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Morbihan (56)
Confédération Paysanne : Une Pac inapplicable et un PAD pour des paysans nombreux
 
La Confédération Paysanne du Morbihan tenait la semaine passée à Guern son assemblée générale annuelle. Une assemblée à laquelle participait le porte parole national Jean-Émile Sanchez, éleveur de brebis dans le Larzac, et qui depuis 1 an a succédé à José Bové.
Au-delà de l'activité de l'année passée (qui avait notamment commencé par l'occupation de la Chambre régionale à l'issue de l'assemblée), les discussions ont porté en particulier sur quelques points d'actualité avec la Pac et le PAD.
Pour un moratoire sur l'application de la PAC
"Continuons de dénoncer cette nouvelle Pac perverse, inégalitaire et rentière qui n'est pas au service de l'emploi", affirmait Dominique Raulo (porte parole départemental) dans le rapport d'orientation. Il est évident que les règles prévues (DPU) figent des situations et pénalisent certaines formes d'agriculture comme les systèmes herbagers ou encore l'agriculture biologique, qui sont pourtant les plus protectrices de l'environnement.
Plus encore, pour les responsables morbihannais comme pour J. É Sanchez "cette Pac est inapplicable car elle crée des distorsions de concurrence entre des types d'agricultures et aussi entre les agriculteurs de pays qui n'ont pas adopté les mêmes règles".
En fonction de ces inégalités, la Confédération demande au Conseil régional et au Conseil général de mettre en oeuvre les orientations proposées pour les systèmes herbagers et bio.
Le porte parole national va encore plus loin : "La Pac met en concurrence les paysans à travers les DPU. Elle fige les aides sur la base des références de 2000 à 2002. Elle maintient 80% des subventions pour les 20% d'exploitants qui ont fait le choix d'une agriculture productiviste qui mène dans le mur. À terme elle ne peut pas fonctionner en Europe et l'on va vers une renationalisation de la politique agricole. La Confédération va demander un moratoire sur l'application des choix faits par la France, exiger un débat parlementaire sur une véritable politique agricole et exiger une nouvelle négociation. Nous saurons trouver les actions qu'il faut pour cela".
D'abord un bilan de l'ancien PAD
Le nouveau Projet Agricole Départemental doit voir le jour cette année (il sera peut-être signé avant l'été). À la Confédération, comme dans les autres organisations agricoles, la réflexion est en cours.
Mais, avant de faire des propositions concrètes, elle demande d'abord qu'un bilan de l'ancien PAD soit réalisé, avec une comparaison des objectifs et des réalisations : "Nous souhaitons en particulier une expertise sur le montant des revenus des éleveurs laitiers en fonction des volumes de production car nous ne sommes pas convaincus qu'avec plus de quota on gagne obligatoirement plus". Un bilan réalisé par la DDAF devrait être remis à la CDOA en fin mars.
Parmi les autres exigences du syndicat, on retrouve le souhait de voir étudier et aider tous les dossiers présentés, ce qui, en pratique, revient à une suppression des seuils en particulier pour l'installation : "Nous demandons à ce que l'on regarde le projet et non les volumes de production, des agriculteurs sont en difficulté parce qu'ils ont trop de travail ou d'investissements".
La Confédération exige encore que le PAD "fasse la promotion de l'agriculture paysanne et durable, à valeur ajoutée partagée équitablement dans la filière. Il doit être centré sur une volonté forte et concrète d'avoir un territoire mis en valeur par des paysans nombreux".
Un accès à la terre pour tous
Pour que cette agriculture avec des paysans nombreux soit possible, il faut également une répartition plus équitable des terres : "Trop de terres vont à l'agrandissement. Pour installer, il faut créer les conditions d'accès au foncier. Cela se joue au niveau local, sur le terrain".
C'est en ce sens que la Confédération demande la création de commissions de structure au niveau cantonal ou communauté de communes et regroupant des élus, des représentants des syndicats et de l'administration : "Cela permettrait d'anticiper les mouvements fonciers, de proposer une répartition, de prévenir les conflits et de rendre ainsi plus efficace la CDOA départementale".

Jean Louis Le Rest


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Date de l'article : semaine du N° du 18 au 25 Mars 2005
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