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Pour son assemblée générale qui avait lieu le jeudi 10 mars 2005 à Rennes, le syndicat Jeunes Agriculteurs (JA) d'Ille-et-Vilaine avait placé le revenu au cœur des débats. "L'agriculture d'hier s'axait sur la productivité, aujourd'hui elle rime avec OMC, Pac ou encore environnement… Les marchés sont remis en cause, la modulation et la conditionnalité sont mises en place et tout cela a des conséquences sur le revenu", cadrent les responsables du syndicat rappelant que "le renouvellement des générations et le maintien du nombre d'agriculteurs passeront par le revenu".
Les énergies renouvelables
Dans ce contexte en perte de repères, les JA ont émis des propositions présentées lors de l'assemblée générale. Certaines concernent la maîtrise des coûts de production. Parmi les pistes évoquées : les biocarburants et énergies renouvelables. "Aujourd'hui, les énergies fossiles procurent 95% de notre énergie. Il est urgent de trouver et d'utiliser des énergies moins polluantes et plus dépendantes de l'agriculture. Un bassin de production comme la Bretagne peut tirer bénéfice de ses faiblesses en exploitant des déchets d'abattoirs : les farines animales. La valorisation énergétique par traitement thermique est possible", pensent les syndicalistes.
Les techniques culturales simplifiées (TCS) sont aussi perçues par les JA comme une source d'amélioration du revenu avec des gains en charge de mécanisation et consommation de fioul. L'intérêt des groupes (lait, cultures…) a aussi été mis en avant. "Ils permettent de comparer les résultats, les points forts, les points faibles".
Face aux montants de reprise élevés, les syndicalistes défendent l'idée du fonds agricole qui permettrait d'utiliser "une valeur globale dans l'évaluation, sans chercher à évaluer chaque élément et sans valoriser le droit au bail ou encore les droits à produire. La valeur économique et l'entreprise agricole pourraient enfin être reconnues". JA 35 se prononce par ailleurs pour le regroupement sociétaire qui nécessite toutefois une entente des associés.
Intervenant lors de l'assemblée, Alphonse Gautier, responsable du Cergiv, a illustré les différences de coûts de mécanisation au travers d'une étude menée sur des exploitations laitières de même dimension. "Cette charge pouvait aller de 200 euros/ha/an à plus de 500 euros/ha/an". Il rappelle aussi que les agrandissements doivent avant tout être bien raisonnés économiquement.
Bertrand Paumier, administrateur FDCuma, a rappelé l'intérêt des Cuma en terme de réduction de charges, quand on a "l'esprit de groupe". Il note par exemple qu'une remorque coûte très cher pour une seule exploitation. "La Cuma permet aussi de disposer de matériel performant. Dans notre Cuma, ce sont les salariés qui conduisent le matériel, ce qui entraîne moins de casse", précise-t-il.
Marché à terme
Instrument financier servant à sécuriser le prix d'achat ou de vente, le marché à terme a été évoqué lors de la réunion. "Nous n'en sommes qu'aux prémices, mais c'est intéressant de s'informer sur cette possibilité. Cet outil ne sera pas utilisé pour toute la production. Il permet de sécuriser une partie du chiffre d'affaires de l'exploitation", précise David Buan, président de JA 35.
Laurence Duval, de JA National, pense que les agriculteurs doivent aussi être présents sur le développement rural et la multifonctionnalité de l'agriculture, aidés par certaines subventions transférées dans le second pilier de la Pac. Elle incite par ailleurs à un regroupement de l'offre et aux démarches filières. Les JA s'adressent enfin aux responsables d'OPA : "Le vent de réforme souffle également à votre porte".
Agnès Cussonneau
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