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Place à un syndicalisme plus "docile" cette année, à l'assemblée générale de la FDSEA. C'est en tout cas le ton d'apaisement qu'a voulu imprimer Michel Adam, président, un an après ce qu'il a qualifié lui-même "d'assemblée tonitruante". Comme un message d'excuses adressé aux administrateurs et présidents d'organisations professionnelles qui avaient été particulièrement malmenés, en mars 2004, dans ce même centre socioculturel Alizé.
En quête de soutien financier…
Un an plus tard, le discours syndical est plus modéré. "On voit d'un bon œil la réorganisation de la Chambre d'agriculture, la régionalisation des EDE. La coopération commerciale avance mais pas assez vite. Or, sommes-nous encore assez riches pour nous concurrencer". Un discours plus pesé aussi à l'heure où le syndicat majoritaire s'inquiète ouvertement de sa "fragilité" financière et en appelle à la générosité.
2005 s'annonce d'ailleurs comme l'année "de remise à plat du financement du syndicalisme". Car, la structure a beau avoir augmenté les adhésions depuis 1989 (40 % des agriculteurs du département sont adhérents) et réduit ses charges, le budget reste toujours difficile à boucler. Les organisations agricoles, dont certaines sont pointées du doigt pour "leur manque de soutien à la FDSEA", sont invitées à mettre la main à la poche. "Il faudra passer des paroles aux actes, notamment au travers de conventions", a déclaré le trésorier, Ronan Le Meur.
… et d'un nouveau
chef de file
Au-delà des aspects financiers qui minent le quotidien des gestionnaires, l'assemblée générale est d'abord l'occasion de revenir sur les dossiers syndicaux de défense des agriculteurs. Certes des succès récompensent l'engagement et le travail des syndicalistes – 900 000 euros récupérés, soit 53 % des créances dans l'affaire Sicamob – , mais des dossiers récurrents patinent et finissent par paraître insolubles comme l'ont répété les agriculteurs qui ont participé aux 50 réunions "vide ton sac", organisées cet hiver.
Au cœur des revendications qui balayent le large éventail des abus de la grande distribution, du juste retour de la plus-value aux agriculteurs, de la sur-réglementation, des contrôles dans les exploitations, du travail de sape des associations écologistes, de la perte de poids politique des campagnes, etc., figure la question centrale du revenu.
Un revenu dont l'amélioration se brouille dans le manque de lisibilité que déplore légitimement le monde agricole. Analyse partagée par Michel Adam qui, pour ramener l'espérance et la confiance dans le milieu paysan, renouerait volontiers avec "l'esprit pionnier des, de Guébriant et Gourvennec". À l'heure "d'un tournant de l'histoire de l'agriculture", évoqué dans le rapport d'orientation par le secrétaire général, Thierry Merret, les adhérents de la FDSEA, à l'instar de leurs collègues Jeunes Agriculteurs, semblent de plus en plus implorer un nouveau chef de file…
Didier Le Du
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