atelier. Cette évaluation permet une première approche de la rentabilité du projet, avec l'objectif ultime, la détermination du prix de revient de l'aliment fabriqué à la ferme et sa comparaison avec celui du commerce*. "À ce niveau de réflexion, il est également intéressant de comparer le projet Faf à d'autres investissements qui seraient peut-être aussi judicieux : amélioration des bâtiments, complément d'équipements…"
Reste enfin à évaluer la faisabilité financière. "En étant vigilant à ne pas créer de problèmes de trésorerie. En parallèle de l'investissement, il convient en effet de prévoir le financement correspondant à des stocks de matières premières qui peuvent représenter plusieurs mois de consommation. Sans négliger les céréales produites sur l'exploitation qui ne seront plus vendues".
Une fois tous ces aspects bien pesés, le projet peut être concrétisé sachant qu'une part d'imprévisibilité subsiste. Dans le bon et le mauvais sens. Mais cela tout chef d'entreprise y est habitué…

En vrac dans la balance


r Les "plus"
- Possibilités d'approvisionnement à meilleur coût facilitées par les achats de céréales en circuits courts, directement auprès du producteur
- Contrat d'achat de tourteau de soja en direct d'usine ou de port permet de limiter les coûts
- L'excellente compétitivité des techniques de conservation des céréales par voie humide (ensilage ou inertage) entraîne l'économie du coût de séchage
- La taille d'élevage n'est pas forcément un facteur limitant : tout dépend de la conception de la fabrique.

r Les "freins"
- Certaines technologies (granulation, floconnage, extrusion…), entraînant une meilleure assimilation, sont impossibles ou peu faciles à mettre œuvre à la ferme
- Le nombre de matières premières est limité par le nombre de cellules, par la rotation des stocks nécessaire pour une bonne conservation des matières premières (pour autant, ne pas négliger les aliments sur lesquels la valeur ajoutée peut être importante), par les conditions de livraison (un camion entier permet de décrocher de meilleurs prix).
- Pouvoir disposer d'une bonne trésorerie dans les cas d'achats importants de céréales à la récolte.

r Les réflexions à avoir

- L'échange céréales-aliment avec un fabricant d'aliment est parfois une option intéressante pour valoriser ses céréales en évitant d'accroître le temps de travail sur l'exploitation.
- La comparaison des aliments achetés et fabriqués doit être effectuée sur les mêmes bases d'apports nutritifs.
- La conception de la fabrique : précision du fonctionnement, longévité du matériel, souplesse d'utilisation sont des critères de choix.
- Opter pour le stockage par voie sèche ou voie humide :
- Tenir compte d'autres arguments : le besoin d'investir (raisons fiscales, etc.), non-possibilité d'agrandir son élevage, envie de faire autre chose pour sortir de la routine…


Didier Le Du
* des simulations économiques sur la rentabilité du projet sont indispensables

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Date de l'article : semaine du N° du 25 Mars au 1 Avril 2005
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