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Ille et Vilaine (35)
Quelle évolution de la viande bovine en Ille-et-Vilaine ?
 
Question : comment voyez-vous l’évolution du nombre de laitières dans le département ? Plus que les chiffres qui résultent du petit sondage fait auprès des participants à l’assemblée de Bovins Croissance, ce sont les arguments évoqués qui présentent un intérêt. Sur cette première interrogation, une baisse des effectifs semble probable. Pour plusieurs raisons : augmentation de la productivité par vache, pression de l’environnement, découplage de l’aide laitière. La tendance passée est à un effritement de 2 % par an. À moins que le département récupère des quotas venant d’autres régions !
Nettement plus nuancée est l’évolution des vaches allaitantes. Les prix, la mise aux normes, le maintien des prairies permanentes, le prix à la baisse des céréales, la volonté de conserver un capital bovin, le découplage des aides pousseraient à augmenter les effectifs. En revanche, il ne faut pas espérer de primes vaches allaitantes (PMTVA), les céréales sont plus faciles à mettre en œuvre et demandent moins de travail. Pendant combien de temps, le couplage de la PMTVA sera-t-il effectif ? Le nombre d’allaitantes pourrait ne guère évoluer alors que la tendance passée était à la baisse.
Ce qui plaide en faveur du maintien du jeune bovin tient d’abord dans les prix, la baisse du nombre de vaches laitières (le taurillon se substitue à la vache de réforme), le faible prix du maïs grain. Le découplage des aides joue en faveur d’une baisse comme la diminution du nombre de vaches et la demande italienne en broutards. Et il faut aussi prendre en compte la disparition des petits producteurs. Avec le jeune bovin laitier, le prix du veau peut être un frein, mais le niveau de prix, la disponibilité en fourrage, le prix des céréales restent des atouts favorables.
Conditionnalité, découplage, mise aux normes…, les agriculteurs s’interrogent. Jean-Luc Fossé se veut optimiste : « Les élevages de l’Ouest sont compétitifs. Aujourd’hui, il nous faut réussir la mise en œuvre du découplage et de la conditionnalité, nous n’avons plus le choix ».


Paul Chauvin


Lait et viande bovine sont liés en Ille-et-Vilaine

Lors de l’assemblée de Bovins Croissance, Christian Veillaux de la Chambre d'agriculture a dressé un tableau de la production de viande bovine du département. Sans entrer dans le détail des chiffres, il a fait remarqué que la moitié des vaches allaitantes du département cohabite avec des laitières. La proportion est la même en ce qui concerne la production de génisses à viande et les trois quarts des mâles sont produits dans des exploitations qui ont du lait.
Chez les détenteurs de vaches allaitantes, plusieurs catégories se distinguent, certains n’ont qu’un effectif faible (une dizaine de vaches) et parmi eux beaucoup de naisseurs, c’est de la diversification. D’autres tournent autour de 30 vaches allaitantes souvent avec du lait et les spécialisés disposent de troupeaux dépassant les 50 vaches.
Les engraisseurs de jeunes bovins sont peu nombreux, ils produisent une centaine de taurillons par an (le chiffre de 90 PSBM maximum n’est pas étranger à cette taille). Les jeunes bovins viennent surtout des élevages laitiers. Un nombre significatif achète à l’extérieur.



Plus d’allaitantes et moins de génisses à Bovins Croissance

Bovins Croissance est présent dans seulement 4 % des 2772 élevages qui ont des vaches allaitantes (25 500), mais ceux-ci détiennent plus d’une vache sur cinq (soit 5500). Plus le troupeau compte de vaches, plus le besoin d’un suivi se fait sentir. En 2004, ce sont les éleveurs de Charolais qui ont fait l’augmentation de l’effectif. Jusqu’à maintenant, 13 % des Charolaises étaient suivies contre 30 % pour les Limousines ou les Blondes d’Aquitaine. Bovins Croissance prévoit de porter un effort particulier sur la compréhension du bilan génétique suite à la modification du calcul des index de synthèse. « L’indexation s’affine, il faut utiliser davantage le bilan génétique », insiste Alain Bazire.
C’est la stabilité depuis quatre ans dans les effectifs contrôlés de jeunes bovins (autour de 2000). Il s’agit essentiellement d’animaux de race allaitante. Un travail va être à mener : la réduction du coût de production avec la mise en œuvre du découplage.
En revanche, le suivi des génisses régresse : 188 élevages au lieu de 224. Et pourtant souligne Bovins Croissance, « il y a une différence de 2 mois au vêlage entre la moyenne et ceux qui ont un suivi ». De nouveaux services (groupe ou individuel) vont être proposés, ils mettront en avant la conduite et le coût.
Par ailleurs, les responsables de Bovins Croissance mènent une réflexion sur une éventuelle régionalisation des services ou un rapprochement avec les organismes départementaux, Contrôle laitier en particulier. « Il nous semble important de garder un ancrage de proximité fort pour répondre aux attentes et réduire les coûts, explique René Collin le président. Dans tous les cas, il nous faut poursuivre une collaboration régionale pour l’utilisation des outils et la définition de projets communs ».


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Date de l'article : semaine du N° du 18 au 25 Mars 2005
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