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Le bal de l'agriculture organisé par les agriculteurs du canton de Gourin est une valeur sûre du Centre-Bretagne. Une singularité aussi dans le paysage agricole breton. Alors que beaucoup d'initiatives de la sorte ont rapidement périclité, cette fête organisée par le GVA surfe de succès en succès depuis plus de 35 ans. On y vient du Morbihan, mais aussi du Finistère et des Côtes d'Armor tout proches.
Un événement né d'une boutade
La paternité du bal de l'agriculture de Gourin revient à deux copains, José Le Fer, de Gourin, et Joël Godard, de Langonnet. "Nous étions à une réunion sur le porc à Plouay où l'on parlait aussi musique sachant que quelques-uns d'entre nous jouaient d'un instrument", se rappelle Joël Godard. "C'est ainsi que l'idée du bal est partie d'une boutade". Épaulé pour la première édition par Jean-Jo Derrien, enseignant à l'école d'agriculture de Gourin, le premier bal scelle alors l'envol d'une longue aventure. C'était en 1968.
Très vite cette fête annuelle devient une référence locale. Une institution où l'on se donne rendez-vous d'une année sur l'autre. Les souvenirs de soirées épiques s'égrainent et s'enchaînent au fil des discussions. La salle Jacq, monument historique des festivités de cette localité morbihannaise semble encore transpirer des moments forts qui ont fait vibrer le public… et qui sait, sans doute aussi le cœur de jeunes en quête d'aventures amoureuses. D'anciens participants évoquent la manifestation en parlant du bal des célibataires. Du côté des organisateurs, on en reste à la version du bal de l'agriculture qui, dans ses premières années, élisait toutefois ses miss agriculture.
Bénévolat et convivialité
De cette époque héroïque, il en reste une certitude qu'aiment rappeler les organisateurs : Le bal de l'agriculture est toujours le premier événement festif de Gourin. Une popularité à mettre au compte du renouvellement des bénévoles et à l'innovation dont a fait preuve le comité d'organisation piloté par les agriculteurs du GVA. "À un moment où une certaine érosion des entrées se faisait sentir avec les bals traditionnels, nous nous sommes orientés vers le spectacle dansant. Cette formule fonctionne bien depuis 1999", expliquent les responsables.
Mais le succès tient aussi au bénévolat empreint de convivialité.
"Nous sommes une très bonne équipe. Chacun prend son rôle en main", se félicite Michel Droal, agriculteur et président de l'association depuis 15 ans. "Nous avons 3 à 4 responsables dans chaque commune du canton. Tout est organisé : les agriculteurs ont leur liste de commerçants à démarcher pour les lots de la tombola ; nous avons des responsables parking, buvette, etc., sans oublier les vendeurs de cartes. Il y a même des enfants qui font leur tournée tous les ans. Et attention si on oublie des anciens qui achètent régulièrement des cartes tous les ans sans jamais mettre les pieds au bal". Elles sont là, toutes simples, sans froufrous, les clés d'une machine bien rodée qui contribue au succès du bal de l'agriculture de Gourin devenu progressivement "spectacle dansant de l'agriculture" …
Didier Le Du
Les bénéfices investis dans la formation
Mais que fait donc le GVA (Groupement de vulgarisation agricole) avec les bénéfices ? "L'argent gagné au cours de cette soirée est investi dans la formation des agriculteurs adhérents au GVA. Les bénéficies engrangés permettent de réduire la cotisation d'adhésion et d'appliquer des remises aux formations que suivent les agriculteurs". Une utilisation très noble qui mérite d'être encouragée…
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